jeudi 25 juin 2026

Canicule dans l’Éducation nationale et conditions de travail, Stop, ça suffit !

 

L’Hexagone continue de battre, jour après jour, des records de températures : la journée de mardi a été « la plus chaude jamais enregistrée en France » depuis le début des mesures, en 1947. La canicule se poursuivra jusqu’au week-end sur une grande partie du pays, 40 à 42 °C prévus, selon Météo-France. Jeudi 25 juin, 72 départements sont placés en vigilance rouge par Météo-France (elle se définit comme une « canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique » avec « fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population »).

Rien n’est prêt !

L’Éducation nationale se distingue par son impréparation manifeste à ce type de situation pourtant largement prévisible au regard de la trajectoire du réchauffement climatique. Nos organisations n’ont cessé d’alerter, de faire des propositions, d’exiger de l’anticipation. Les différents ministres n’ont jamais vraiment donné suite à nos alertes et propositions. Aujourd’hui, rien n’est prêt, rien n’a été anticipé, et les personnels bricolent, au sens propre, comme au sens figuré, pour tenir le service public d’Éducation, seuls et dans des conditions difficiles. Nous avons la désagréable impression de revivre la période Covid !

L’absence de cadre global de décision est un facteur aggravant. Les autorités nationales, académiques et départementales ne cessent de se défausser de leurs responsabilités. Refuser de prendre des mesures de protection collective comme le fait le ministère, c’est individualiser les responsabilités, et donc individualiser les risques.

Depuis 48h, nous avons de plus en plus d’alertes de nos collègues sur les conditions dans lesquelles ils et elles travaillent, font cours, surveillent les épreuves ou font passer les examens. Malaise des personnels, augmentation des passages à l’infirmerie de l’établissement, passage aux urgences,multiplication des fiches SST… la santé des personnels, des élèves et leurs conditions de travail sont mises en danger. La responsabilité en incombe pleinement au ministre, au gouvernement et à leurs prédécesseurs.

Nos organisations syndicales ne peuvent accepter une telle situation, et que les personnels et les élèves paient de leur santé l’incurie du ministre et du gouvernement.

Agir pour se protéger

Aussi, la FSU, le SE-UNSA, la FNEC FP FO, la CFDT Éducation, Formation et Recherche publiques, la CGT Educ’action, le SNALC et SUD Éducation appellent les personnels à se saisir des outils existants :

  • fiches SST,
  • interpellations collectives des rectrices et recteurs pour obtenir des améliorations des conditions de travail,
  • droit de retrait en cas de danger grave et imminent avec inscription dans le registre DGI.

Au regard de l’aggravation de la situation, et face l’inaction gouvernementale, la FSU, le SE-UNSA, la FNEC FP FO, la CFDT Éducation, Formation et Recherche publiques, la CGT Educ’action, le SNALC et SUD Éducation ont déposé des préavis de grève et continueront de le faire.

Elles appellent désormais les personnels à user de leur droit de grève là où cela est nécessaire pour protester contre l’absence d’amélioration des conditions de travail et obtenir les moyens nécessaires.

Cette séquence ne pourra pas rester sans suite. Il faudra en tirer toutes les leçons budgétaires et organisationnelles (et intégrer les DROM dans la réflexion) et anticiper la rentrée, pour laquelle un nouvel épisode caniculaire n’est pas exclu.

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Lire la lettre électronique spéciale canicule du 25 juin 2026

Pour un collège à rebours des idées réactionnaires

 

À rebours des discours de repli, d’exclusion et de mise en concurrence portés par l’extrême droite, la CGT Éduc’action défend un collège émancipateur, égalitaire et solidaire. Face à la dégradation des conditions de travail, nous refusons les logiques managériales qui fragilisent les personnels, isolent les équipes et détériorent le service public d’Éducation.

Face aux attaques contre les élèves étranger∙ères et leurs familles, nous réaffirmons que l’École doit accueillir, protéger et faire réussir tous∙tes les jeunes, sans distinction d’origine ou de statut administratif. Face aux inégalités scolaires et sociales, nous revendiquons un collège qui donne davantage à celles et ceux qui ont moins, avec des moyens renforcés, des effectifs réduits et des personnels reconnu∙es. Car construire une École de l’égalité, c’est combattre les idées de haine et défendre au quotidien les valeurs de solidarité, de justice sociale et de démocratie.

Lire la suie dans le tract

lundi 22 juin 2026

Fortes chaleurs : il y a urgence à protéger tous les personnels et les élèves

 

L’impréparation du ministère sur les mesures à prendre face aux épisodes de canicule n’est plus à démontrer et rappelle tristement la gestion chaotique de la période Covid. On assiste une nouvelle fois à un enchaînement de réunions ministérielles « vague de chaleur » qui n’aboutissent qu’à des « directives » adressées aux directions académiques, sans cadre national ni consignes claires. Un désengagement de l’État et un bricolage alors que les prévisions existent depuis des jours maintenant… Les aménagements décidés localement sont à géométrie variable. Si la « continuité pédagogique » est centrale pour le ministère, renvoyant de fait aux conditions d’enseignement et à l’adaptation des horaires, peu de choses spécifiques existent pour les personnels n’étant pas dans les classes, les contraignant à rester dans les établissements pour poursuivre leurs missions.

De façon globale, cette gestion isole à nouveau les personnels qui gèrent au mieux la situation pour le bien des élèves. Une fois de plus, ils colmatent les manques institutionnels et accueillent coûte que coûte les élèves en tentant de les protéger.

Face à cette situation catastrophique et dangereuse pour la santé de tout le monde, la CGT Éduc’action estime qu’il n’est plus l’heure de tergiverser et appelle les autorités à prendre enfin leurs responsabilités et aux personnels à faire valoir leurs droits.

La CGT Éduc’ exige immédiatement :

  • l’égalité de traitement entre tous les personnels
  • des consignes nationales et académiques claires, applicables immédiatement
  • des décisions anticipées sur les examens et l’établissement par le ministère, dès la rentrée, d’un agenda précis qui anticipe des dates de repli
  • la possibilité de fermeture des établissements-écoles-services lorsque les conditions de travail et de sécurité ne sont plus réunies
  • la protection effective des élèves et des personnels vulnérables (sans attendre des procédures interminables) et appelle ses derniers à demander les ASA auxquelles ils ont droit
  • la sécurisation des laboratoires par l’évacuation des déchets chimiques par une entreprise experte et le stockage sécurisé des produits avant fermeture des EPLE
  • le signalement de toutes les situations difficiles dans les classes et services en remplissant les fiches SST
  • contacter en urgence un·e représentant·e du personnel de la Formation spécialisée pour une inscription au registre Danger Grave et Imminent, permettant de couvrir un éventuel Droit de retrait
  • contacter la CGT Éduc’action de son département pour se faire accompagner
  • un plan pluriannuel de rénovation thermique du bâti scolaire, doté de moyens à la hauteur des besoins.

La CGT Éduc’action rappelle également que des préavis de grève sont à la disposition des personnels pour les protéger.

Montreuil, le 22 juin 2026

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dimanche 21 juin 2026

Canicule dans les écoles-établissements-services : l’urgence ne doit plus masquer l’absence d’anticipation

 

Communiqué de presse

Ce jeudi 18 juin au ministère a eu lieu une rencontre avec les organisations syndicales qui confirme ce que la CGT Éduc’action dénonce depuis des années : face aux épisodes de canicule, l’institution continue de bricoler dans l’urgence au lieu de mettre en œuvre un véritable plan national de protection.

Une nouvelle fois, l’administration renvoie à des décisions au cas par cas, selon les préfet·ètes, les collectivités et les chef·fes d’établissement, alors même que les conditions d’accueil, de travail, de sécurité et d’examen sont déjà extrêmement dégradées dans de nombreux établissements et écoles. Cette réponse, sans cadre national clair, élude la chaîne de responsabilités (isolant les directeur·rices d’école), crée de la confusion, de l’inégalité de traitement et une forte insécurité pour les personnels comme pour les familles.

La CGT Éduc’action rappelle que les personnels et les élèves n’ont pas à subir les conséquences d’un bâti scolaire insuffisamment adapté aux fortes chaleurs, d’un manque d’équipements, ni d’une absence persistante d’anticipation. Les écoles et établissements ne peuvent pas être transformés, à chaque alerte, en lieux de gestion improvisée de crise.

Nous exigeons :

  • des consignes nationales et académiques claires, applicables immédiatement ;
  • la protection effective des personnels et élèves vulnérables, sans attendre des procédures interminables ;
  • des décisions anticipées sur les examens ;
  • la possibilité de fermeture des établissements, écoles, services lorsque les conditions de travail et de sécurité ne sont plus réunies ;
  • un plan pluriannuel de rénovation thermique du bâti scolaire, doté de moyens à la hauteur des besoins.

 

Montreuil, le 19 juin 2026

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Le rejet des PAS doit interroger le gouvernement sur sa politique d’inclusion scolaire

 

Alors qu’ils·elles étudiaient une proposition de loi sur l’École inclusive le mois dernier, les député·es ont rejeté la généralisation des pôles d’appui à la scolarité (PAS), mesure soutenue par le ministère, confirmant ainsi leur vote en commission des affaires culturelles et d’éducation.

Pour nos organisations syndicales, ce vote (ainsi que les motivations des député·es) soutient notre position et celle des personnels vis-à-vis des PAS. La mise en place des premières expérimentations s’est faite de façon unilatérale par le ministère, sans négociation ni prise en compte de nos oppositions. De même, aucun bilan objectivé sur les moyens et les effets n’a été rendu public (malgré nos demandes répétées). On a assisté, de la part du ministère et des pouvoirs publics, à une campagne de promotion s’apparentant à de l’auto-persuasion, chose soulignée par les député·es.

Les PAS ne sont pas la solution miracle à l’École inclusive. Alors que les dispositions actuelles permettant la prise en charge des élèves en situation de handicap et les élèves en difficultés scolaires ne sont pas tout le temps lisibles pour les familles, ce dispositif va ajouter des difficultés (notamment dans l’accès à la MDPH pour les familles). Nous dénonçons également le fait que sans cadrage national, il offre beaucoup trop de latitude aux autorités académiques qui l’instaurent à leur guise, entraînant trop de dysfonctionnements (principalement dans la gestion des AESH). Dans les faits, et c’est particulièrement frappant pour la préparation de la rentrée 2026, le développement de 500 nouveaux PAS entraîne le transfert de moyens d’enseignement (des postes en classe) vers le pilotage de ces dispositifs. À l’heure de l’austérité dans l’Éducation nationale et du manque flagrant d’enseignant·es dans les écoles, cette extension à moyens constants est inquiétante pour le Service public d’éducation.

Nous estimons également qu’ils constituent une véritable remise en cause des missions-champs d’intervention de certain·es professionnel·les de l’Éducation comme les RASED et les ERSEH. Ils vont également participer à maintenir l’amalgame entre handicap et difficultés scolaires.

Nos organisations réaffirment la nécessité d’accueillir tous·tes les élèves à l’École, mais aussi le fait qu’ils·elles soient accompagné·es par des personnels formés et en nombre suffisant. C’est pourquoi nous demandons le recrutement et la formation de personnels RASED afin qu’ils soient complets sur l’ensemble du territoire et qu’ils puissent exercer de vraies missions de prévention et remédiation, sans être cantonnés à être des personnels ressources.

Nous rappelons aussi que la politique ministérielle pour l’école inclusive n’est pas à la hauteur des enjeux et revendiquons des moyens et un soutien sans faille aux personnels travaillant quotidiennement à sa mise en œuvre. Nos organisations exigent, entre autres, l’arrêt de la généralisation des PAS, le retour à une politique de formation des enseignant·es spécialisé·es exigeante et la création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.

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Fortes chaleurs et plan ministériel Canicule : du vent ministériel mais rien de rafraîchissant…

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Alors que nous allons connaître un second épisode de canicule en un mois, le ministère ne prend toujours pas conscience des urgences. Face à cette situation « dégradée », il poursuit sa politique de bricolage permanent, avance des « solutions » inappropriées (voire déjà dépassées) et place personnels et élèves face à de nouvelles difficultés. La dernière (et insuffisante) sortie du ministre sur l’adaptation des horaires en période d’examens (seule mesure d’aménagement) révèle le manque d’empathie à l’égard d’élèves passant des épreuves majeures. Les élèves de bac professionnel en avaient été déjà victimes en composant sous des chaleurs insupportables.

Alors qu’il avait été incapable d’anticiper le premier épisode de mai, le ministre avait présenté le 28 mai son « plan ministériel de gestion des vagues de chaleur » visant à « protéger les personnels et les usagers » et garantir la continuité du Service public d’Éducation. Tout en reconnaissant qu’aucune réglementation-mesure n’existait pour protéger personnels et élèves, il ne proposait aucune modification réglementaire, aucun plan global de rénovation énergétique, aucun calendrier (même pas un horizon…) ni d’obligations thermiques. Le plan reste sur du descriptif-prescriptif sans contrainte ni engagement concret de la part de l’État tout en renvoyant à la seule responsabilité des collectivités territoriales et des personnels… Bel exercice de communication où ÉduRénov et Fonds Vert sont évoqués alors que leur budget 2026 est amputé (Fonds Vert divisé par 4 en 2 ans et fin de nombreux projets). De plus, si le bâti scolaire est du ressort des collectivités, c’est bien à l’État-employeur et au gouvernement de mettre la main à la poche afin que les personnels exercent dans des conditions dignes.

Ce plan, par sa temporalité, son contenu et ses demandes (aux collectivités, à l’administration et aux personnels), est déjà caduc face aux urgences et les recommandations faites sont déjà appliquées depuis longtemps par les personnels. Il faudrait aussi aller plus loin quant au confort thermique (préconisations pour les vagues de froid par exemple), et la prévention des changements climatiques (pollution, sécheresse et rétractation des sols, inondations…). De même, demander aujourd’hui un état des lieux des bâtiments inadaptés, c’est nier le travail engagé depuis des années par l’observatoire du bâti scolaire, certaines associations et organisations syndicales, et ainsi perdre à nouveau du temps face aux urgences.

En attendant, nous interrogeons les consignes pas (ou peu) applicables ou désuètes actuellement : par qui et comment ventiler des salles de classe pendant la nuit quand les températures redescendent peu ? Quelles sont les « zones refuges » et comment « entasser » plusieurs groupes classes dans des espaces contraints ? Quels sont les moyens humains (conseiller·ère de prévention, personnels de santé…) et matériels (CHS…) pour adapter les conditions de travail (télétravail conseillé par exemple) et accompagner les équipes ?

La CGT Éduc’action dénonce un plan vide et inadapté visant simplement à masquer l’absence de politique-budget volontariste de rénovation et d’adaptation des bâtiments, et le désengagement de l’État. Il vise surtout à garder, coûte que coûte, les établissements-écoles-services ouverts pour « maintenir la continuité pédagogique » même si cela met les personnels-élèves en danger ou n’a aucun sens pédagogique.

Il y a urgence à reconnaître la chaleur comme risque professionnel ou à réglementer le travail, mais aussi à améliorer l’encadrement pour la prise en charge des élèves et veiller à ce qu’ils·elles étudient-composent sereinement… L’urgence est donc à un grand plan national de rénovation et de construction avec un financement pluriannuel volontariste garantissant de meilleures conditions de travail et d’étude.

Montreuil, le 16 juin 2026

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Comment le ministère a-t-il réparti les 100 postes d’assistant·es de service social sur le territoire ?

 

Tout d’abord, rappelons que la santé physique et psychique des élèves a été reconnue comme l’une des priorités de notre ministre. C’est dans ce contexte que ces créations de postes de personnels de santé et services sociaux ont été annoncées par le ministre lui-même, peu après sa prise de fonction fin octobre 2025.

Cette dotation de moyens supplémentaires au titre du « plan santé mentale » et sa répartition se sont faites en tenant compte de certains critères : collèges dits « en situation aberrante »,  nombre moyen d’élèves par personnel, IPS (indice de position sociale)…

Les collèges dits « en situation aberrante » sont les établissements n’étant pas en Réseau d’éducation prioritaire (REP ou REP+) alors qu’ils ont tous les critères pour en faire partie. Si le ministre reconnait l’absurdité de la situation, la CGT Éduc’action rappelle qu’elle est le résultat de choix politiques portés par le ministère. En effet, l’absence de révision de la carte d’éducation prioritaire depuis 2015 (malgré les revendications des organisations syndicales) et les budgets austéritaires conduisent à de pseudo-solutions ne répondant en rien aux problématiques de terrain.

Au final, ces 100 créations de postes sont bien dérisoires au regard des manques criants sur le terrain et ne sont pas une réponse aux revendications de la CGT Éduc’action pour faire face aux besoins dans le 1er degré et le 2nd degré. Ces créations n’empêcheront pas non  plus certain·es collègues de continuer d’exercer sur 5 établissements ou les personnels sociaux d’être personnes-ressource dans le cadre du protocole santé mentale, du dispositif Phare ou du programme EVARS…

Si le ministère souhaite que les personnels sociaux mènent des actions collectives dans leurs établissements (mises en avant dans le cadre de l’enquête sociale annuelle), la CGT Éduc’action s’interroge sur les moyens réels et les conditions permettant à ces personnels de remplir correctement leurs missions alors qu’ils doivent travailler sur plusieurs fronts. Avec aussi peu, on ne pourra pas faire des miracles, malheureusement…

 

repartition postes crées AS et INF par academie 2026