COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Alors que nous allons connaître un
second épisode de canicule en un mois, le ministère ne prend toujours
pas conscience des urgences. Face à cette situation « dégradée », il
poursuit sa politique de bricolage permanent, avance des « solutions »
inappropriées (voire déjà dépassées) et place personnels et élèves face à
de nouvelles difficultés. La dernière (et insuffisante) sortie du
ministre sur l’adaptation des horaires en période d’examens (seule
mesure d’aménagement) révèle le manque d’empathie à l’égard d’élèves
passant des épreuves majeures. Les élèves de bac professionnel en
avaient été déjà victimes en composant sous des chaleurs insupportables.
Alors qu’il avait été incapable
d’anticiper le premier épisode de mai, le ministre avait présenté le 28
mai son « plan ministériel de gestion des vagues de chaleur » visant à «
protéger les personnels et les usagers » et garantir la continuité du
Service public d’Éducation. Tout en reconnaissant qu’aucune
réglementation-mesure n’existait pour protéger personnels et élèves, il
ne proposait aucune modification réglementaire, aucun plan global de
rénovation énergétique, aucun calendrier (même pas un horizon…) ni
d’obligations thermiques. Le plan reste sur du descriptif-prescriptif
sans contrainte ni engagement concret de la part de l’État tout en
renvoyant à la seule responsabilité des collectivités territoriales et
des personnels… Bel exercice de communication où ÉduRénov et Fonds Vert
sont évoqués alors que leur budget 2026 est amputé (Fonds Vert divisé
par 4 en 2 ans et fin de nombreux projets). De plus, si le bâti scolaire
est du ressort des collectivités, c’est bien à l’État-employeur et au
gouvernement de mettre la main à la poche afin que les personnels
exercent dans des conditions dignes.
Ce plan, par sa temporalité, son contenu
et ses demandes (aux collectivités, à l’administration et aux
personnels), est déjà caduc face aux urgences et les recommandations
faites sont déjà appliquées depuis longtemps par les personnels. Il
faudrait aussi aller plus loin quant au confort thermique
(préconisations pour les vagues de froid par exemple), et la prévention
des changements climatiques (pollution, sécheresse et rétractation des
sols, inondations…). De même, demander aujourd’hui un état des lieux des
bâtiments inadaptés, c’est nier le travail engagé depuis des années par
l’observatoire du bâti scolaire, certaines associations et
organisations syndicales, et ainsi perdre à nouveau du temps face aux
urgences.
En attendant, nous interrogeons les
consignes pas (ou peu) applicables ou désuètes actuellement : par qui et
comment ventiler des salles de classe pendant la nuit quand les
températures redescendent peu ? Quelles sont les « zones refuges » et
comment « entasser » plusieurs groupes classes dans des espaces
contraints ? Quels sont les moyens humains (conseiller·ère de
prévention, personnels de santé…) et matériels (CHS…) pour adapter les
conditions de travail (télétravail conseillé par exemple) et accompagner
les équipes ?
La CGT Éduc’action dénonce un plan vide
et inadapté visant simplement à masquer l’absence de politique-budget
volontariste de rénovation et d’adaptation des bâtiments, et le
désengagement de l’État. Il vise surtout à garder, coûte que coûte, les
établissements-écoles-services ouverts pour « maintenir la continuité
pédagogique » même si cela met les personnels-élèves en danger ou n’a
aucun sens pédagogique.
Il y a urgence à reconnaître la chaleur
comme risque professionnel ou à réglementer le travail, mais aussi à
améliorer l’encadrement pour la prise en charge des élèves et veiller à
ce qu’ils·elles étudient-composent sereinement… L’urgence est donc à un
grand plan national de rénovation et de construction avec un financement
pluriannuel volontariste garantissant de meilleures conditions de
travail et d’étude.
Montreuil, le 16 juin 2026