mardi 5 décembre 2023

Le choc des savoirs ne tient pas le choc de la réalité du système scolaire !

Communiqué de presse

Après six petites semaines de travail de la mission « exigence des savoirs », Gabriel Attal annonce une série de mesures, visiblement décidées bien en amont du « travail » de la mission et modifiant en profondeur l’ensemble du système, de la maternelle au lycée et qui devraient être mises en œuvre, à marche forcée, à partir de la prochaine rentrée.

Un « choc des savoirs » à marche forcée

Premier constat, malgré les alertes de la CGT Éduc’action mais aussi de l’ensemble des organisations syndicales représentatives, Gabriel Attal, comme ses deux prédécesseurs, ne tient aucun compte de l’épuisement des personnels soumis à un feu roulant de réformes et d’annonces, très souvent déconnectées de leurs réalités quotidiennes et de ce que le système éducatif est en capacité de mettre en œuvre.

Deuxième constat, Gabriel Attal prolonge de façon radicale la politique réactionnaire menée depuis 6 ans. Or cette politique éducative réactionnaire n’a absolument pas démontré son bienfondé, si on s’en tient aux résultats des études PISA sur lesquelles, pourtant, elle se basait…

Troisième constat, malgré le discours de façade sur une politique basée sur l’expertise des enseignant·es, c’est bien une nouvelle étape de destruction de leur liberté pédagogique qui est en marche.

Quatrième constat, la démagogie, basée sur le soi-disant « bon sens », est le meilleur outil pour cacher l’inanité d’une politique.

Redoublement, DNB, groupes de niveau : un retour en arrière inacceptable

Alors que le taux d’encadrement des élèves français·es est un des pires de l’OCDE, ces annonces prétendent pallier les difficultés scolaires (qui sont pourtant corrélées en partie à ce taux d’encadrement) avec une arme secrète et soi-disant « innovante » : le redoublement.

D’une part, aucune étude sérieuse ne permet d’affirmer aujoud’hui que les systèmes qui le pratiquent sont plus efficaces que ceux qui ne le pratiquent pas, c’est même plutôt le contraire ! D’autre part, on aimerait bien comprendre comment le recours au redoublement sera financé alors que le ministère continue de supprimer des postes et que les concours ne font pas le plein.

À ce titre, l’annonce de la transformation du DNB en examen d’entrée au lycée, assorti d’une année de purgatoire en cas d’échec, est un retour en arrière de 50 ans, renoncement assumé de toute ambition de démocratie scolaire.

Quant aux groupes de niveaux en français et maths au collège, ils sont stigmatisants, inefficaces pour les élèves en difficulté. On peine à en voir la faisabilité en termes d’emploi du temps et de moyens. En effet, les annonces tendent à penser qu’il faudra augmenter le volume horaire par élève dans ces deux disciplines (au détriment des autres ?) alors que ce sont deux disciplines qui manquent de candidat∙es aux concours.

Labellisation : un nouveau recul de la liberté pédagogique

Dans le premier degré, la remise en cause de la liberté pédagogique, assortie des habituelle marottes scientistes, atteint son paroxysme avec la labellisation, dont on devine l’orientation « neuroscientiste », des manuels et la mention du nombre précis de mots à faire lire par jour et par semaine.

Enfin, une bonne partie des annonces sont très floues et méritent des explications (comme les moyens dédiés aux groupes de niveaux, les modalités des « prépas lycées », le contenu d’une épreuve anticipée de maths et ou sciences en première et son lien avec le maintien de l’enseignement scientifique en terminale). Elles sont mêmes pour certaines carrément comme l’utilisation de l’IA comme supplétif de l’enseignement.

La CGT Éduc’action dénonce la méthode comme la philosophie générale des annonces de Gabriel Attal.

Elles ne font que renforcer l’École du tri social, jusqu’au sein des classes avec l’imposition de groupes de niveaux au seul bénéfice des élèves au capital culturel élevé.

Ce dont les élèves en difficulté ont besoin, ce n’est pas de méthodes simplistes ni de retour à l’École fantasmée des années soixante mais d’une pédagogie émancipatrice, librement mise en œuvre par leurs enseignant·es, en nombre suffisant pour réduire drastiquement les effectifs par classe.

Montreuil, le 5 decembre 2023

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dimanche 3 décembre 2023

12 Décembre : les dernières informations pour construire la grève

L’intersyndicale suite à la commission spéciale lycée (CSL) a diffusé un communiqué de presse que vous retrouverez ci-contre.
Et toujours d’actualité, l’appel intersyndical à la grève du 12 décembre.

 

En cliquant sur les vignettes, vous pourrez aussi téléchargez notre tract actualisé à l’aide des dernières informations recueillies dans les instances.

  
 

La CGT Éduc’action appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser autour de la voie pro le 12 décembre.

  
 

Retrouver tous nos diaporamas et nos visuels eu cliquant sur l’affiche ci contre

Acte II de l’école inclusive : des contours inquiétants

Si le ministère de l’Éducation nationale a relancé un cycle de concertation autour de l’École inclusive, il est évident qu’il n’a retenu aucune des revendications et propositions syndicales. Pire, les grandes lignes de son projet (Acte II de l’École inclusive) sont adoptées dans le projet de loi de Finances 2024 avec comme mesure phare, la mise en place des PAS (Pôle d’Appui à la Scolarité). Le ministère en prévoit 100 pour la rentrée 2024 et 3000 d’ici 2027.

Cet Acte II confirme la volonté du ministère de maintenir l’amalgame entre traitement du handicap et traitement de la difficulté scolaire tout en renforçant la collaboration dangereuse entre Éducation nationale et secteur médico-social libéral. Ces contours, que la CGT Éduc’action dénonce, ont bien pour objectifs une « optimisation » des ressources et non un bien-être des élèves ou une qualité de travail des personnels.

Le Pôle d’Appui à la Scolarité ?

Dans ce cadre, le PAS se substituerait au PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement à la Scolarité) intégrant l’ensemble des élèves à besoins éducatifs particuliers (comme les allophones ou ceux issus des familles du voyage). Il serait constitué d’un personnel de l’Éducation nationale dont on ne connait ni le profil ni les moyens de recrutement (créations ? moyens constants) et de deux professionnels du médico-social pour apporter des réponses dîtes de premier niveau : renfort ponctuel dans la classe, accompagnement des familles, conseils…. Il est affirmé que la MDPH (Maison du handicap) pourra être saisie si cela s’avère nécessaire.

PAS, modalités d’accompagnement par les AESH et ouverture au privé libéral, il y a danger.

Si désormais ce sera au PAS de déterminer « les modalités de mise en œuvre et organise son exécution (aide humaine) » et « la quotité horaire de cet accompagnement. » des notifications MDPH, c’est bien le ministère qui gardera la main sur les moyens humains mis à disposition. Il est à craindre qu’il ne continue à raisonner qu’à moyens constants et selon le « vivier disponible » d’AESH, le tout au détriment des besoins d‘accompagnement des élèves notifié·es.

Le co-pilotage Éducation nationale et secteur médico-social (associatif, lucratif ou du libéral) se ferait par un financement public. La porte, déjà entre-ouverte pour des AESH privé·es (embauché·es directement par les familles) s’ouvre de manière plus officielle puisque inscrite dans le texte. Par ces mesures, le ministère se désengage (de façon organisationnelle et financière) encore un peu plus et accentue le parcours du combattant auquel sont confrontées les familles. C’est, une nouvelle fois, un élément supplémentaire de discrimination puisque ce sont les élèves et les familles les plus difficultés qui seront pénalisée·es.

Silence…

Preuve de ce désengagement, nous n’avons RIEN sur la formation des enseignant·es et des AESH, sur une nécessaire réforme de la formation de l’enseignement spécialisé et d’un plan de départ en formation des personnels, sur la place des RASED, sur les postes de SESSAD (services d’Éducation Soins à Domicile), sur les effectifs par classe, sur le temps de concertation nécessaire aux équipes, sur la prévention et la détection, sur le statut AESH et le temps complet à 24H en présence élève… La liste est longue !

Pour la CGT Éduc’action, le ministère doit déclencher un plan d’urgence pour l’École permettant à chaque élève d’être scolarisé·e dans de bonnes conditions. Les lignes qui se dessinent pour l’École inclusive ne prennent définitivement pas la bonne direction.

Montreuil, le 30 novembre 2023.

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Réforme des LP, le dialogue social à la sauce Grandjean/Attal

Mercredi 29 novembre, la commission spécialisée lycée du conseil supérieur de l’Éducation examinait le projet de réforme des lycées professionnels.

Face aux imprécisions et l’absence de réponse de l’administration sur une réforme dont l’impact sera majeur sur l’avenir des LP, de leurs élèves et personnels, les organisations syndicales, présentes à cette CSL, ont exigé d’être reçues par le cabinet du ministre Gabriel Attal en intersyndicale et n’ont obtenu aucune réponse à cette demande.

Ce même jour, à 18h30, la CGT Éduc’action devait être reçue par Gabriel Attal et Carole Grandjean au sujet de ce projet de réforme. Elle a donc demandé que cette audience, prévue à l’agenda des deux ministres, se tienne avec l’ensemble de l’intersyndicale.

Face au refus des deux ministres de recevoir l’intersyndicale, la CGT Éduc’action a fait le choix de ne pas se rendre à l’audience.

En effet, ce projet de réforme de la voie professionnelle est une attaque sans précédent contre le rôle émancipateur du lycée professionnel et de l’École dans son ensemble. En diminuant drastiquement les heures d’enseignement au profit des périodes de formation en entreprise et en limitant l’offre de formation aux seules exigences des bassins d’emploi, ce sont les élèves de LP, majoritairement issu·es des milieux populaires, qu’on abandonne à la seule logique de l’employabilité immédiate.

Le refus de recevoir l’intersyndicale est une marque de mépris du dialogue social, des organisations syndicales mais surtout des personnels et des élèves de LP.

Plus que jamais, la CGT Éduc’action appelle les personnels à se mobiliser massivement par la grève le 12 décembre pour la sauvegarde d’un lycée professionnel au service de l’émancipation des élèves.

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LA RÉFORME DES LYCÉES PRO EXPLIQUÉE À TOUTES ET TOUS…

UN ENJEU DE CLASSE ET DE SOCIÉTÉ

La voie professionnelle sous statut scolaire concerne 37% des élèves. Le LP concentre fortement des populations d’origineReforme-Bac-pro-et-Poursuites-detudes sociale défavorisée (57 % des élèves). Par conséquent, cette réforme va surtout impacter les jeunes issu∙es des milieux populaires.
Pour la CGT, la voie professionnelle doit « former l’Homme, le citoyen, le Travailleur », or la réforme Macron a pour seule boussole l’employabilité immédiate au détriment des autres missions (éducation, ouverture culturelle, culture professionnelle, citoyenneté…).

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Comment imposer un Bac pro en 2 ans …

Vendredi 24 novembre, le ministère organisait enfin, une réunion en multilatérale avec les organisations syndicales pour présenter le projet de réforme structurelle du bac pro. L’absence de la ministre est symptomatique de son refus de se confronter aux réalités des LP portées par les organisations syndicales représentatives des personnels.

Une fois de plus, c’est l’impréparation la plus complète et la volonté de mener cette réforme au pas de charge qui domine car il faut bien répondre, coûte que coûte, à la commande présidentielle. Au final, les élèves vont perdre 7 semaines de cours ! Auxquelles s’ajoute la perte de 8 semaines de la réforme Blanquer. Cette nouvelle réduction d’heures d’enseignement, notamment professionnel, conjuguée aux familles des Métiers permettent d’affirmer que le Bac pro 3 ans sera dorénavant un bac pro 2 ans !

En seconde et première, sous couvert de rendre obligatoire l’enseignement à effectifs réduits des savoirs dits fondamentaux (français et math), la réforme réussit le tour de passe-passe, de supprimer 4 semaines de cours. En fait, il s’agit de créer des groupes de niveaux dont on sait qu’ils sont inefficaces pour traiter la difficulté scolaire mais par contre qu’ils renforcent le tri et la sélection.

En terminale, les élèves, soumis à un calendrier démentiel, auront des épreuves anticipées à la mi-mai puis commenceront leurs 6 semaines de « parcours diversifiées » (départ en PFMP ou préparation des études supérieures). Les 6 semaines de stages supplémentaires du parcours différencié sont bien gratifiées. Les contraintes financières pèseront donc sur les choix des élèves ! La réforme augmentera le tri social dans la voie pro ! Les jeunes s’absenteront de la période de préparation ou de l’entreprise fin juin pour passer l’oral de chef d’œuvre et la PSE!

Sur l’organisation des 6 semaines de préparation à l’enseignement supérieur le ministère refuse de donner un cadrage national et donc de produire une grille horaire, jugeant cela « sclérosant ». Chaque établissement est renvoyé à son autonomie pour produire son propre projet (horaires, contenu…), à partir d’une note de service, de ressources, de préconisations…

Les craintes de la CGT sont confirmées. L’aménagement de l’année de terminale est bien un puissant levier d’annualisation. Il est annoncé que les Professeurs de LP signeront un état de service et auront un emploi du temps pour la première partie de l’année, puis, à partir de mi-mai subiront une modification de celui-ci

Ce n’est ni l’intérêt des élèves ni celui des personnels qui conduit cette réforme.

Pour stopper ce démantèlement organisé et contre cette dégradation de nos conditions de travail, la CGT Éduc’action appelle l’ensemble des personnels à se mettre en grève le mardi 12 décembre pour exiger le retrait de cette réforme réactionnaire.

Montreuil, le 27 novembre 2023

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jeudi 30 novembre 2023

Les évaluations d’école, c’est toujours NON

Communiqué intersyndical

À l’initiative du Conseil d’Évaluation de l’École, instance créée par la loi « pour une École de la confiance », les autorités académiques imposent aux personnels les évaluations d’école, composées d’une auto- évaluation que doivent mettre en œuvre les équipes, et d’une « évaluation externe », qui peut parfois s’apparenter à un véritable audit, menée par des groupes d’évaluateurs constitués par les DSDEN.

Au moment où les conditions de travail sont dégradées comme jamais et principalement par le manque de personnels, notamment dans le remplacement, dans les RASED ou dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap, et alors que le ministre prévoit 1709 nouvelles suppressions de postes d’enseignantes et enseignants du 1er degré à la rentrée 2024, comment peut-on demander aux personnels de « s’auto- évaluer » ?

Les évaluations d’école tendent à rendre les équipes seules responsables des difficultés de fonctionnement des écoles, alors que les ministres successifs et leur politique d’austérité en sont en réalité à l’origine.

Les personnels n’ont pas besoin d’auto-évaluations chronophages pouvant conduire à une mise en concurrence des écoles et des personnels. Les collègues vivent cette injonction à mettre en place ces évaluations comme une pression permanente dans le cadre du « tout évaluation » voulu par le ministère. Ce ne sont pas d’évaluations d’école dont les personnels ont besoin, mais bien de créations de postes à hauteur des besoins et de temps pour pouvoir travailler collectivement dans le cadre de la liberté pédagogique !

Les évaluations d’école sont ainsi perçues par les personnels ayant été contraints de les mettre en œuvre (souvent sous les pressions hiérarchiques) au mieux comme inutiles, infantilisantes et chronophages, au pire comme maltraitantes.

Les personnels n’acceptent pas la mise en place de ces évaluations et dans certains départements ils résistent, le plus souvent dans un cadre intersyndical (motion d’école ou de réunions syndicales, audiences, courriers…).

Ces mobilisations peuvent permettre d’éviter les pressions, voire de ne pas être contraints d’entrer dans le dispositif. Nos organisations syndicales appellent donc les personnels à développer et amplifier ces actions.

Il est grand temps que le ministère laisse les collègues travailler sereinement !

Ainsi, les organisations syndicales FSU-SNUipp, SNUDI-FO, CGT Educ’action, SUD éducation et SNALC continuent à exiger l’abandon des évaluations d’école, la fin des pressions hiérarchiques et des menaces de sanctions visant les équipes et les personnels s’y opposant ou refusant d’entrer dans un tel dispositif.

Elles invitent les collègues à continuer de résister aux pressions visant à tenter d’imposer ces évaluations d’école et à organiser collectivement la résistance, dans un cadre intersyndical. Elles continuent également de soutenir et d’accompagner les équipes qui subissent des pressions. Nos organisations syndicales ont ainsi décidé de demander audience en commun auprès du ministre pour porter ces exigences et nos revendications sur ces questions.

Télécharger le communiqué inter-syndical

Télécharger le courrier intersyndical au ministre de l’Education nationale