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dimanche 6 septembre 2026

Bilan des quinquennats macron : Un démantèlement délibéré de la voie professionnelle !

 

RENTRÉE 2026 : IMPRÉPARATION, MÉPRIS ET ENTÊTEMENT …

Lors des discussions sur le calendrier des examens de la session 2026, la CGT Éduc’action avait proposé que les épreuves se déroulent le matin pour anticiper une éventuelle canicule. Le ministère était resté sourd à cette demande, et les épreuves du bac professionnel ont eu lieu, dans une chaleur accablante, plaçant les élèves et les personnels dans des conditions pénibles voire dangereuses. Pour la session 2027 les épreuves se dérouleront à partir du 7 juin et uniquement le matin. Au-delà des aménagements de raison, l’urgence réside dans la rénovation du bâti scolaire.

L’introduction de la correction dématérialisée des copies à laquelle la CGT Éduc’action est opposée, a été imposée sans concertation. Elle a dégradé le travail collectif et collaboratif des personnels, et remis en cause l’équité de traitement des élèves. La CGT Éduc’action exige à minima dans un cadre national, des décharges de service allouées à la hauteur de la charge de travail demandée.

Alors que le parcours « Y » est un échec, le ministre s’entête à le maintenir. Entre novembre et début avril, les élèves du module « insertion professionnelle » feront, dans la continuité ou pas de leur PFMP, deux semaines supplémentaires, sécables et gratifiées. Ce module est corrélé avec le dispositif Avenirpro. Pour celles et ceux optant pour le module « poursuites d’études », ces deux semaines seront consacrées à préparer leur admission via Parcoursup dans un hypothétique BTS. Même réduit et déplacé dans l’année, ce parcours est inutile et va engendrer désorganisation et absentéisme ! La CGT Éduc’action revendique son abrogation.

Le décès de plusieurs mineurs en stage a contraint le gouvernement à reconnaître, à demi-mot, la dangerosité de l’entreprise. Pour l’instant, les réponses institutionnelles ne sont pas à la hauteur. Pour la CGT Éduc’action, il n’y a pas de fatalité et des solutions existent pour protéger la jeunesse. Il faut transformer les PFMP en stage de pratique et d’observation, les réduire et les sécuriser. Pour la CGT Éduc’action il faut travailler sur trois plans : former et prévenir en doublant les heures de PSE et d’éco-droit, accorder de nouveaux droits aux élèves mineur·es comme un droit de retrait face à des dangers graves et imminents ou des situations de Violences Sexistes et Sexuelles, sanctionner les entreprises coupables en renforçant les moyens de l’inspection du travail.

Comme à chaque rentrée, le nombre d’élèves non-affectées va être important et va se traduire par du surbooking, des retards d’affectation ou de la déscolarisation. Plutôt que de favoriser l’apprentissage à grands coups d’argent public, il y a nécessité à augmenter les capacités d’accueil des lycées professionnels notamment par la création de formations répondant aux enjeux écologiques et aux besoins sociaux. Le lycée professionnel a subi deux réformes réactionnaires lors des quinquennats Macron. Leur bilan est catastrophique, nous vous proposons d’en faire l’analyse.

Télécharger le “4 pages” de rentrée de la Voie Pro

PFMP : Non ce n’est pas le métier qui rentre !

 

Ne pas perdre la santé ou la vie en PFMP !

Sans cesse, l’enseignement professionnel est sommé d’accroître les liens avec le monde économique. L’entreprise serait formatrice et les PFMP l’alpha et l’oméga de la formation professionnelle initiale. Alors que les décès se sont multipliés ces derniers mois, la dangerosité des stages est niée. Les réponses institutionnelles ne sont pas à la hauteur. Le plan Santé Travail 2026/2030 manque d’ambition et déresponsabilise le patronat. Si du côté de la ministre déléguée le droit de retrait est évoqué, son éventuelle adoption est renvoyée aux conclusions d’un « conseil national de la refondation pour l’attractivité de la voie professionnelle » qui semble mort-né ! Il n’y a pas de fatalité et des solutions existent pour protéger la jeunesse. Nous les avons portées dans les séances du comité de suivi de la réforme de la voie professionnelle consacrées aux PFMP et à la réécriture de la circulaire de 2016. Le ministre doit rendre ses arbitrages mi-septembre. Pour l’instant la sécurisation des PFMP n’est envisagée que du point de vue de la prévention, sans véritables moyens ni heures dédiées. Autant dire que c’est insuffisant et qu’il est indispensable de se mobiliser pour obtenir une diminution et une réelle sécurisation des PFMP!…

Lire notre 4 pages sur la sécurisation des PFMP

lundi 11 mai 2026

8 ans de Parcoursup : Savoir tirer les leçons d’un échec

 

Un récent rapport parlementaire affirme que Parcoursup est « un échec sur le plan politique au
regard des missions que le législateur lui a assignées (réduction des taux de réorientation et d’échec
en licence, démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, etc.) ». Pourtant, le
gouvernement ne tire toujours pas les leçons de cet échec bien prévisible et persiste.

Télécharger le tract commun CGT Educ et CGT Ferc Sup 

dimanche 1 mars 2026

MALGRÉ L’ÉCHEC DU PARCOURS DIFFÉRENCIÉ, LE MINISTRE S’ENTÊTE !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lors du comité de suivi de la voie professionnelle du mardi 17 février, le ministère de l’Éducation nationale a rendu son arbitrage sur le devenir du parcours « personnalisé » pour la rentrée 2026. Alors que le ministère reconnaît l’échec de ce dispositif, il l’impute à un problème de calendrier et de durée et a donc décidé de le maintenir sous une forme allégée. Ainsi, suite aux six semaines de PFMP obligatoires, les élèves choisissant le module « insertion professionnelle » feront, dans la continuité ou pas, deux semaines supplémentaires sécables et gratifiées en entreprise. Pour celles et ceux optant pour le module « poursuites d’études », les emplois du temps seront aménagés avec des temps forts et des interventions extérieures pour préparer au BTS. La mise en œuvre de ce dispositif, en dehors de tout cadre national, est renvoyée, une fois de plus, à l’autonomie des établissements. Même réduit et placé à un moment différent de l’année, ce parcours va engendrer comme l’autre : dysfonctionnements, désorganisation et absentéisme !

La CGT Éduc’action rappelle que pour assurer une insertion professionnelle réelle dans un métier et des poursuites d’études réussies, il ne s’agit pas de trier les élèves mais plutôt de rendre la totalité des heures disciplinaires supprimées par les deux réformes successives subies par le lycée professionnel. Pour cela, il faut également en finir avec l’orientation contrainte en supprimant les familles de métiers et en élaborant une carte des formations déconnectée des besoins en emplois locaux qui réponde aux enjeux écologiques, de relocalisation industrielle et aux besoins sociaux.

La CGT Éduc’action réaffirme son opposition à tout parcours « différencié » qui remet en cause le groupe classe et casse les progressions pédagogiques des enseignant·es, comme il crée une rupture d’égalité entre élèves. La CGT Éduc’action rappelle son attachement à des examens se déroulant après la mi-juin et à des épreuves anonymes, ponctuelles et nationales. Elle revendique l’abandon du CCF et de l’évaluation par compétences.

Pour la CGT Éduc’action, l’urgence est bien à l’abrogation des réformes Blanquer et Macron de la voie professionnelle, abrogation indispensable pour reconstruire un lycée professionnel au service des élèves et véritablement émancipateur.

Télécharger le communiqué de presse

dimanche 1 février 2026

Portons le projet d’un lycée professionnel émancipateur

Pour la CGT Éduc’action le lycée professionnel doit rester sous la tutelle exclusive du ministère de l’Éducation nationale. Il doit permettre une insertion professionnelle et des poursuites d’études, au service de l’émancipation. Pour cela, il faut redonner du temps scolaire et de la qualification, diminuer le nombre de semaines de PFMP et mieux protéger les élèves, reprendre la main sur la carte des formations et gagner un statut plus protecteur pour les personnels.

Télécharger le Tract 


Non à la décentralisation des secrétaires généraux·ales d’EPLE

 

Usant d’un certain imbroglio législatif, certain·es sénateur·rices tentent de remettre sur le tapis le transfert, dès 2027, aux Collectivités territoriales, des secrétaires généraux·ales d’établissements scolaires du second degré (EPLE). De nouveau, la CGT Éducation dénonce et s’oppose, comme elle l’avait fait lors des projets de loi 4D et 3DS, à une telle décision qui remettrait en cause le statut et le rattachement de ces personnels.

Pour notre organisation syndicale, cette nouvelle proposition de loi vise à finaliser le transfert définitif (et qui était sous-jacent dans la loi 3DS) des secrétaires généraux·ales à la Fonction publique territoriale, et ainsi, à territorialiser davantage le Service public d’Éducation en fragilisant son caractère national.

Nous rappelons que les secrétaires généraux·ales, ex-adjoint·es gestionnaires, sont des fonctionnaires d’État au cœur du fonctionnement des établissements, assumant des responsabilités juridiques, financières, comptables, matérielles, de gestion des personnels, de sécurité, d’hygiène, d’organisation de la vie scolaire et de mise en œuvre des projets pédagogiques. Les placer sous la responsabilité des Collectivités accentuerait la logique de double autorité (déjà dénoncée par la CGT), source de conflits d’injonctions, de désorganisation des établissements et de souffrance au travail.

Contrairement à l’idée développée par le Sénat qui voudrait que ce transfert améliorerait le fonctionnement des établissements, la CGT Éduc’action rappelle que ce n’est pas le statut des personnels qui est problématique, mais bel et bien le manque de moyens alloués par les collectivités de rattachement ou les priorités budgétaires assumées.

Notre organisation dénonce une nouvelle décision politique qui introduirait une nouvelle maltraitance des personnels comme cela avait été le cas avec le déploiement du logiciel Op@le. La CGT Éduc’action s’oppose donc à tout transfert des secrétaires généraux·ales d’EPLE de l’État vers les Collectivités territoriales et exige le retrait de l’article 5 de cette proposition de loi. Elle refuse la poursuite d’une décentralisation qui, comme pour les personnels TOS en 2003, s’est traduite par une dégradation des droits, des statuts, des carrières et par des inégalités accrues entre territoires. Elle appelle les parlementaires à rejeter massivement cet article et réaffirme que la réponse aux besoins des établissements passe par des recrutements de personnels à hauteur des besoins, la revalorisation des carrières, des moyens budgétaires à la hauteur et le maintien des personnels dans la Fonction publique d’État, garants de l’égalité de traitement sur tout le territoire.

Montreuil le 30 janvier 2026

Notre communiqué

NON à la décentralisation des Secrétaires Généraux·ales d’EPLE

jeudi 29 janvier 2026

Droits et Obligations de service des Enseignant·es Référent·es pour les PFMP

Le fond idéologique est toujours le même : l’entreprise ferait mieux que l’École pour orienter, former et insérer.  Sans cesse, l’enseignement professionnel est sommé d’accroître ses liens avec le monde économique. Les vertus formatrices de l’entreprise seraient novatrices et les PFMP l’alpha et l’oméga de la formation professionnelle.

La CGT Educ’action, au contraire, revendique une diminution du nombre de semaine de Périodes de Formation en Milieu Professionnel. Elle demande également que ces périodes soient sécurisées face aux accidents de travail, aux risques liés à l’exposition aux produits CMR, et aux VSST.

Nous sommes souvent sollicté·es pour faire tout et n’importe quoi, en termes de recherche, de suivi de ces périodes. Vous trouverez dans la FAQ ci-dessous l’ensemble des droits et des obligations de service liés à ces PFMP

Télécharger la FAQ : Droits et Obligations de service des Enseignant·es Référent·es pour les PFMP

jeudi 15 janvier 2026

RÉFORME DU PARCOURS EN «Y »: IL FAUT SAVOIR ARRÊTER UN ÉCHEC

 

Après l’installation, jeudi 8 du comité de suivi de la voie professionnelle, la CGT Éduc’action a été reçue en bilatérale le mardi 13 janvier pour échanger sur le devenir du parcours « Y ». Si le ministère reconnaît l’échec de ce dispositif, la volonté perdure de différencier, lors de l’année de terminale, les élèves qui veulent s’insérer de celles et ceux qui veulent poursuivre leurs études. Possiblement, suite aux six semaines de PFMP obligatoires, les élèves choisissant le module « insertion professionnelle » enchaîneraient sur deux semaines supplémentaires en entreprise. Pour les élèves optant pour le module « poursuites d’études », les emplois du temps seraient maintenus pour travailler les prérequis indispensables en BTS. Au final, un « y » minuscule qui risque d’engendrer les mêmes dysfonctionnements, mais à un moment différent de l’année !

La CGT Éduc’action y a réaffirmé son opposition à tout parcours « différencié » et « individualisé » même réduit et déplacé, et son attachement à un retour des examens après la mi-juin. Elle a insisté sur le fait que les personnels étaient épuisés par la fréquence des réformes et l’empilement des dispositifs spécifiques qui y sont prévus, comme actuellement avec la généralisation d’Avenirpro qui ampute encore des heures de cours. Cette cadence infernale explique, en grande partie, la perte de sens du métier.

Nous avons rappelé que pour assurer une insertion professionnelle réelle dans un métier et des poursuites d’études réussies, il fallait surtout rendre la totalité des heures disciplinaires supprimées par les deux réformes successives subies par le lycée professionnel. Pour cela, il faut également en finir avec l’orientation contrainte en supprimant les familles de métiers et en élaborant une carte des formations déconnectée des besoins en emplois locaux qui réponde aux enjeux écologiques, de relocalisation industrielle et aux besoins sociaux. Nous avons conclu en revendiquant une diminution des PFMP (passage de 20 à 10 semaines) et leur sécurisation face aux accidents du travail, à la surexposition aux produits CMR et aux VSST. Face à des dangers graves ou imminents, la CGT Éduc’action exige, la mise en place d’un droit de retrait pour les stagiaires de la voie professionnelle, sans perte de gratification et avec une dérogation légale sur les semaines de stages qui ne pourraient pas être effectuées.

Pour la CGT Éduc’action, l’urgence est bien à l’abrogation des réformes Blanquer et Macron de la voie professionnelle, abrogation indispensable pour reconstruire un lycée professionnel au service des élèves et véritablement émancipateur.

Montreuil, le 15 janvier 2026

Télécharger le commniqué de presse

mercredi 12 novembre 2025

CAP : des constats justes sans réelles solutions

 

L’Inspection générale de l’Éducation, du sport et de la recherche a publié au mois d’août un rapport sur « Le rôle et la place du CAP, entre rôle social et diplôme d’insertion ».

Ce document rappelle des éléments de constats justes, la « dégradation des conditions d’enseignement » dans les Lycées Professionnels et « l’accroissement significatif des élèves à besoins éducatifs particuliers pourtant éloignés des exigences de la spécialité du CAP et des attentes des employeurs ». Il fait le constat que les formations CAP de la voie scolaire accueillent majoritairement des élèves fragiles socialement et scolairement et que « compte tenu des fragilités des élèves, ils rencontrent des difficultés  à trouver des lieux pour les PFMP, parfois à y demeurer et donc à valider le diplôme ». Le rapport fait aussi le constat de la non-adaptation de l’entreprise pour les élèves en situation de handicap.

Pour autant, les occurrences de termes sont révélatrices des obsessions qui guident ce rapport : « insertion professionnelle » (68), « entreprise » (76), « apprenti » et « apprentissage » (236) ; alors que « qualification » (52) apparaît moins que « compétence » (74) et « poursuite d’études » (6) n’est quasiment pas évoqué.

Malheureusement, en dehors de la création de places dédiées en 1ʳᵉ Baccalauréat professionnel pour garantir les poursuites d’études des élèves de CAP, les « solutions » proposées sont rarement pertinentes. Elles reposent en grande partie sur la volonté d’amplifier dans les classes de CAP les réformes néfastes de ces dernières années en donnant davantage d’autonomie aux établissements pour les appliquer ou de développer l’apprentissage et le mixage des publics dans les Lycées Professionnels, sans tenir compte des besoins spécifiques et des fragilités des élèves de CAP.

Pour accompagner les élèves de CAP, la CGT Éduc’action revendique un plan d’urgence pour la voie professionnelle : avec notamment un recrutement massif d’enseignant·es, de personnels de santé et sociaux, d’AED et d’AESH et une réintégration des Lycées Professionnels dans l’Éducation Prioritaire.

Montreuil, le 12 novembre 2025

Télécharger le communiqué de presse

dimanche 2 novembre 2025

[Tribune] « Le travail tue, et il tue des mineurs »

 Plusieurs secrétaires généraux de l’organisation cégétiste alertent, dans une tribune au « Monde », sur les risques au travail des mineurs en formation. Ils appellent à la suppression des périodes en entreprise non formatrices et des stages dits d’« observation » en classes de 3ᵉ et de 2de. 

 

« Le travail tue, et il tue des mineurs »

Entre avril et juillet, cinq jeunes sont morts au travail. Parmi eux, un apprenti de 15 ans, un lycéen de bac pro de 17 ans, deux élèves de 16 ans en « séquence d’observation » de 2de ont perdu la vie en entreprise. Le plus jeune des morts était un élève de 3e.

Ce ne sont pas des « faits divers » isolés, mais une réalité cruelle : le travail tue, et il tue des mineurs. Selon le dernier rapport annuel de l’Assurance-maladie sur les risques professionnels, en 2023, 1 287 décès liés au travail seraient à déplorer, maladies professionnelles et accidents de trajets inclus, dont 810 accidents du travail reconnus. En la matière, la France est parmi les mauvais élèves de l’Union européenne.

Les moins de 25 ans sont surreprésentés dans les accidents du travail : 2,5 fois plus que le reste des salariés, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). En 2023, toujours d’après les statistiques de l’Assurance-maladie, 32 travailleurs de moins de 25 ans cotisant au régime général sont décédés sur leur lieu de travail, 38 si l’on compte les cotisants à la Mutualité sociale agricole.

Exécution de tâches, parfois dangereuses

Ces chiffres auraient dû alerter. Pourtant, le choix a été fait, depuis 2022, d’augmenter les temps de présence des mineurs en entreprise sous prétexte d’améliorer l’orientation et l’insertion professionnelle : stage d’observation pour les élèves de 2de générale et technologique, aides financières massives pour développer à marche forcée l’apprentissage, parcours différenciés en terminale bac pro.

L’entreprise est un mauvais lieu de formation. D’une part, les stages et l’apprentissage sont discriminatoires dans la mesure où ils reproduisent les inégalités d’accès au marché de l’emploi. D’autre part, poussée par une logique de rentabilité, l’entreprise n’a pas le temps d’accompagner les jeunes : les stages d’observation deviennent rapidement des stages d’exécution de tâches, parfois dangereuses.

En mécanique auto, par exemple, un apprenti ou un stagiaire peut se retrouver à dévisser des pneus à longueur de semaines : aucune plus-value pédagogique… À l’inverse, dans un atelier de lycée professionnel, les élèves vont apprendre à travailler en toute sécurité sur des pannes et des activités de plus en plus complexes.

De plus, au prétexte de « lever des freins » à l’entrée en apprentissage, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel de 2018 a diminué la protection des apprentis mineurs : dérogation aux durées maximales hebdomadaire (trente-cinq heures) et quotidienne (huit heures), assouplissement du travail de nuit… La dangerosité de l’entreprise se manifeste également par l’exposition des jeunes à des substances cancérogènes.

« Des filières particulièrement exposées »

La sociologue et codirectrice du groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle Zoé Rollin le confirme : « Nous avons identifié des filières particulièrement exposées, la mécanique et la carrosserie automobile, la coiffure et l’esthétique, et la rénovation de bâtiment. Le taux d’exposition à des cancérogènes y avoisine les 90 %. »

Nous n’oublions pas non plus les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) dont peuvent être victimes les apprentis et les stagiaires, et contre lesquelles il n’existe aucune politique de prévention. Les jeunes sont catapultés dans la vie professionnelle – un monde d’adultes très hiérarchisé – et n’osent souvent pas parler lorsqu’ils en sont victimes par crainte de perdre leur contrat d’apprentissage ou leur stage et de compromettre l’obtention du diplôme préparé.

Nous l’affirmons avec force, il faut supprimer les périodes en entreprise non formatrices, les stages dits « d’observation », en 3e et en 2de générale et technologique, qui n’ont pas de réel intérêt et contribuent à accroître les inégalités. L’apprentissage avant 18 ans doit être interdit : les jeunes doivent être à l’école et non mourir au travail !

Des mesures immédiates et concrètes

Une étude réalisée par l’INRS révèle que les jeunes de moins de 25 ans formés en santé et sécurité au travail pendant leur scolarité ont deux fois moins d’accidents du travail que les autres. Il est nécessaire de renforcer cette formation des jeunes travailleurs aux règles élémentaires du droit du travail, notamment aux règles relatives au droit de retrait, aux principes généraux de prévention et aux possibilités de saisir l’inspection du travail, dès le lycée et dans les centres de formation des apprentis (CFA). En cas de danger ou de VSST, les apprentis et les stagiaires doivent pouvoir savoir vers qui se tourner et exercer leur droit de retrait sans aucune conséquence, ni sur leur parcours scolaire ni sur leur rémunération.

Pour s’attaquer au fléau des accidents du travail, il faut des moyens et des mesures immédiates et concrètes. Parmi eux, une interdiction stricte des travaux dangereux avant 18 ans, un contrôle de conformité des conditions de travail par les services de l’inspection du travail avant la conclusion du premier contrat d’apprentissage. Il est nécessaire de mettre en place une politique pénale intransigeante qui sanctionne sévèrement la délinquance patronale ainsi qu’un doublement des effectifs de l’inspection du travail et des services de prévention.

Les choix politiques et budgétaires des dernières années ont été opérés au détriment des travailleurs et, à l’évidence, au détriment des jeunes en formation qui sont parmi les plus exposés aux risques. La vision managériale néolibérale est une régression sociale : les droits conquis au travail, à la sécurité et au bien-être ne cessent d’être attaqués, et le patronat impose une mise en concurrence rétrograde des travailleurs et des travailleuses.

 

Les signataires

Cécile Clamme, secrétaire générale de l’Union nationale CGT-Travail Emploi Formation professionnelle ; Christophe Delecourt, secrétaire général de l’UFSE-CGT ; Michaël Marcilloux, cosecrétaire général de la CGT-Educ’action ; Charlotte Vanbesien, secrétaire générale de la FERC-CGT ; Isabelle Vuillet, cosecrétaire générale de la CGT-Educ’action.

mardi 10 juin 2025

Parcours différencié : Chronique d’une catastrophe annoncée

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Après quelques semaines de mise en place du parcours différencié dit en « Y » en terminale Bac pro, les remontées des établissements sont unanimes et sans appel et confirment ce que la CGT Éduc’action avait prévu. C’est un naufrage ! Malgré l’investissement des personnels, les épreuves anticipées et les parcours différenciés ont entrainé un décrochage scolaire massif ! L’absentéisme des élèves qui devaient suivre le parcours « poursuite d’études » est d’ores et déjà très important.

Cette déscolarisation de plusieurs semaines fait même craindre des difficultés pour le retour fin juin, de l’ensemble des élèves. Les remobiliser pour passer l’épreuve de PSE et l’oral de projet risque d’être très compliqué tout comme pour les élèves qui suivent le parcours « insertion professionnelle ». De plus dans ce cadre, la CGT Éduc’action constate une recrudescence du manque de respect du code du travail par certaines entreprises.

 La mise en place du parcours en « Y » a été laissée à l’autonomie des établissements et malgré nos interventions pour combattre des tentatives de dérégulation, faire respecter les Ventilations de Service et les Obligations Réglementaires de Service, force est de constater que le tout côtoie le n’importe quoi.

 Le ministère ne faisant jamais de bilan précis et honnête de ces expérimentations, la CGT Éduc’action, pour appuyer sa demande de suppression de ce dispositif, collectera un maximum de retours sur les situations d’établissements et s’en fera le porte-parole !

 La CGT Éduc’action combat cette amputation de l’année de terminale, qui réduit encore les heures d’enseignement et renforce la vision utilitariste de la voie professionnelle. L’avancement des examens ponctuels en mai, la précipitation des CCF qui en découle, l’absence d’aménagement de programme a généré du stress pour les personnels et les élèves.

 La CGT Éduc’action exige le retour aux examens fin juin et l’abrogation de l’ensemble des réformes avec une restitution des heures d’enseignement disciplinaire afin de garantir de meilleures chances de réussite aux élèves quelle que soit l’option choisie après le Bac.

Montreuil, le 10 juin 2025

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lundi 19 mai 2025

Examens En Mai, Parcours en Y : élèves et personnels sous tension

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

L’aménagement de l’année de Terminale Bac pro prévoit en ce mois de mai, la première mise en place du parcours en Y. Du 12 au 23 mai, les élèves passeront les épreuves écrites du baccalauréat puis ils et elles seront, selon l’option choisie, soit en PFMP soit en poursuite d’études. Alors que certain·es seront déscolarisé·es plusieurs semaines, ils et elles devront néanmoins revenir fin juin pour passer les dernières épreuves d’examen à savoir la PSE et l’oral de projet.

La CGT Éduc’action est opposée à cette amputation de l’année de terminale, qui réduit encore les heures d’enseignement et renforce la vision utilitariste de la voie professionnelle. La CGT Éduc’action dénonce l’avancement des examens ponctuels en mai, la précipitation des CCF qui en découle, l’absence d’aménagement de programme. Faire autant en moins de temps est en totale contradiction avec le rythme d’apprentissage de nos élèves.

La mise en place du parcours en « Y » a été laissée à l’autonomie des établissements et représente un véritable casse-tête pour les enseignants·es, souvent sommé·es de les organiser. C’est la porte ouverte à toutes les dérégulations : modification d’emplois du temps, recomposition des groupes classes, absence de programme clair et manque de précisions sur les disciplines enseignées. La CGT Éduc’action dénonce les dangers d’annualisation et la remise en cause du statut intrinsèques à l’application de cette réforme.

La situation est extrêmement tendue et stressante pour les élèves comme pour les personnels. Le fait de voir autant de situations différentes que d’établissements fait peser le risque d’une rupture d’égalité entre élèves et obère leur réussite dans tous les cas.

La CGT Éduc’action exige le retour aux examens fin juin et l’abrogation de l’ensemble des réformes avec une restitution des heures d’enseignement disciplinaire afin de garantir de meilleures chances de réussite aux élèves quelle que soit l’option choisie après le Bac.

Montreuil, le 12 mai 2025

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samedi 1 février 2025

Attaque surprise sur la culture dans les établissements scolaires

 COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Réfléchie à la base comme permettant de généraliser l’éducation artistique et culturelle à un maximum d’élèves d’un établissement, nous venons d’apprendre que la part collective du Pass Culture est bloquée à partir de ce 31 janvier et jusqu’à la fin de l’année scolaire, alors même que les personnels travaillent depuis des mois avec les professionnel·les de la culture pour organiser des sorties ou faire venir des artistes dans les lycées et les collèges.

Les actions qui ne seront pas validées ce 31 janvier ne pourront plus être financées sur la part collective !
Les équipes ont été totalement prises au dépourvu et mises devant le fait accompli. Comme dans certaines collectivités, faire de la culture la variable d’ajustement du ministère pour faire des économies,n’est pas acceptable.

Notre projet d’École est celui d’une École émancipatrice et nous exigeons pour cela un budget suffisant pour le financement intégral pour tou∙tes les élèves d’une activité pédagogique et culturelle en lien avec les partenaires extérieurs, afin de favoriser l’ouverture d’esprit nécessaire à la réussite des élèves et les ouvrir au monde.

La CGT Éduc’action revendique que tou·tes les élèves aient accès à la culture à travers la découverte de tous les arts. Nous continuons d’exiger un changement radical d’orientation budgétaire et politique pour les Services publics et notamment celui d’Éducation.

Montreuil le 31 janvier 2025

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dimanche 19 janvier 2025

Les enfants ne sont pas des poireaux et les places dans le supérieur ont aussi besoin de pousser

 

Ce mardi 14 janvier, le premier ministre François Bayrou a déclaré lors de sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale que « Parcours sup est une question », que « l’obligation d’orientation précoce perturbe [les élèves] et les met en danger » et que « très tôt les choses se jouent, trop tôt pour ceux qui n’appartiennent pas aux milieux les plus favorisés » avant de se lancer dans une métaphore de jardinage.

Si l’on pouvait s’attendre à une remise en question de la plateforme, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a balayé dès le lendemain cette hypothèse, renforçant la confusion et a affirmé sa volonté « de réduire tous les stress qui peuvent être générés par l’outil, par le calendrier ».

La CGT Éduc’action dénonce depuis la création Parcours sup la précocité des choix demandés aux élèves de seconde. Ce processus génère un stress important et induit une logique scolaire qui fragilise les apprentissages. Du reste, la mise en place d’une rubrique dans Parcoursup évaluant les probabilités, pour chaque élève, d’intégrer une formation, ne fait que rajouter de l’anxiété.

Le discours ministériel vise progressivement à ne présenter Parcoursup que comme un outil d’aide à l’orientation, alors que qu’il n’est qu’un outil créé pour la sélection. Une sélection opaque qui dépend en partie de l’établissement d’origine des élèves. Cette mise en concurrence généralisée des élèves vise à masquer la pénurie de places dans le supérieur et ne permet pas l’accès à une filière choisie. Ainsi, en 2022, 22,4 % des néobachelier∙es n’avaient pas trouvé de place dans le supérieur.

Le tri social se renforce. Au-delà des orientations subies, les enfants de classes populaires, qui ont déjà tendance à surestimer les obstacles liés aux études supérieures, sont poussé∙es à abandonner la poursuite d’études ou à se tourner vers les filières d’enseignement privées : le nombre d’étudiant·es dans le privé a augmenté de 70 % en douze ans, contre seulement 15 % dans le public. En 2024, près de 27% des étudiant∙es étaient inscrit∙es dans une formation privée. Le vrai problème est donc l’absence de places dans l’enseignement supérieur public.

Parcoursup ne doit seulement pas être questionné, mais abandonné, de même que la sélection à l’université. La CGT Éduc’action revendique aussi la création de places dans l’enseignement supérieur permettant une orientation réellement choisie par les élèves.

Montreuil, le 16 janvier 2025

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mercredi 13 novembre 2024

Mesures Genetet ou l’entêtement néfaste d’une ministre

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Alors qu’en sept ans de mandat Macron les contre-réformes dans l’Éducation se sont enchainées à un rythme effréné, la ministre Genetet avait promis, lors de sa prise de fonction, une pause et un retour au « dialogue social » pour redonner du souffle à l’institution.

À l’évidence, il est clair que cette promesse Genetet a fait long feu. Non seulement elle n’a pu s’empêcher d’introduire de nouvelles mesures (épreuve anticipée de mathématique en 1ère, note dissociée EMC-Histoire Géo au DNB) afin de marquer son passage au ministère, mais surtout, elle maintient toutes les mesures Choc des savoirs. Certes, elle joue un peu la montre dans l’instauration de certaines (DNB obligatoire pour l’entrée au lycée en 2027) ou s’adapte en fonction des restrictions budgétaires (groupes de niveaux 4ème-3ème), mais elle persiste dans leur application (ou les adapte) alors qu’elles sont très largement dénoncées par le monde de l’Éducation.

Il y a un numéro d’équilibriste à vouloir imposer ces mesures nécessitant un nombre d’enseignant·es non négligeable dans un contexte d’austérité budgétaire et de suppression de postes. Consciente de ne pas avoir les personnels suffisants pour les groupes de niveaux collège, la ministre va très certainement recourir au financement du soutien des élèves en difficultés par le Pacte (Devoirs faits, stages pendant les vacances…), autre mesure rejetée par la CGT Éduc’action. Le tout se fera en dehors du temps scolaire, stigmatisant ainsi une nouvelle fois ces élèves qui devront travailler davantage… La CGT Éduc’action rappelle que la réussite de tou·tes les élèves, dans un souci d’égalité, ne peut passer que par des créations de postes permettant une réduction des effectifs par classe et une prise en charge plus individualisée, mais aussi par la mise en place de dispositifs d’aide à ces élèves en difficultés (type Rased).

Avec ces annonces, une chose est sûre : la ministre maintient bien le cap comme elle l’avait promis, auquel le gouvernement ajoute rigueur et violence contre la Fonction publique. Non content de faire payer l’austérité aux fonctionnaires (jours de carence supplémentaires, suppression de postes, gel des salaires…), ce gouvernement continue les attaques contre les métiers de l’enseignement en encadrant plus fortement les pratiques professionnelles. Preuve en est avec l’introduction de la labellisation des manuels en primaire, mesure rétrograde prônée par l’extrême droite et au coût important. Quand l’idéologie est plus forte que les économies à faire…

Face à cette politique gouvernementale et ministérielle rejetée fermement et unanimement par les personnels et les organisations syndicales (mais aussi dans les urnes au printemps), la CGT Éduc’action réaffirme son opposition et exige l’abandon de toutes ces réformes. D’autres politiques d’éducation et de financement sont possibles. À nous, dès aujourd’hui, sur nos lieux de travail, de nous organiser. À nous de nous mobiliser pour construire le rapport de force indispensable au recul gouvernemental, de rejoindre la mobilisation Fonction publique de début décembre qui sera fixée par l’intersyndicale du 12 novembre.

Montreuil, le 12 novembre 2024

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vendredi 21 juin 2024

Être AESH en lycée professionnel

A 16 ans, 50% des élèves en situation de handicap sont scolarisé·es en lycée professionnel contre 12% en lycée GT. Le nombre global de ces élèves a particulièrement bondi depuis 2021. Mais la question de leur prise en charge par des AESH reste entière ainsi que la prise en compte des spécificités des enseignements. Il reste encore du travail pour la reconnaissance par l’administration de ces personnels indispensables dans la scolarité des élèves en situation de handicap en LP.

dimanche 18 février 2024

SNU : la jeunesse mise au pas

Le SNU (Service National Universel) est le grand (et unique) projet du président Macron pour la jeunesse. Intégré au plan « Ambition armée- jeunesse » de 2021, dont l’objectif est de recruter de jeunes réservistes, il est un élément clé de sa politique. Depuis les vœux présidentiels 2024, le SNU est même une des pierres angulaires du « réarmement civique » vendu par Macron pour « construire » les futur·es citoyen·nes et faire face à la « décivilisation » d’une partie de la jeunesse (surtout celle des quartiers populaires…).

C’est donc un projet qui fleure bon le militarisme et la réaction.

C’est dans ce but que se place l’annonce, une énième fois, de sa généralisation par Gabriel Attal lors de sa déclaration de politique générale. Elle débuterait en 2026. Déjà expérimenté depuis 2 ans, le SNU est aujourd’hui encore un dispositif facultatif. Mais depuis l’année scolaire 2023-2024, pour amorcer cette généralisation, il est désormais présenté comme une alternative au stage obligatoire de seconde, nouveauté mise en place par la comète Attal ministre de l’Éducation nationale et contestée par les professionnel·les de l’Éducation.

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dimanche 28 janvier 2024

Le 1 février, en grève pour imposer le retrait de la réforme LP


La nouvelle ministre Amélie Oudéa-Castéra par son entrée en matière démontre qu’elle se soucie peu de la défense de l’Ecole publique. L’enseignement professionnel, qui en est une spécificité, est sans aucun doute encore plus éloigné de ses préoccupations! Alors que le texte qui réforme le bac pro a été rejeté massivement lors de la séance du CSE du 8 janvier (52 contre, 17 abstention, 0 pour !), l’arrivée des premières DGH dans les établissements confirme son application. Pour autant, nous sommes déterminé·es à faire reculer cette réforme  libérale et nous appelons les personnels  à se mobiliser massivement le 1er février.

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