mercredi 6 novembre 2019

La CGT Éduc’action exige l’abandon définitif des épreuves communes de contrôle continu du deuxième trimestre de première



La CGT Éduc’action exige l’abandon définitif
des épreuves communes de contrôle continu
du deuxième trimestre de première

Le ministère de l’Éducation nationale persiste dans sa volonté de faire passer la première série d’épreuves communes de contrôle continu (E3C), dès le mois de janvier 2020 dans les classes de premières générales et technologiques.
Visiblement, le ministère se moque bien des inquiétudes légitimes des personnels qui doivent faire passer à leurs élèves une épreuve de baccalauréat dans une impréparation totale et sans avoir la moindre idée de ses modalités d’organisation puisqu’il renvoie, de fait, ces questions à l’autonomie des établissements.
Voilà une preuve supplémentaire que cette réforme n’est qu’une construction idéologique qui ne tient aucun compte des avis des personnels et de l’avenir des élèves.
La CGT Éduc’action rappelle son opposition totale aux réformes du baccalauréat et du lycée général et technologique. Ces réformes sont construites pour permettre la sélection à l’entrée de l’université et entérinent le tri social des élèves. Ce tri est amplifié par l’introduction du contrôle continu dans l’examen du baccalauréat qui perd ainsi son caractère national.
Les E3C participent de cette attaque contre le cadre national du diplôme, aux établissements le choix des sujets parmi une banque nationale et les modalités d’organisation des épreuves.
De plus, ils transforment, contre toute logique pédagogique, le cycle terminal du lycée général et technologique en machine à évaluer perpétuelle qui aggrave les conditions d’étude des élèves et augmente considérablement la charge de travail des personnels. À ce titre, la tenue des E3C du deuxième trimestre de première est inacceptable.
La CGT Éduc’action continue de lutter contre les réformes Blanquer dont elle revendique l’abrogation.
Dans l’immédiat, elle exige le retrait définitif de la première série d’E3C du deuxième trimestre de première.
D’ores et déjà, elle appelle les personnels à se réunir dans les établissements concernés pour débattre de la tenue de ces E3C.
Montreuil, le 16 octobre 2019

lundi 14 octobre 2019

Rentrée intolérable : les AESH ne veulent plus subir et s’organisent !


Rentrée intolérable :
les AESH ne veulent plus subir
et s’organisent !

Le ministre Blanquer annonçait une rentrée 2019 “sous le signe de la maturité et de la réussite” en ce qui concerne la scolarisation des élèves en situation de handicap et leurs Accompagnant.es d’Élèves en Situation de Handicap (AESH). En réalité, beaucoup d’AESH se retrouvent aujourd’hui sans salaire, sans contrat, avec des acomptes indécents, une attente insupportable de leurs documents administratifs et des services de gestion souvent injoignables ou débordés.
Alors que la nouvelle circulaire devait un peu reconnaître leur travail invisible, les rectorats cherchent à l’occasion de son application à revenir sur des droits acquis (pause, récréation, …) ou ont une fausse interprétation de celle-ci, visant à augmenter le temps de travail des AESH sans augmenter leur salaire. Dans le même temps, la mise en place des Pials aggrave les retards administratifs. Avec la poursuite de la mutualisation forcenée des moyens AESH pour gérer le manque de recrutements, les conditions de travail des AESH se dégradent de plus en plus.
Cette situation est le résultat d’une politique ministérielle qui maintient les AESH dans une précarité maximale depuis des années.
Ces situations, ce traitement indigne, les AESH ne l’acceptent plus. Depuis la rentrée, un peu partout en France, les AESH s’organisent et se mobilisent. Accompagnées par la CGT Éduc’action ou en intersyndicale, des audiences, des interpellations des médiateurs et rectorats ont été faites, des rassemblements organisés, comme à Amiens, Dijon, Paris, Orléans, Versailles, Créteil, Toulouse, Aix-Marseille et Montpellier... À partir du 3 octobre, à l’EREA d’Eysines dans l’académie de Bordeaux, la dégradation de leurs conditions de travail a amené les AESH à entrer en grève reconductible. Un rassemblement le 9 octobre a permis d’élargir leur mobilisation dans l’académie. Mercredi 9 octobre, à Rouen, les AESH se rassemblaient au rectorat et déposaient une alerte sociale sur leur situation. Cela suivait d’autres mobilisations dans d’autres localités de l'académie. Jeudi 10 octobre, ils étaient nombreux·ses à être en grève dans l’académie de Lyon pour dénoncer les conditions de rentrée inacceptables et pour les revendications des AESH. Ce ne sont que quelques exemples des actions et mobilisations qui se développent sur le territoire.
La CGT Éduc’action soutient ces actions et mobilisations et appelle à les développer dans toutes les académies et départements pour gagner le respect des droits des AESH, avec une véritable augmentation de salaire et un statut de fonctionnaire.
À l’initiative de la CGT Éduc’action une intersyndicale nationale se réunit dans les prochains jours.
Montreuil, le 11 octobre 2019

Pourquoi la CGT Éduc’action refuse de participer aux comités de suivi des réformes


Pourquoi la CGT Éduc’action

refuse de participer

aux comités de suivi des réformes

Les personnels du ministère de l’Éducation se sont mobilisés tout au long de l’année scolaire 2018/2019 contre des réformes qui façonnent notre école en accentuant le tri social et qui génèrent une perte de sens de nos métiers.
La CGT Éduc’action a pris ses responsabilités en appelant nos collègues à se mobiliser contre la réforme de la voie professionnelle, puis contre la réforme du lycée.
Au mois de décembre plusieurs centaines de lycées ont été bloqués et s’en ai suivi une répression policière disproportionnée contre nos élèves.
Au printemps 2019, le rejet de la loi « pour une école de la confiance » a généré une lutte dont l’ampleur considérable, en particulier dans le premier degré contre notamment la création des EPSF, a forcé le ministre à renoncer, à la mise en place d’un tel dispositif, au moins temporairement.
Au mois de juin les personnels des lycées et des lycées professionnels ont mené une mobilisation exceptionnelle contre les réformes Blanquer, qui a abouti à des appels à la grève de l’intersyndicale du second degré pendant les corrections du bac.
Les menaces disciplinaires et financières du ministre ont même attisé la colère de beaucoup de nos collègues.
Ce mouvement a été suffisamment fort pour perturber de façon significative la session 2019.
Depuis la rentrée, le ministre tente de communiquer sur sa volonté de renouer le dialogue avec les personnels et avec leurs organisations syndicales, mais cela ne s’est traduit pour l’instant, par aucune inflexion de sa politique.
La mise en place de comités de suivi pour assurer le déploiement de réformes que nous combattons, conduirait paradoxalement les organisations syndicales à participer à la mise en œuvre de réformes dont elles demandent l’abrogation.
Les missions définies par le ministre sont à ce titre explicite puisqu’il s’agit « d’observer l’effectivité et la qualité du déploiement » des réformes et « d’identifier les bonnes pratiques… »
La CGT Éduc’action s’est prononcée sans ambiguïté contre toute participation à un processus qui ne peut être qu’une opération de communication du ministre, alors qu’il refuse depuis le début toute réelle concertation et que son seul recul sur les EPSF ne s’est fait qu’en raison du rapport de force imposé par les personnels.
Face à une offensive sans précédent contre le statut général des fonctionnaires et contre notre système de retraite qui conduirait à l’arbitraire dans la gestion des carrières des personnels, abaisserait drastiquement leurs retraites et changerait la nature même de nos services publics, la CGT Éduc’action considère que la gravité de la situation doit nous conduire à construire un rapport de force à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.
Montreuil, le 2 octobre 2019
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Texte intersyndical lu au CTM à la mémoire de Christine RENON

Elle s’appelait Christine Renon, elle avait 58 ans était directrice d'école à Pantin, et aimait son travail.
Elle s’appelait Christine Renon, elle avait 58 ans était directrice d'école à Pantin, et aimait son travail. La FSU, l’UNSA-Education, le Sgen-CFDT, la CGT et Solidaires demandent des actes forts, des décisions rapides et concrètes non seulement pour la direction d’école et pour le premier degré, mais aussi pour tous les personnels :
  • directeurs et directrices ont besoin de temps pour assurer leurs missions auprès du public et de l’équipe dans les écoles, il faut davantage de décharge de direction, un remplacement effectif des directeurs et directrices sans décharge pour que les jours de direction ne soient plus un leurre, il faut limiter drastiquement les sollicitations faites aux directeurs et directrices pour que cesse la taylorisation de leur travail ;
  • es sont expert.es de leurs métiers, il faut sortir d’un pilotage injonctif ;
  • les remplacements doivent être assurés ;
  • des postes doivent être créés et pourvus par des titulaires pour que l’intensification du travail cesse et que le travail reprenne sens pour toutes et tous ;
  • une réelle médecine du travail et de prévention doit se déployer ;
  • l’analyse des suicides déjà réclamée collectivement en CHS-CT MEN doit enfin voir le jour : l’analyse de la prévalence des suicides et des congés maladies au prisme des conditions de travail doit servir à construire une réelle politique de prévention des risques psychosociaux pour tous les personnels.
Monsieur le ministre, Monsieur le DGRH, Madame la secrétaire générale, nous attendons, les personnels attendent des décisions à la hauteur des enjeux afin que la confiance n’apparaisse pas comme un vain mot. Nous souhaitons aussi vous remettre le texte intersyndical élaboré par les militantes et militants de Seine-Saint-Denis.
Montreuil, le 3 octobre 2019
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mardi 1 octobre 2019

« Plus jamais ça ! » (suicide de Christine Renon)

 

« Plus jamais ça ! »

Le geste désespéré de Christine le samedi 21 septembre, directrice de l’école Méhul à Pantin, bouleverse toute notre profession.
Par un courrier adressé à quelques personnes, notre collègue décrit le difficile exercice de son métier d’enseignante et de sa fonction de directrice. Elle y explique l’impossibilité de faire face, au quotidien, à l’ensemble de ses responsabilités malgré son profond attachement à sa mission, ses élèves et leurs familles comme à ses collègues. Sa lettre explique comment cette impossibilité de faire face a conduit à son épuisement puis à l’irréparable pour mettre un terme à sa souffrance devenue insupportable.
Avec les organisations syndicales SNUipp-FSU, SE-Unsa, Sgen-CFDT, CGT-Educ’action, Sud-Education, en signant cette pétition, j’exprime ma plus vive émotion et mon soutien aux proches de Christine ainsi qu’à ses collègues, aux élèves et aux familles de son école, et exige qu’un chantier portant sur les conditions d’exercices de nos métiers à l’Education Nationale soit ouvert en urgence afin d’obtenir des mesures concrètes d’amélioration de nos conditions de travail.
Cette signature s’ajoute à l’expression de mon émotion et de mon soutien jeudi 3 octobre, jour des obsèques de Christine Renon, par une marque personnelle ou collective de deuil, un moment de recueillement dans mon école avec l’ensemble de mes collègues, les autres personnels de l’école, les parents d’élèves, les élu.es …ou dans le cadre des initiatives prises dans les départements (rassemblements, interpellations, grève...).
Par cette signature je réclame une toute autre qualité de vie au travail et je refuse que le travail engendre des situations de soufrance au quotidien, notamment par des demandes, des prescriptions et autres injonctions, le plus souvent dans l’urgence qui font perdre le sens de nos métiers. Un tel drame ne doit plus se reproduire.

dimanche 29 septembre 2019

Seine-Maritime - Incendie à Lubrizol : Panique au rectorat et à la DSDEN ? (communiqué CGT éduc'action 76)



Vers 3h du matin des explosions ont eu lieu à l’usine Lubrizol à Petit-Quevilly dans l’agglomération de Rouen. Alors que l’ensemble des médias relayait, dès 7h du matin, les informations de la Préfecture qui imposait un confinement dans une zone de 500m autour du site, la fermeture des écoles, collèges et lycées dans certaines communes de l’agglomération, les informations envoyées aux écoles et établissements concernés étaient parcellaires voire même inexistantes, dans tous les cas à géométrie variable. Les Professeurs des Écoles ont eu des informations différentes selon les circonscriptions. Dans certaines municipalités, il a été donné comme consigne aux familles et aux agents territoriaux de ne pas se rendre dans les écoles, des collègues n’ont pu se rendre sur leur lieu de travail… Ce n’est qu’à 9h que des directeurs et directrices d’écoles ont reçu, par sms, l’information d’accueillir les élèves et de les confiner, soit 30 à 40 minutes après l’ouverture des écoles ! Dans les collèges et les lycées, la gestion de la crise n’a pas été meilleure. Les informations sont arrivées très tardivement et dans certains cas les personnels n’en ont reçu aucune. Et les consignes ont été très variables : établissements fermés la plupart du temps, confinement dans d’autres. Devant ces situations, la CGT Educ’action 76 a demandé aux services académiques de faire rapidement un recensement des personnels présents sur leur lieu de travail, pour qu’ils puissent être rassurés autant que possible et qu’on leur donne enfin des consignes claires.
Des collègues qui se sont rendus dans les écoles et les établissements souffrent d’irritations et de malaises. Interrogés par la CGT Educ’action 76, les services de la DSDEN répondent qu’ils peuvent appeler le 15. Pour la CGT Educ’action 76, nous sommes conscients que cet accident d’une telle ampleur est exceptionnel. Toutefois, si depuis dix ans, des exercices obligatoires sont effectués dans le cadre des Plan de Premières Mise en Sécurité (PPMS) en cas de dangers sur le temps scolaires, nous constatons qu’il y a urgence à améliorer la communication en cas d’accident avant le temps scolaire, Surtout dans une zone aussi risquée que celle de l’agglomération rouennaise qui compte plusieurs usines classées SEVESO.
La CGT Educ’action 76 soutiendra l’ensemble des collègues quelle que soit la décision qu’ils ont prise en l’absence de toute consigne claire. Elle sera vigilante à ce qu’aucune sanction ne soit prise contre eux. Elle recense l’ensemble des situations et demandera une audience tant à la DSDEN qu’au Rectorat et saisira le CHSCT pour faire le bilan de la situation et faire reconnaître la responsabilité du Rectorat en cas de soucis de santé qui découleraient de cet incendie.
Rouen, le 26 septembre 2019

Suicide de notre collègue à Pantin. Dans l’Éducation, comme ailleurs, le travail ne doit plus tuer.


  
Suicide de notre collègue à Pantin.
Dans l’Éducation, comme ailleurs,
le travail ne doit plus tuer.

C’est avec une profonde tristesse que la CGT Éduc’action a appris le décès d’une collègue directrice d’école de Pantin qui a mis fin à ses jours sur son lieu de travail le 21 septembre dernier.
Notre organisation tient avant tout à adresser ses plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses collègues.
Mettre fin à ses jours n’est jamais anodin et ces terribles événements, comme ce fut le cas déjà pour le collègue des Bouches du Rhône en juin dernier, touchent l’ensemble de la communauté éducative. Notre collègue avait pris soin d’adresser un long courrier à ses collègues afin d’expliquer son geste désespéré. Par ce courrier, largement diffusé depuis plusieurs heures, notre collègue souhaite dénoncer largement notre Institution sur ce qui use les personnels et les pousse trop souvent à commettre l’irréparable.
Le constat porté par cette enseignante est sans appel et reflète parfaitement le sentiment de très nombreux-ses collègues : un métier et des missions largement vidés de leur sens, une accumulation excessive des tâches, des attentes-exigences administratives et hiérarchiques qui nient l’humain et le lien social… La longueur de la liste des reproches suffit à comprendre pourquoi les collègues craquent.
Face à de tels actes tragiques, la CGT Éduc’action dénonce le silence du ministère de l’Éducation nationale ou sa volonté de minimiser leurs origines et leur portée. Il n’est jamais anodin qu’un personnel mette fin à ses jours sur son lieu de travail. Cela indique clairement une souffrance au travail que l’Institution doit entendre et prendre en compte. Concernant le suicide de notre collègue, nous estimons que les réponses des autorités académiques de Seine Saint Denis ne sont pas à la hauteur. L’intersyndicale du 93 a demandé à ce qu’un CHSCT exceptionnel soit convoqué et nous soutenons son appel à la grève et la mobilisation le jour de ce CHSCT.
La CGT dénonce une politique gouvernementale qui, avec la quasi disparition des CHSCT inscrite dans la loi Fonction publique, vise à réduire les lieux et les moments où la question de la santé au travail est traitée. Plus que jamais, il est temps de développer la médecine préventive dans l’Education nationale et de mettre fin aux pressions (visibles et invisibles) que subissent les personnels.
La CGT Éduc’action demande au ministre de prendre en considération de tels gestes qui révèlent une violence institutionnelle. Elle demande des mesures d’urgence et un changement profond de politique afin que tous les collègues retrouvent du sens à leur métier et n’aient plus peur de l’exercer.
Montreuil, le 27 septembre 2019
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