mercredi 15 décembre 2021

Courrier intersyndical 1er degré adressé au 1er ministre Jean CASTEX

 

 

 

Courrier intersyndical 1er degré adressé au 1er ministre Jean CASTEX 

 

Monsieur le Premier ministre,

Alors que le pays est confronté à la 5ème vague de COVID19 et que les écoles contribuent fortement à cette reprise épidémique, vous avez annoncé des mesures qui n’en sont pas vraiment, nous inquiètent et génèrent une importante désorganisation dans les écoles. Nous estimons que le passage du niveau 2 au niveau 3 du protocole sanitaire n’aura qu’un effet limité sur la circulation du virus dans les écoles, ces mesures sont trop faibles au regard de la contamination installée avec des taux d’incidence chez les 6-10 ans jamais atteints auparavant et deux fois plus importants que l’ensemble de la population. Or, depuis le 29 novembre, lorsqu’un élève est signalé positif dans une classe, seul·es les élèves non testé·es négatifs sont isolés et la classe reste ouverte jusqu’à ce que 3 cas positifs soient découverts dans les 7 jours. Cette mesure ne prend pas en compte le temps d’incubation, la gestion efficace des tests sur 7 jours ni la gestion des cas extrascolaires.

Par ailleurs, cette gestion quotidienne des cas positifs dans les écoles devient extrêmement compliquée, voire impossible, pour les équipes pédagogiques, et singulièrement en leur sein les directeurs et directrices, qui doivent réagir à tout moment quand des cas positifs leur sont signalés. Cela génère des tensions. Plus globalement, la  communauté éducative se heurte à de lourdes difficultés : parents d’élèves qui ne trouvent pas de créneau pour faire un test, délais très longs des laboratoires pour faire les tests dans les écoles mais aussi incompréhension des familles, gestion pédagogique très compliquée avec des retours au compte-goutte en classe. Enfin les enseignantes et
les enseignants se retrouvent dans l’impossibilité d’assurer simultanément l’enseignement en présentiel et en distanciel comme il leur est demandé.

 

Malgré le changement de niveau du protocole, nous estimons que votre gouvernement n’a toujours pas pris la complète mesure des enjeux de la prévention dans les écoles pour briser les chaînes de contamination. Par ailleurs, les équipes pédagogiques sont épuisées et votre gouvernement ne leur assure pas des conditions de travail afin qu’elles puissent assurer pleinement leur mission d'éducation.

Nous vous demandons solennellement de prendre en urgence toutes les mesures nécessaires pour endiguer l'épidémie au sein des écoles, garantir la santé des élèves, des personnels et des familles, et installer des modalités de gestion de la situation qui permettent à l’école et à ses personnels de tenir.

Sur un temps plus long, et afin que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets d’ici quelques semaines lors d’une prochaine vague épidémique, vous devez également acter un plan d'investissement exceptionnel dans les écoles. Un tel plan, que nous demandons depuis plus d'un an, devrait améliorer l’aération mécanique des locaux scolaires et doter les écoles en personnels statutaires suffisants, enseignants et non enseignants, pour abaisser les effectifs et pourvoir aux remplacements et permette de sortir les personnels de la situation délétère de surcharge de travail induite par la pandémie.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de notre très haute considération. 

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Loi 3DS ou loi 4D C’est toujours : double autorité, désordre, dérive et destruction

 

 

 

Loi 3DS ou loi 4D


C’est toujours : double autorité, désordre, dérive et destruction


Par l’intermédiaire de deux amendements à la loi 3DS présentés le 6 décembre dernier, le gouvernement continue de vouloir imposer une autorité fonctionnelle des collectivités locales aux adjoint·es gestionnaires et ce malgré les oppositions répétées de la CGT Éduc’action. Cela est totalement inacceptable.

Depuis les premiers échanges sur ce projet, la CGT Éduc’action n’a jamais cessé de faire part de ses inquiétudes et de son opposition à un tel projet qui aboutirait de fait, à une décentralisation de la gestion des personnels ou une déstabilisation du fonctionnement des EPLE.

Cette double autorité poserait de grandes difficultés, accentuerait forcément la perte d’autonomie pour les adjoints∙es gestionnaires de catégorie A ou B qui ont des missions de conduite de projets et non d’exécution. Être à la fois sous l’autorité des collectivités tout en restant sous celle du·de la chef∙fe d’établissement serait une source permanente de conflits. Le fait d’être fonctionnaire d’État permet de maintenir une distance face aux injonctions des collectivités qui peuvent être intru-sives et mettre en péril la gestion des établissements.

Cette proposition repose uniquement sur la gestion matérielle et celle des personnels des collectivités alors que l’adjoint∙e gestionnaire au sein de l’EPLE est bien plus que cela. Il ou elle est sur tous les fronts : juridique, financier, comptable, matériel, gestion de tous les personnels, fonctionnement général de la sécurité, de l’hygiène, de l’organisation quotidienne, des voyages, de l’ensemble des projets pédagogiques, de la vie scolaire et autres domaines. Il ou elle est à la croisée de l’ensemble de la communauté éducative sur les compétences régaliennes de l’Éducation nationale qui relèvent exclusivement de l’État.

La CGT y est opposée, tout comme elle l’était face à la décentralisation subie en 2003. Les faits lui ont d’ailleurs donné raison : les TOS, les services de l’équipement ont moins de droits aujourd’hui qu’hier. Les statuts ont été considérablement vidé de leur substance et la progression de carrière est depuis pratiquement inexistante ; la catégorie B est quasi inaccessible aux ATEE, par exemple. Les mutations sont difficiles voire impossibles d’une collectivité à une autre car les recrutements s'y déroulent de façon différente.

La CGT Éduc’action s'oppose donc à tout transfert des adjoint∙es gestionnaires de l'État aux collectivités.
La CGT Éduc’action continuera également de combattre le désengagement constant de l’État et l’accroissement de la sous-traitance de missions du service public aux entreprises privées dans les EPLE. Dans l’immédiat, elle appelle tous les personnels à se réunir et se mobiliser pour s’opposer à cette proposition de loi néfaste pour leurs conditions de travail et leurs carrières.

Montreuil, le 9 décembre 2021

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Face à l’urgence sociale : Augmentez immédiatement les salaires et les pensions !

 

 

 

Face à l’urgence sociale:

Augmentez immédiatement les salaires et les pensions !

Le contexte social et économique ainsi que la hausse des prix de l’énergie, des carburants, des produits alimentaires, etc. ont remis au centre des préoccupations l’exigence de meilleurs salaires, pensions, allocations d’études et indemnités chômage.

Pour les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef et UNL, il est urgent d’augmenter tous les salaires, des travailleurs et travailleuses du privé comme du public, des jeunes, ainsi que les pensions des retraité-es.

Le gouvernement doit prendre la décision immédiate d’une augmentation significative du Smic dès le 1er janvier 2022.

L’augmentation du Smic n’est pas discutable, n’en déplaise au comité des experts du Smic qui depuis des années, trouvent de fausses raisons pour décourager tout coup de pouce salarial. Ce comité a fait la démonstration de son inefficacité partisane et a trop vécu. Les véritables expert-es du salaire et du travail ce sont les travailleurs et travailleuses et leurs représentant-es syndicaux, ce sont eux et elles qui doivent décider!

L’augmentation du SMIC doit conduire à relever les minimas de branches actuellement en dessous du salaire de base minimum. Dans le même temps elle doit conduire à favoriser la négociation de l’augmentation de l’ensemble des grilles de salaires dans les conventions collectives.

A l’heure où les personnels des services publics, de la santé, de l’école, les administrations et notamment les collectivités locales sont en première ligne et assurent des missions essentielles à l’ensemble de la population, il est urgent et indispensable de mettre en œuvre des mesures générales telle que l’augmentation du point d’indice pour augmenter lesrémunérations et engager rapidement le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat accumulées depuis plus de 10 ans.

Les retraité-es se sont fortement mobilisés jeudi 2 décembre, pour une augmentation immédiate de leur pension, retraite de base et retraite complémentaire, dont la dernière revalorisation a été plafonnée à un niveau très inférieur à l’inflation. Il est indispensable de les entendre maintenant !

Les jeunes en formation ou à la recherche d’un emploi connaissent une période de précarité de vie et de travail exponentielle, elle les plonge pour beaucoup dans une situation de pauvreté extrême.

Pour nos organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef et UNL, il est urgent de revaloriser les salaires des apprentis, d’imposer une rémunération obligatoire pour les jeunes en stage en entreprise, de payer les salaires en adéquation avec leur qualification et diplômes. Alors que plus d’un étudiant-e sur deux est obligé de travailler pour pouvoir étudier, il est essentiel d’aller vers un plan d’urgence pour la jeunesse favorisant leur autonomie. Dans ce contexte, une réponse immédiate consiste en l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans.

La patience n’est plus de mise, les salarié-es et les retraité-es se mobilisent partout dans leurs entreprises et services pour exiger un meilleur salaire de base, garant à la fois de leur niveau de vie au quotidien mais aussi de leur protection sociale, largement entamée par les exonérations sociales octroyées par le gouvernement aux employeurs.
Il est temps de prendre en compte ces mobilisations et de rétribuer le travail de ceux et celles qui produisent les richesses et assurent des missions d’utilité et cohésion  sociales.

Cela commence par, augmenter le Smic, le point d’indice dans la Fonction Publique, les pensions et allocations.

Communiqué du 8 décembre 2021

 

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Des personnels épuisés face à la gestion approximative de la crise sanitaire

 

 

 

Des personnels épuisés face à la gestion approximative de la crise sanitaire

 

Le premier ministre a annoncé ce lundi 6 décembre une évolution du protocole sanitaire dans les écoles et un passage au niveau 3 de celui-ci entrainant un retour du masque en extérieur, une limitation du brassage des élèves et des activités sportives. C’est donc la seconde fois en dix jours que le gouvernement change les règles sanitaires face à une reprise épidémique dans le pays. Si cette décision ne change pas profondément les choses dans la lutte sanitaire, elle indique une nouvelle fois les tâtonnements et les approximations dont font preuve le gouvernement et le ministère de l’Éducation nationale.

Pour l’heure, dans les écoles, on reste donc sur la règle du dépistage systématique sans fermeture systématique des classes dès le premier cas Covid rencontré. Cette procédure, extension de l’expérimentation menée dans dix départements depuis quelques mois, n’a pas montré son efficacité pour freiner la contamination mais « améliore » seulement les chiffres de fermetures de classes.

Si la CGT Éduc’action est favorable à des mesures permettant de garder le plus possible les classes ouvertes afin de maintenir le lien pédagogique, elle reste très dubitative face à ce protocole qui ne présente pas les meilleures garanties sur le plan sanitaire pour les élèves, les familles, mais aussi les personnels. Pire, cette procédure a de nombreux trous dans la raquette puisqu’elle ne prend pas en compte les cas avérés survenus dans la sphère privée ou extrascolaire et qu’elle laisse les familles se débrouiller avec les tests alors que les laboratoires sont actuellement débordés.

Elle génère surtout une nouvelle dégradation des conditions de travail des personnels enseignants qui se voient dans l’obligation de jongler dans la mise en place du protocole et le maintien des apprentissages dans des bonnes conditions. Pour la CGT Éduc’action, il est inacceptable que les équipes éducatives gèrent seules l’ensemble du dispositif qui suscite parfois des tensions avec les familles et entraine immanquablement une surcharge de travail et un stress supplémentaire. Pédagogiquement, elle est également très problématique et inégalitaire puisque les élèves reviennent au compte-goutte après les résultats de leur test. De plus, elle fait croire aux familles que les classes ne fermeront plus (ce qui est faux) et que les personnels pourraient assurer un enseignement mixte (distanciel/présentiel), ce qui est impossible et que nous refusons. Après 18 mois de gestion chaotique de la crise sanitaire, les personnels sont épuisés de ces changements incessants et approximatifs, mais aussi de pallier l’inconséquence de l’institution.

La CGT Éduc’action considère qu’il est urgent que le ministère de l’Éducation nationale entende ses revendications et celles des personnels pour travailler sereinement dans les écoles et établissements mais aussi pour améliorer les conditions d’accueil et de travail. Pour cela, il faut un plan d’urgence permettant de recruter immédiatement et massivement des personnels afin de généraliser les dédoublements ainsi que le remplacement des personnels absents pour éviter les brassages et améliorer le suivi de tous les élèves. Ces mesures concrètes seront indéniablement efficaces à court et moyen termes pour le bien-être au travail de tous les personnels et l’enseignement dispensé aux élèves. Il y a donc urgence à agir.

Montreuil, le 7 décembre 2021 

 

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