dimanche 25 mars 2018

Accord sur la formation professionnelle : La CGT ne signera pas des reculs sociaux

La négociation nationale sur la formation professionnelle s’est achevée le 22 février et un projet d’accord a été ouvert à signature. Dès le 23 février, la ministre du Travail a annoncé qu’elle n’en tiendrait pas compte !
L’analyse de ce projet d’accord fait apparaître :
• une logique d’individualisation de la formation, initiée par la création du Compte Personnel de Formation (CPF) en tant que dispositif unique ;
• une baisse d’1 milliard d’euros des obligations faites aux entreprises pour le financement de la formation professionnelle des salariés ;
• un démantèlement complet du système de financement de la formation ;
• une remise en cause de la reconnaissance des qualifications, des diplômes à travers les « blocs de compétences » ;
• une réforme de l’apprentissage qui confirme la volonté de revenir au « paiement à la tâche » et donc de baisser les salaires ;
• la disparition du Congé Individuel de Formation (CIF), seul droit à formation opposable dont disposent les salariés ;
• un Compte Personnel de Formation doté de plus d’heures mais qui restera un leurre pour la majorité des salariés ;
• un nouveau système où le salarié perd des droits « formels » transformés en droits « virtuels » et capitalisables qu’il devra compléter sur son propre budget et sur son temps personnel.
Ces choix s’inscrivent en plein dans le processus déjà engagé contre les services publics, l’éducation nationale et les organismes de formation tels l’AFPA, les GRETA et le CNAM.
Après les reculs sociaux sur le Code du travail, la réforme du baccalauréat, la sélection à l’université, etc., le patronat obtient ainsi une nouvelle régression en matière de droit à la formation professionnelle.
Cette réforme va accroître les inégalités d’accès à la formation, alors qu’un accord répondant aux enjeux d’avenir était nécessaire et possible.
Le dogmatisme du gouvernement le rend aveugle sur les enjeux de la formation professionnelle pour le monde du travail. Pour l’ensemble de ces raisons, la CGT ne signera pas cet Accord National Interprofessionnel.
Montreuil, le 23 mars 2018

Après l’ISF, Macron fait disparaître les grévistes

On savait déjà qu’Emmanuel Macron nourrit une véritable passion pour les riches et les profits et que sa conception du dialogue social se résume à « tout est discutable sauf ce que j’ai décidé », il nous restait à apprendre qu’il était également un éminent prestidigitateur.
En effet, les chiffres annoncés par les autorités sur les taux de grévistes dans la Fonction publique -que ce soit ceux de la mi-journée ou ceux revus légèrement à la hausse du soir- relèvent du tour de passe-passe pur et simple.
Pour en savoir plus, lire le communiqué CGT-Fonction publique

Puissante mobilisation ce 22 mars dans la Fonction publique : une nouvelle étape réussie qui en appelle d’autres !

Avec plus de 500 000 manifestant.e.s dans plus de 180 manifestations et rassemblements sur l’ensemble du territoire, un taux global de grévistes significativement supérieur à celui du 10 octobre 2017, avec des pointes à plus de 60 % dans certains secteurs professionnels, les agent.e.s de la Fonction publique, fonctionnaires et non-titulaires, actives.actifs et retraité.e.s, se sont massivement mobilisé.e.s.
Après la forte mobilisation du 10 octobre dernier, cette nouvelle journée de grève et de manifestations, à l’appel d’une intersyndicale largement majoritaire, est une nouvelle étape réussie qui en appelle d’autres.
Pour en savoir plus, lire le communiqué CGT-Fonction publique

dimanche 18 mars 2018

Mutations intra second degré : le dossier CGT

http://data.over-blog-kiwi.com/1/52/82/82/20180318/ob_bef1ae_dossier-cgt-mutataions-2nd-degre-2018.pdf

Cliquer sur l'image pour accéder au dossier

La CGT Éduc’action reçue par Jean-Michel Blanquer sur la rénovation de la voie professionnelle du lycée


La CGT Éduc’action a été reçue aujourd’hui par le Ministre de l’Education nationale, Céline Calvez (députée LREM) et Régis Marcon (chef d’entreprise) auteur·es du rapport sur la voie professionnelle du lycée qui scolarise un·e lycéen.ne sur trois.
Lors de cet entretien, la CGT Éduc’action a exprimé les lignes rouges à ne pas franchir dans l’intérêt de la formation initiale professionnelle : le développement de l’apprentissage contre le statut scolaire, et la casse des diplômes nationaux par le découpage en blocs de compétences. Ces lignes rouges sont franchies...
Si les deux modes de formation, apprentissage et scolaire, coexistent depuis longtemps, les propositions faites dans le rapport visent à disqualifier la voie professionnelle scolaire pour mieux servir les intérêts du MEDEF dans sa volonté de faire main basse sur la formation professionnelle. Dans son projet, le gouvernement utilise l’apprentissage pour casser les acquis de l’enseignement professionnel scolaire. La voie professionnelle du lycée devrait servir à sélectionner les élèves : les meilleurs profils pour les employeurs en apprentissage, et la concentration des élèves en difficulté sociale et scolaire dans les classes des lycées. Rappelons que l’apprentissage est discriminant : seulement 30% des apprenti·es sont des filles, les jeunes des milieux défavorisés y sont sous-représenté·es…
Les attaques récurrentes contre la formation professionnelle passent aussi par la casse des diplômes. La reconnaissance de la qualification dans les entreprises est un élément essentiel pour garantir des droits collectifs (rémunération, conditions de travail…). Cette qualification repose sur des diplômes nationaux que les rapporteurs préconisent de remplacer par des blocs de compétences. Cette évolution est dangereuse car elle remet en cause une qualification solide au profit d’une employabilité immédiate.
Les rapporteurs affichent vouloir « viser l’excellence pour la voie professionnelle », la CGT Éduc’action a fait des propositions concrètes pour y parvenir
  • Le renforcement des moyens pour des poursuites d’études réussies dans la voie professionnelle. Cela passe notamment par la création de classes passerelles du bac pro vers le BTS. La sécurisation des parcours du bac pro au BTS est une des clés majeures de la redynamisation des sections tertiaire « service aux entreprises » afin de permettre une meilleure insertion professionnelle des élèves ;
  • Le classement des lycées professionnels qui concentrent les difficultés sociales et scolaires dans les dispositifs d’éducation prioritaire ;
  • La mise en œuvre d’effectifs réduits dans les classes de la voie professionnelle pour tenir compte des besoins spécifiques des élèves ; 
  • Les contenus et la validation des diplômes doit rester du ressort de l’Éducation nationale.
Montreuil, le 13 mars 2018
Le communiqué au format 

Perspectives retraites n°16

Journal des retraités de l'académie de Caen (Février 2018) 

vendredi 9 mars 2018

Grève du 22 mars : Pour un service public renforcé et la hausse des salaires...


MACRON et les SERVICES PUBLICS: SILENCE, ON CASSE ! 
Le gouvernement entreprend une politique de démolition des Services publics, au détriment de ses agents et des usager·ères,  plus particulièrement celles et ceux issu·es des classes populaires.
Dans l’Education, les ministres Blanquer et Vidal n’ont qu’un objectif : concurrence des établissements, des personnels et des disciplines, mais aussi des élèves en assumant un tri social systématisé à l’issue du collège et à l’entrée de l’université. Nous ne pouvons pas laisser faire. Alors que la crise capitaliste sert de prétexte au patronat pour appauvrir toujours plus les salarié·es, c’est bien un Service public renforcé et une École au service de l’émancipation qu’il nous faut conquérir...
Lire la suite dans le tract de la CGT-Éduc'action au format  
Le 10 octobre 2017, à l’appel de toutes les organisations syndicales, des centaines de milliers d’agent·e·s de la Fonction publique faisaient grève et manifestaient pour des augmentations salariales et le dégel du point d’indice, des créations d’emplois dans les nombreux services frappés par le sous-effectif et le non-rétablissement du jour de carence. Dans les jours et les semaines qui ont suivi, les seules réponses du président de la République, du Premier ministre et du ministre en charge de la Fonction publique ont été le maintien de toutes leurs décisions porteuses de lourdes régressions et la poursuite, à la hussarde, de « CAP 2022 », entreprise de démantèlement des services publics... 
Lire la suite dans le tract de la CGT Fonction publique au format 
Signez et faites signer la pétition intersyndicale "Pour la fonction publique et les services publics"

Le 15 mars 2018 : journée nationale d’actions des retraités


 
L’Union fédérale des syndicats de l’État CGT appelle les retraité·e·s de la Fonction publique de l’État à manifester le 15 mars 2018 pour la revalorisation de leur pouvoir d’achat et l’amélioration de leurs droits légitimes. 
Depuis le 1er janvier, 10 millions de retraité·e·s subissent l’augmentation de 1,7 point de la Contribution Sociale Généralisée (CSG), cela se traduit par une baisse conséquente de leur pension. Leur taux de CSG est passé de 6,6 % à 8,3 %, soit une augmentation de 25,8 %. Ce qui représente environ une perte de : - 306 € par an pour une pension brute de 1 500 € par mois, - 408 € par an pour une pension brute de 2 000 € par mois...  
Lire la suite dans le tract de l'UFSE-CGT "Le 15 mars 2018 : journée nationale d’actions des retraités" au format 
Lire le tract unitaire intersyndical au format "NON À LA BAISSE DES PENSIONS Les retraitées et les retraités : ni privilégiés ni assistés !"

"Big bang" de la formation professionnelle : vers la disparition de la formation professionnelle (communiqué FERC CGT)

La ministre du travail a annoncé son "big bang de la formation professionnelle". Ces annonces remettent en cause les discussions qui ont eu lieu entre les partenaires sociaux (voir le communiqué de la CGT : Du big bang au néant !).
La disparition du CNEFOP (Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles), du COPAREF (Comité paritaire national de l’emploi et de la formation professionnelle) et du FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels), fusionnés dans une instance unique (une "agence centrale") a pour objectif de casser la gouvernance quadripartite. C’est la même logique que la fusion des instances représentatives des personnels dans les entreprises : regrouper pour survoler encore plus les sujets et ne pas permettre aux organisations syndicales d’avoir leur mot à dire.
Cette fusion aura aussi pour conséquence la disparition d’OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) qui va éloigner encore plus cette collecte du terrain et favoriser les grosses entreprises.
Le CPF (Compte Personnel de formation) change totalement de régime : il ne sera plus comptabilisé en heures mais en euros gérés par la Caisse des dépôts. Ce scénario avait été totalement refusé lors des négociations entre partenaires sociaux. L’alimentation prévue correspond à 500 euros par an avec un plafond de 5 000 euros, 800 et 8 000 euros pour les personnes ne disposant d’aucun diplôme. Le gouvernement part d’un coût horaire cas supérieur à 14 euros, contre 12 euros aujourd’hui. Pourtant, selon les données collectées par la Caisse des dépôts, le taux horaire pratiqué actuellement par les OPCA pour les formations CPF engagées par les salarié·es a un montant moyen de 41,61 euros pour l’ensemble des collecteurs. Bref, les salarié·es vont y perdre !
De plus, cette monétisation va de pair avec la mise en place d’une application accessible sur smartphone ou utilisable dans les agences Pôle emploi et avec l’aide des futurs prestataires du CEP (conseil en évolution professionnelle) ... bref, une dérégulation totale et une privatisation car tout ceci répond aux demandes de l’appareil privé de formation qui y voit une opportunité de développement de son activité.
Pour les personnels chargés de la formation professionnelle, cela signifie entrer de plein pied dans un monde totalement concurrentiel. A terme, les formatrices et formateurs seront toutes et tous des autoentrepreneur·es comme c’est actuellement le cas dans beaucoup d’entreprises de formation privées. Pour les personnels de l’AFPA ou encore du CNAM, le risque est grand de voir se démanteler les derniers vestiges d’un service public de la formation professionnelle.
Pour la FERC-CGT, non seulement le compte n’y est pas mais, pire que cela, ce "big bang" réduit à néant la formation professionnelle.
Dès le 22 mars, elle appelle l’ensemble des salarié·es et des privé·es d’emploi à se mobiliser pour défendre la formation professionnelle !

Montreuil, le 06/03/2018

 http://www.ferc-cgt.org/IMG/pdf/com_form_pro_big_bang-1-2.pdf