vendredi 3 juillet 2026

Non à la militarisation de l’École, non aux injonctions hors-sol !

 

Le Bulletin Officiel du 2 juillet 2026 confirme une orientation profondément préoccupante du ministère : renforcer une logique d’ordre, de contrôle et de mise au pas de l’École. En pleine fin d’année scolaire, alors que les équipes sont épuisées après un mois de juin particulièrement éprouvant, le ministre annonce une cérémonie commémorative annuelle obligatoire d’hommage aux « Morts pour la France » dans chaque école élémentaire, collège et lycée à compter de la rentrée 2026 autour du 11 novembre. Les initiatives et hommages existaient déjà, mais sur la base du volontariat. La portée mémorielle de cette date est bien évidemment déjà abordée en classe, en Histoire ou encore en EMC.

Pour la CGT Éduc’action, cette mesure, comme la multiplication des classes de défense, relève d’une vision autoritaire et militarisée de l’École. L’établissement scolaire n’a pas vocation à devenir un espace de discipline imposée ni un relais de la communication patriotique du ministère. Au-delà de cette mesure qui va augmenter les missions des directeur·rices d’école, l’École doit rester un lieu d’émancipation, d’esprit critique, de travail collectif et d’éducation, pas un terrain d’expérimentation de mesures symboliques imposées d’en haut.

Par ailleurs, É.Geffray persiste dans son projet démagogue d’extension de l’interdiction du téléphone portable au lycée. Cette interdiction est irréaliste et impossible à appliquer. Le BO prévoit lui-même des dérogations pour les usages pédagogiques, les besoins médicaux et le fonctionnement des lieux de vie scolaire, ce qui montre bien qu’il ne s’agit pas d’une interdiction simple et absolue. Elle révèle aussi une méconnaissance du terrain : les équipes pédagogiques de lycée n’ont pas attendu le ministre pour encadrer l’usage du portable en classe. Une fois de plus, ce sont les personnels, et particulièrement les AEd, qui devront gérer des consignes contradictoires sans moyens supplémentaires, au risque de tensions inutiles.

Les urgences sont ailleurs ! La canicule a rendu les conditions d’étude et de travail intenables dans de nombreux établissements, notamment du fait de l’état catastrophique des locaux. Au lieu d’imposer des obligations supplémentaires et de multiplier les coups de communication, le ministère devrait répondre immédiatement à ces situations de danger et de dégradation des conditions de travail et d’apprentissage.

Enfin, la CGT Éduc’action dénonce l’énervement à géométrie variable du ministre, plus prompt à dénoncer la non-application de ses consignes rétrogrades sur l’orthographe aux examens par les enseignant·es que le non-respect par les autorités académiques de celles pour protéger les personnels AESH-AEd sans élèves et personnels vulnérables lors de la canicule.

Montreuil, le 3 juillet 2026

Télécharger le communiqué de presse

Le Danger grave et imminent, le droit de retrait

 

Les obligations de l’employeur en matière de santé et de sécurité au travail définies, pour la Fonction publique, par le décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la Fonction publique, modifié par le décret n°95-680 du 9 mai 1995 assurent, si elles sont appliquées, un haut niveau de protection des agent·es et imposent à l’employeur une obligation de moyens et de résultats.

Ainsi, toute situation de travail susceptible d’altérer, d’une manière ou d’une autre, la santé physique, psychique ou sociale d’un·e agent·e, doit être adaptée : la loi interdit que le travail altère la santé et encadre l’exercice d’un droit de retrait, face à un danger grave et imminent.

 

mardi 30 juin 2026

pétition : abandon des stages d’observation en seconde générale et technologique

 

pétition : abandon des stages d’observation en seconde générale et technologique

Depuis 2024 et la volonté de G.Attal de «reconquérir le mois de juin», les élèves de seconde générale et technologique doivent effectuer, à cette période de l’année, deux semaines de «stage d’observation» en entreprise. Alors que ces stages n’ont aucun intérêt pédagogique (comme ceux de 3ème), ils présentent avant tout des risques pour les élèves, augmentent la charge de travail des personnels et sont profondément inégalitaires (réseaux familiaux et autre reproduction sociale). Surtout, au-delà de leur caractère occupationnel, ils sont un outil au service du discours néolibéral et militariste du gouvernement qui ne cesse de présenter l’entreprise comme l’alpha et l’oméga de la formation.

La CGT Educ’action Lille ayant lancé une pétition pour l’abandon de ces stage, la CGT Educ’action la soutient nationalement et demande que cette pétition soit signée massivement. C’est un outil de médiatisation qui participe d’une campagne plus large, ancrée sur le terrain, contre la présence des enfants en entreprise de façon plus générale.

SIGNER LA PETITION 

Nous rappelons nos récentes publications sur ce sujet :

Communiqué de presse du 24 avril 2026

Tract du 30 avril “une seule solution, l’abrogation (des stages de secondes)

jeudi 25 juin 2026

Canicule dans l’Éducation nationale et conditions de travail, Stop, ça suffit !

 

L’Hexagone continue de battre, jour après jour, des records de températures : la journée de mardi a été « la plus chaude jamais enregistrée en France » depuis le début des mesures, en 1947. La canicule se poursuivra jusqu’au week-end sur une grande partie du pays, 40 à 42 °C prévus, selon Météo-France. Jeudi 25 juin, 72 départements sont placés en vigilance rouge par Météo-France (elle se définit comme une « canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique » avec « fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population »).

Rien n’est prêt !

L’Éducation nationale se distingue par son impréparation manifeste à ce type de situation pourtant largement prévisible au regard de la trajectoire du réchauffement climatique. Nos organisations n’ont cessé d’alerter, de faire des propositions, d’exiger de l’anticipation. Les différents ministres n’ont jamais vraiment donné suite à nos alertes et propositions. Aujourd’hui, rien n’est prêt, rien n’a été anticipé, et les personnels bricolent, au sens propre, comme au sens figuré, pour tenir le service public d’Éducation, seuls et dans des conditions difficiles. Nous avons la désagréable impression de revivre la période Covid !

L’absence de cadre global de décision est un facteur aggravant. Les autorités nationales, académiques et départementales ne cessent de se défausser de leurs responsabilités. Refuser de prendre des mesures de protection collective comme le fait le ministère, c’est individualiser les responsabilités, et donc individualiser les risques.

Depuis 48h, nous avons de plus en plus d’alertes de nos collègues sur les conditions dans lesquelles ils et elles travaillent, font cours, surveillent les épreuves ou font passer les examens. Malaise des personnels, augmentation des passages à l’infirmerie de l’établissement, passage aux urgences,multiplication des fiches SST… la santé des personnels, des élèves et leurs conditions de travail sont mises en danger. La responsabilité en incombe pleinement au ministre, au gouvernement et à leurs prédécesseurs.

Nos organisations syndicales ne peuvent accepter une telle situation, et que les personnels et les élèves paient de leur santé l’incurie du ministre et du gouvernement.

Agir pour se protéger

Aussi, la FSU, le SE-UNSA, la FNEC FP FO, la CFDT Éducation, Formation et Recherche publiques, la CGT Educ’action, le SNALC et SUD Éducation appellent les personnels à se saisir des outils existants :

  • fiches SST,
  • interpellations collectives des rectrices et recteurs pour obtenir des améliorations des conditions de travail,
  • droit de retrait en cas de danger grave et imminent avec inscription dans le registre DGI.

Au regard de l’aggravation de la situation, et face l’inaction gouvernementale, la FSU, le SE-UNSA, la FNEC FP FO, la CFDT Éducation, Formation et Recherche publiques, la CGT Educ’action, le SNALC et SUD Éducation ont déposé des préavis de grève et continueront de le faire.

Elles appellent désormais les personnels à user de leur droit de grève là où cela est nécessaire pour protester contre l’absence d’amélioration des conditions de travail et obtenir les moyens nécessaires.

Cette séquence ne pourra pas rester sans suite. Il faudra en tirer toutes les leçons budgétaires et organisationnelles (et intégrer les DROM dans la réflexion) et anticiper la rentrée, pour laquelle un nouvel épisode caniculaire n’est pas exclu.

Télécharger le communiqué intersyndical

Lire la lettre électronique spéciale canicule du 25 juin 2026

Pour un collège à rebours des idées réactionnaires

 

À rebours des discours de repli, d’exclusion et de mise en concurrence portés par l’extrême droite, la CGT Éduc’action défend un collège émancipateur, égalitaire et solidaire. Face à la dégradation des conditions de travail, nous refusons les logiques managériales qui fragilisent les personnels, isolent les équipes et détériorent le service public d’Éducation.

Face aux attaques contre les élèves étranger∙ères et leurs familles, nous réaffirmons que l’École doit accueillir, protéger et faire réussir tous∙tes les jeunes, sans distinction d’origine ou de statut administratif. Face aux inégalités scolaires et sociales, nous revendiquons un collège qui donne davantage à celles et ceux qui ont moins, avec des moyens renforcés, des effectifs réduits et des personnels reconnu∙es. Car construire une École de l’égalité, c’est combattre les idées de haine et défendre au quotidien les valeurs de solidarité, de justice sociale et de démocratie.

Lire la suie dans le tract

lundi 22 juin 2026

Fortes chaleurs : il y a urgence à protéger tous les personnels et les élèves

 

L’impréparation du ministère sur les mesures à prendre face aux épisodes de canicule n’est plus à démontrer et rappelle tristement la gestion chaotique de la période Covid. On assiste une nouvelle fois à un enchaînement de réunions ministérielles « vague de chaleur » qui n’aboutissent qu’à des « directives » adressées aux directions académiques, sans cadre national ni consignes claires. Un désengagement de l’État et un bricolage alors que les prévisions existent depuis des jours maintenant… Les aménagements décidés localement sont à géométrie variable. Si la « continuité pédagogique » est centrale pour le ministère, renvoyant de fait aux conditions d’enseignement et à l’adaptation des horaires, peu de choses spécifiques existent pour les personnels n’étant pas dans les classes, les contraignant à rester dans les établissements pour poursuivre leurs missions.

De façon globale, cette gestion isole à nouveau les personnels qui gèrent au mieux la situation pour le bien des élèves. Une fois de plus, ils colmatent les manques institutionnels et accueillent coûte que coûte les élèves en tentant de les protéger.

Face à cette situation catastrophique et dangereuse pour la santé de tout le monde, la CGT Éduc’action estime qu’il n’est plus l’heure de tergiverser et appelle les autorités à prendre enfin leurs responsabilités et aux personnels à faire valoir leurs droits.

La CGT Éduc’ exige immédiatement :

  • l’égalité de traitement entre tous les personnels
  • des consignes nationales et académiques claires, applicables immédiatement
  • des décisions anticipées sur les examens et l’établissement par le ministère, dès la rentrée, d’un agenda précis qui anticipe des dates de repli
  • la possibilité de fermeture des établissements-écoles-services lorsque les conditions de travail et de sécurité ne sont plus réunies
  • la protection effective des élèves et des personnels vulnérables (sans attendre des procédures interminables) et appelle ses derniers à demander les ASA auxquelles ils ont droit
  • la sécurisation des laboratoires par l’évacuation des déchets chimiques par une entreprise experte et le stockage sécurisé des produits avant fermeture des EPLE
  • le signalement de toutes les situations difficiles dans les classes et services en remplissant les fiches SST
  • contacter en urgence un·e représentant·e du personnel de la Formation spécialisée pour une inscription au registre Danger Grave et Imminent, permettant de couvrir un éventuel Droit de retrait
  • contacter la CGT Éduc’action de son département pour se faire accompagner
  • un plan pluriannuel de rénovation thermique du bâti scolaire, doté de moyens à la hauteur des besoins.

La CGT Éduc’action rappelle également que des préavis de grève sont à la disposition des personnels pour les protéger.

Montreuil, le 22 juin 2026

Télécharger le communiqué

dimanche 21 juin 2026

Canicule dans les écoles-établissements-services : l’urgence ne doit plus masquer l’absence d’anticipation

 

Communiqué de presse

Ce jeudi 18 juin au ministère a eu lieu une rencontre avec les organisations syndicales qui confirme ce que la CGT Éduc’action dénonce depuis des années : face aux épisodes de canicule, l’institution continue de bricoler dans l’urgence au lieu de mettre en œuvre un véritable plan national de protection.

Une nouvelle fois, l’administration renvoie à des décisions au cas par cas, selon les préfet·ètes, les collectivités et les chef·fes d’établissement, alors même que les conditions d’accueil, de travail, de sécurité et d’examen sont déjà extrêmement dégradées dans de nombreux établissements et écoles. Cette réponse, sans cadre national clair, élude la chaîne de responsabilités (isolant les directeur·rices d’école), crée de la confusion, de l’inégalité de traitement et une forte insécurité pour les personnels comme pour les familles.

La CGT Éduc’action rappelle que les personnels et les élèves n’ont pas à subir les conséquences d’un bâti scolaire insuffisamment adapté aux fortes chaleurs, d’un manque d’équipements, ni d’une absence persistante d’anticipation. Les écoles et établissements ne peuvent pas être transformés, à chaque alerte, en lieux de gestion improvisée de crise.

Nous exigeons :

  • des consignes nationales et académiques claires, applicables immédiatement ;
  • la protection effective des personnels et élèves vulnérables, sans attendre des procédures interminables ;
  • des décisions anticipées sur les examens ;
  • la possibilité de fermeture des établissements, écoles, services lorsque les conditions de travail et de sécurité ne sont plus réunies ;
  • un plan pluriannuel de rénovation thermique du bâti scolaire, doté de moyens à la hauteur des besoins.

 

Montreuil, le 19 juin 2026

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