
L’Hexagone continue de battre, jour
après jour, des records de températures : la journée de mardi a été « la
plus chaude jamais enregistrée en France » depuis le début des mesures,
en 1947. La canicule se poursuivra jusqu’au week-end sur une grande
partie du pays, 40 à 42 °C prévus, selon Météo-France. Jeudi 25 juin, 72
départements sont placés en vigilance rouge par Météo-France (elle se
définit comme une « canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son
intensité, son extension géographique » avec « fort impact sanitaire
pour l’ensemble de la population »).
Rien n’est prêt !
L’Éducation nationale se distingue par
son impréparation manifeste à ce type de situation pourtant largement
prévisible au regard de la trajectoire du réchauffement climatique. Nos
organisations n’ont cessé d’alerter, de faire des propositions, d’exiger
de l’anticipation. Les différents ministres n’ont jamais vraiment donné
suite à nos alertes et propositions. Aujourd’hui, rien n’est prêt, rien
n’a été anticipé, et les personnels bricolent, au sens propre, comme au
sens figuré, pour tenir le service public d’Éducation, seuls et dans
des conditions difficiles. Nous avons la désagréable impression de
revivre la période Covid !
L’absence de cadre global de décision
est un facteur aggravant. Les autorités nationales, académiques et
départementales ne cessent de se défausser de leurs responsabilités.
Refuser de prendre des mesures de protection collective comme le fait le
ministère, c’est individualiser les responsabilités, et donc
individualiser les risques.
Depuis 48h, nous avons de plus en plus
d’alertes de nos collègues sur les conditions dans lesquelles ils et
elles travaillent, font cours, surveillent les épreuves ou font passer
les examens. Malaise des personnels, augmentation des passages à
l’infirmerie de l’établissement, passage aux urgences,multiplication des
fiches SST… la santé des personnels, des élèves et leurs conditions de
travail sont mises en danger. La responsabilité en incombe pleinement au
ministre, au gouvernement et à leurs prédécesseurs.
Nos organisations syndicales ne peuvent
accepter une telle situation, et que les personnels et les élèves paient
de leur santé l’incurie du ministre et du gouvernement.
Agir pour se protéger
Aussi, la FSU, le SE-UNSA, la FNEC FP FO, la CFDT Éducation,
Formation et Recherche publiques, la CGT Educ’action, le SNALC et SUD
Éducation appellent les personnels à se saisir des outils existants :
- fiches SST,
- interpellations collectives des rectrices et recteurs pour obtenir des améliorations des conditions de travail,
- droit de retrait en cas de danger grave et imminent avec inscription dans le registre DGI.
Au regard de l’aggravation de la
situation, et face l’inaction gouvernementale, la FSU, le SE-UNSA, la
FNEC FP FO, la CFDT Éducation, Formation et Recherche publiques, la CGT
Educ’action, le SNALC et SUD Éducation ont déposé des préavis de grève
et continueront de le faire.
Elles appellent désormais les personnels
à user de leur droit de grève là où cela est nécessaire pour protester
contre l’absence d’amélioration des conditions de travail et obtenir les
moyens nécessaires.
Cette séquence ne pourra pas rester sans
suite. Il faudra en tirer toutes les leçons budgétaires et
organisationnelles (et intégrer les DROM dans la réflexion) et anticiper
la rentrée, pour laquelle un nouvel épisode caniculaire n’est pas
exclu.
Lire la lettre électronique spéciale canicule du 25 juin 2026