Temps de travail des CPE,
nouvelle provocation du gouvernement
Le dernier rapport remis par l’Inspection Générale des Finances (IGF)
cherche à légitimer les suppressions de postes de fonctionnaires
promises par le gouvernement, quitte à faire preuve d’une insincérité
flagrante.
La ficelle est un peu grosse…
Le temps de travail des conseillères principales et des Conseillers
Principaux d’Éducation (CPE) est notamment visé par ce rapport.
La
CGT Éduc’action rappelle que le travail des CPE ne s’arrête pas à la seule animation de la Vie scolaire.
Elles et ils participent à de nombreuses réunions : conseils de
classe, réunions des différentes instances (Conseil d’Administration et
toutes les commissions et instances qui en découlent, Comité d’Éducation
à la Santé et la Citoyenneté, Conseil Vie Lycéenne, Conseil Vie
Collégienne, Comité Hygiène Sécurité...), encadrement des activités
(Maison Des Lycéens, Foyer Socio-Éducatif), rencontre avec des
partenaires extérieurs ou avec les parents.
De plus, le rapport pointe les 4 heures laissées aux personnels pour
organiser leurs missions. Ce temps couvre ce que nous appelons les
« tâches invisibles » de la profession.
Pour bien pratiquer leur métier, les CPE doivent, par exemple, lire
les dernières études sociologiques, pédagogiques, le B.O de l’Éducation
nationale, s’informer des nouveaux textes, créer des outils, préparer
les projets, parfois finir un travail qu’elles ou ils n’ont pas eu le
temps de leur charge de travail.
Parfois ce temps sert tout simplement à récupérer des innombrables
heures supplémentaires qu’ils et elles font gratuitement au bénéfice de
l’institution…
Dans les dernières études sur la santé des personnels, les CPE sont
considéré·es d’après l’enquête de la MGEN de 2012, comme étant les
personnes les plus exposées aux Risques Psycho Sociaux. Dans certaines
académies, ce sont les services de santé des personnels qui ont alerté
les autorités sur les risques encourus par ces personnels. LE CHSCT-A a
fait des recommandations pour prévenir leur souffrance.
Dans les faits, contrairement à la vision technocratique et purement
comptable de l’IGF, le temps de travail réel des CPE va bien au-delà des
35 h hebdomadaires.
Les CPE sont soumis·es aux pressions et injonctions contradictoires
sur le terrain ayant à faire l’interface entre les parents, élèves, les
collègues et l’administration de l’établissement. Elles et ils sont
aussi victimes de stress, de violence, de rapports hiérarchiques
autoritaires et sont en première ligne de tous les conflits…
La
CGT Éduc’action
revendique une baisse généralisée du temps de travail des CPE, en
passant notamment à 32 h hebdomadaires pour celles et ceux qui font 35 h
aujourd’hui.
En attendant, elle exige que les 35h soient réellement respectées.
Ce qui nécessite une réflexion permettant d’aboutir à une baisse de
leur charge de travail et donc à un recrutement massif de CPE.
Montreuil, le 03 avril 2019