dimanche 17 mai 2020

Réouverture des écoles : Les AESH ne sont pas corvéables à merci !

 

Réouverture des écoles :

Les AESH ne sont pas corvéables à merci !

 

 

Alors que le ministère clame haut et fort que les AESH font partie de la communauté éducative, ces agent·es se retrouvent sans masques ! De plus, malgré un protocole spécial AESH, ils et elles se voient sommé·es d’exécuter des tâches hors missions... 

Depuis le début du confinement, nombre d’AESH n’ont eu de nouvelles de leur hiérarchie que la veille de la réouverture. Les DSDEN sont injoignables et ignorent les AESH qui ne savent pas comment récupérer les documents et où les envoyer. Des académies continuent de refuser les ASA garde d’enfants alors que le ministère préconise une souplesse.

Lorsqu’il y a des masques dans les écoles, des directeurs et directrices annoncent aux AESH que, à cause de la pénurie, les masques ne sont que pour les enseignant·es ! D’autres se voient attribué·es des masques pédiatriques. Nombre d’AESH reçoivent depuis quelques jours des messages leur demandant d’apporter leurs propres masques. Le gel hydroalcoolique fait souvent défaut. Certaines mairies pallient ce manque en fournissant elles-mêmes les masques aux personnels. La hiérarchie leur demande d’être indulgent·es face à cette pénurie et de coopérer alors que nous sommes face à une pandémie !

La CGT Éduc’action rappelle que c’est à l’employeur, l’Éducation nationale, de fournir les masques en nombre suffisant pour couvrir les besoins de tous les personnels. Les masques ne se distribuent pas selon une pseudo-hiérarchie ! 

Le ministère a annoncé que les AESH devaient se rendre dans les écoles même si leurs élèves étaient absent·es. La hiérarchie en profite pour leur imposer des missions qui ne sont pas les leurs : surveillance, sans présence des enseignant·es, de groupe d’élèves ou d’élèves difficiles non notifié·es, surveillance de récréation, aide aux devoirs, organisation et désinfection des classes et du matériel, remplacement des Atsem, et, en prévision de la réouverture des collèges, travail administratif des AED...

La CGT Éduc’action rappelle que les AESH s’occupent uniquement d’élèves en situation de handicap, comme mentionné dans le protocole national, et que ce personnel n’a pas à pallier l’incompétence de l’institution face à cette rentrée.

Lorsque l’élève en situation de handicap est là, aucune distanciation n’est préconisée et les visières annoncées dans le protocole sont inexistantes ! 

Encore une fois, l’indifférence pour ce personnel est de mise malgré une communication se voulant rassurante et bienveillante. En plus du danger que ce personnel encourt, la hiérarchie abuse de sa précarité et l’exploite encore plus ! 

La CGT Éduc’action demande au ministère de prendre les mesures nécessaires pour faire appliquer ses protocoles par les académies et DSDEN afin faire cesser ces abus et que les AESH ne soient plus mis·es en danger ! La CGT Éduc’action rappelle aux AESH leur possibilité d’exercer leur droit de retrait et de refuser toute mission qui n’est pas dans leur fonction ! 

Montreuil, le 13 Mai 2020 

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dimanche 10 mai 2020

Cherbourg en Cotentin : une reprise d’activité des écoles décidée sans les personnels de l’éducation


Communiqué


de


presse


Cherbourg en Cotentin : une reprise d’activité des écoles décidée sans les personnels de l’éducation


Lundi 11 mai est jour de pré-rentrée pour les personnels d’enseignement et d’éducation (professeur-e-s des écoles, AESH…). Les écoles des Cherbourg en Cotentin rentrent dans la reprise de service décidée par le Président de la République. Mais, contrairement à ce qu’affirme la mairie de Cherbourg en Cotentin dans son communiqué du 30 avril, la réouverture ou les modalités ont été imposées. Jamais il n’y a eu de consultation, notamment des directrices et directeurs. Les horaires, l’alternance des jours de classe (2,5/ jours), par exemple, sont mis en place sans se soucier des problématiques de suivi des élèves qui ne seront pas en classe (organisation du télé-enseignement…). Par ailleurs, nous ne savons pas si toutes les garanties sanitaires seront réellement respectées. C’est pourquoi nous condamnons ce mode de fonctionnement. La CGT se tiendra évidemment aux côtés de tous les personnels, à Cherbourg comme ailleurs, décidant de se protéger, de protéger les élèves, notamment par le droit de retrait.


Fait à Cherbourg en Cotentin,

le 10 mai 2020



jeudi 7 mai 2020

Communiqué de presse : Déconfinement !


Face aux incohérences du gouvernement et aux pressions hiérarchiques,

les personnels doivent s'organiser collectivement

Le Président de la République et le Premier ministre ont annoncé leur volonté d’imposer l’ouverture des écoles à partir du 11 mai, allant ainsi à l’encontre des avis de l’INSERM et du Conseil scientifique qui s’est exprimé le 16 avril, soit trois jours après l’annonce présidentielle.
Considérant que le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles ou les établissements scolaires et que les mesures barrières chez les plus jeunes seront difficiles à appliquer, les autorités sanitaires préconisent la fermeture de ces établissements jusqu’en septembre.
Si nous entendons que les avis scientifiques ne sont pas la seule base des décisions politiques, la CGT Educ’action considère qu’il est indispensable d’appliquer le principe de précaution afin de limiter les risques sanitaires encourus par les élèves et les personnels afin d’éviter une seconde vague.
Si nous comprenons la nécessité de travailler à un déconfinement, la volonté du pouvoir exécutif d’imposer une reprise rapide est une décision hasardeuse et dangereuse.  Si malheureusement cette ouverture prématurée des écoles provoquait une résurgence de l’épidémie de Covid 19 dans notre pays, ce gouvernement porterait une lourde responsabilité politique et morale. De plus, nous dénonçons l’existence et le maintien de l’État d’urgence sanitaire qui permettent notamment de restreindre la liberté de circuler, de tenir réunion et qui s’attaquent au droit du travail. Les libertés ne sont pas négociables et encore moins au nom de l’intérêt économique. La CGT Éduc’action a bien compris que la décision arbitraire de réouverture a pour unique objectif la relance économique et que les questions sociales ou de décrochage ne sont qu’un prétexte ministériel.
Pour parvenir à cette réouverture, le ministère a produit des protocoles sanitaires et une circulaire pédagogique moins d’une semaine avant le 11 mai. La CGT Éduc’action considère que ces consignes s’opposent fortement car comment croire qu’un travail pédagogique puisse se faire correctement dans les conditions sanitaires imposées. C’est leurrer les personnels, les élèves et les familles que de leur faire croire que l’École sera la même que celle d’avant mars. Ce travail dans l’urgence insécurise tout le monde. Il ne permettra ni une réflexion ni un travail de préparation intense ainsi qu’une adaptation des locaux et des modalités d’accueil (restauration, transports, entretien). Notre organisation estime surtout que cette méthode de travail exigée par l’administration isole une nouvelle fois les seul·les acteur·trices de terrain (collectivités, directeur·trices d’école, chef·fes d’établissement) et dédouane les autorités de leurs responsabilités.
La CGT Éduc’action considère que les conditions sanitaires et pédagogiques ne seront pas réunies pour une reprise le 11 mai. Elle estime qu’il est nécessaire de laisser du temps pour que les collègues se réunissent et travaillent à l’élaboration des conditions sanitaires, pédagogiques et matérielles, qu’ils·elles jugeront nécessaires à leur retour au travail. Cette action collective est indispensable afin d’éviter l’isolement des personnels qui pourraient subir des pressions hiérarchiques. La CGT Éduc’action mettra à disposition des collègues tous les outils nécessaires leur permettant de faire valoir collectivement leurs droits (droit d’alerte, droit de retrait, interpellation des CHS et préavis de grève) et elle les accompagnera dans leurs actions et défense.
Au-delà de cette question des conditions de reprise immédiate, la CGT Éduc’action continue de revendiquer des moyens supplémentaires permettant une meilleure rentrée sécurisée 2020 pour les personnels et les élèves. La crise que nous traversons montre combien les Services publics sont indispensables pour l’ensemble de la population et particulièrement les plus précaires. Notre organisation appelle à se mobiliser contre les attaques gouvernementales faites aux droits des salarié·es et qui se concentrent actuellement dans la loi d’Urgence sanitaire. Au-delà de la crise sanitaire, la CGT Éduc’action rappelle que nous avons l’obligation de combattre la crise sociale directement issue de la politique du gouvernement et du patronat. Dès maintenant et en septembre, défendons nos conditions de travail.
Montreuil, le 07 mai 2020

Droit d'alerte, Droit de retrait, Danger Grave et Imminent

Droit d'alerte, Droit de retrait,

Danger Grave et Imminent

Les modalités et leurs limites


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Communiqué de presse : AESH et 11 Mai : Flou total et danger !


AESH et 11 Mai : Flou total et danger !

Alors que la réouverture des Écoles annoncée par le Président Macron suscite incompréhension et craintes, la communication faite aux AESH par l’administration reste des plus floues ou inexistante et varie selon chaque académie voire établissement.
Dans nombre de départements, le mot “volontariat” est utilisé pour ce personnel, lui laissant croire que sa présence dans l’établissement se fera selon son bon vouloir. Pour les AESH dont les élèves ne seraient pas présent·es, on les informe qu’ils ou elles s’occuperont d’autres élèves non notifié·es ou de groupe d’élèves. La CGT Éduc’action craint que ces AESH, devant être au sein des établissements, finissent par accepter par pression des missions qui ne sont pas les leurs.
Pour les AESH parents d’enfants dont l’accueil est impossible, il leur est proposé de les emmener sur leur lieu de travail. Il semblerait que les enfants des personnels AESH soient aussi considéré·es comme prioritaires et prendraient la place d’autres enfants. La CGT Éduc’action s’étonne de cette proposition allant à l’encontre d’une volonté gouvernementale de relance de l’économie et dénonce les injonctions contradictoires envers ce personnel.
La CGT Éduc’action dénonce la fin de l’autorisation d’absence pour garde d’enfant en juin qui montre que le retour bénévole des enfants n’est qu’un simulacre et un non-respect de la crainte des parents face à la pandémie actuelle.
Les AESH sont dans une grande proximité avec leurs élèves, la distanciation ne peut se faire. Les nouveaux protocoles sanitaires préconisent juste un port du masque grand public pour l’agent·e sans se soucier des risques encourus par les contacts réciproques et la manipulation des objets dont les fauteuils roulants. Un masque type FFP2 serait le minimum ! Par ailleurs, des départements excluent les AESH des formations aux gestes barrière. La CGT Éduc’action dénonce une mise en danger de ce personnel !
Encore une fois, l’absence de clarté de communication pour ce personnel renforce abus et pressions des employeurs et montre le mépris de l’institution pour ce personnel oublié, perdu, craignant pour sa vie et celle de ses proches.
Les conditions sanitaires sont donc inacceptables et dangereuses pour les AESH dans le cadre de leurs missions d’accompagnement des élèves en situations de handicap. Les AESH doivent rester à leur domicile ! Dans le cas où ce personnel serait mis en danger, la CGT Éduc’action leur rappellera leur possibilité d’exercer leur droit de retrait et elle a déposé un préavis de grève au cas où ce droit de retrait serait contesté.
Montreuil, le 07 mai 2020

Déclaration intersyndicale au CTM : réouverture des écoles


 
Déclaration des organisations syndicales au CTM
Après le discours du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, nos organisations syndicales ne peuvent que constater, à ce jour, que la date d’ouverture de l’École et l’organisation de la reprise sont précipitées.
La reprise scolaire envisagée par le gouvernement repose sur le volontariat des familles ce qui contrevient aux objectifs du système scolaire. Beaucoup d’entre elles d’ailleurs subiront des pressions économiques qui les contraindront à envoyer leurs enfants à l’École.
Les annonces du Premier ministre d’une reprise avec un cadre insuffisamment préparé mettent les personnels en difficulté et insécurité et font peser sur les acteurs locaux une responsabilité qui n’est pas la leur.
Les réalités matérielles existantes (sanitaires, superficie des salles de classe et des locaux…), le nombre d’adultes effectivement présents (enseignants, AESH et ATSEM) et les équipements de protection réellement disponibles font que les conditions sanitaires d’une réouverture des écoles n’ont pas été apportées par le gouvernement pour une reprise à partir du 11 mai.
Notre priorité est d’abord la santé des élèves et des personnels et l’ouverture des écoles doit être conditionnée à des garanties indispensables.
Nos organisations demandent au président de la République et à son gouvernement de renoncer à l’imposer, elles s’opposeront à toutes tentatives de pression sur les personnels.
Paris, le 05 mai 2020

lundi 4 mai 2020

Titularisation des stagiaires



Titularisation des stagiaires

La crise sanitaire actuelle avec son lot d’incertitudes et d’angoisse n’épargne personne et interroge l’avenir proche ou lointain d’un très grand nombre d’entre nous. Parmi eux, les stagiaires de cette année en attente de la validation définitive de leur accès au rang de fonctionnaire.
Après la réussite au concours, cette année de stage est l’ultime étape à franchir avant la titularisation. Déjà très éprouvante en temps normal, la situation vécue par ces jeunes collègues a pris, cette année, un tour complètement inédit avec l’apparition du Covid-19.  
La mise en confinement et l’instauration du télétravail conduit les professeur.es stagiaires, comme toutes et tous les enseignant.es du pays, à mettre en place la continuité pédagogique pour leurs élèves.
Ils ou elles ont de fait vécu les mêmes contraintes et les mêmes difficultés pour poursuivre leur enseignement et garder le lien avec eux. À la différence de leurs ainé·es, leurs difficultés ont souvent été accrues en raison de leur précarité statutaire ou financière.
Depuis 6 semaines, ces collègues ont donc non seulement avec « les moyens du bord » fait face à leurs missions pédagogiques, mais ils ou elles ont également poursuivi leur formation à distance avec l’INSPE, comme l’exige leur statut de fonctionnaire-stagiaire.
Au terme d’une année déjà très éprouvante en temps normal, afin d’intégrer définitivement l’Éducation nationale, la règle voudrait qu’ils et elles passent sous les fourches caudines d’une inspection, encore que celle-ci n’est impérative que pour le corps des agrégés !
Le plan de déconfinement annoncé aujourd’hui, laisse un grand doute sur la reprise réelle de tous les élèves avant le mois de juin, de sorte que les visites d’inspection ne seront sans doute pas réalisables pour toutes et tous.
Nos collègues sont donc, dans l’angoisse, en attente de la décision ministérielle qui fixera leur sort. Pourtant, c’est tout au long de l’année qu’ils et elles ont fait la preuve de leurs capacités à exercer leur métier et celle de leur engagement. Le ministère envisagerait une prolongation de stage dans l’académie d’affectation obtenue au mouvement inter-académique. En dehors de situations particulières, rien ne saurait justifier qu’ils ou elles soient prolongé·es au-delà de l’année scolaire et dans l’obligation de voir leur attente durer jusqu’en décembre, pour cette ultime reconnaissance, même avec un effet rétroactif !
C’est pourquoi pour ne pas prolonger davantage l’extrême tension vécue par ces collègues, la CGT Éduc’action et la CGT FERC Sup demandent que le ministère se prononce rapidement et annonce la plus grande souplesse dans l’examen des dossiers par les jurys et une validation définitive massive avant les congés. Il serait incompréhensible que le taux de validation de stages en cette fin d’année scolaire soit moindre que d’habitude et que les stagiaires paient le prix d’une épidémie dont elles et ils ne sont pas responsables.
Montreuil, le 29 avril 2020