dimanche 23 novembre 2025

AESH : ACCOMPAGNER LES ÉLÈVES EN STAGE (droits et obligations)

 

Les effectifs des élèves en situation de handicap scolarisé·es en milieu ordinaire ont doublé entre 2006 et 2024, passant de 232400 à 563400 élèves (soit de 1,9 % à 4,7 % de l’ensemble des élèves). L’augmentation, fort logiquement, concerne surtout le 2nd degré (+463,7 %) et principalement les lycées professionnels où la hausse est la plus importante. Le nombre d’élèves en situation de handicap y a été multiplié par 11,4. « Cette hausse reflète en partie l’augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap dans le premier degré quelques années plus tôt, ces effectifs se répercutant ensuite dans le second degré » (note de la DEPP).

L’orientation vers la voie professionnelle s’apparente souvent à une orientation subie synonyme de négation du projet personnel et professionnel. Parfois cette orientation ne tient même pas compte du handicap-troubles créant ainsi des situations d’échec. Se conjugue à cela un accompagnement déficient caractérisé par un manque cruel d’AESH et par l’absence d’Ulis dans de nombreux lycées professionnels.

Des problèmes pédagogiques et de sécurité peuvent également se poser dans les ateliers faute d’un encadrement réel. Et que dire des PFMP dont on connait le caractère discriminatoire et qui restent pour ces élèves un impensé y compris pour les missions de l’AESH.

Téléchargez le tract ICI

AESH : je me syndique à la CGT Éduc’action

 

Alors que nos conditions de travail se dégradent (notamment avec la mutualisation à outrance), que nos salaires indiciaires décrochent et que les attaques contre nos conquis sociaux (retraites…) se multiplient, il est indispensable de renforcer le syndicalisme de lutte porté par la CGT Éduc’action. Pour gagner face à des politiques réactionnaires et inégalitaires, pour faire entendre la voix des AESH, renforçons et rejoignons la CGT Éduc’action.

Le projet de de la CGT Educ’action, les bonnes raisons de se syndiquer

mobilisé·es pour accompagner et régulariser les mineur·es non accompagné·es

 

Une politique migratoire qui intègre les idées d’extrême droite

En octobre dernier, l’alliance des droites avec le RN, de plus en plus assumée, s’est manifestée avec l’adoption d’une résolution lepéniste demandant la suppression de l’Accord franco-algérien ce qui fragiliserait le droit au séjour des ressortissant·es algérien·nes en France, parmi lesquel·les certain·es de nos élèves et collègues.

Dans ce contexte de surenchères xénophobes, la loi Darmanin, adoptée grâce à l’appui du RN se durcit à travers les décrets d’application. Avant de quitter la place Beauvau, Retailleau nous a infligé un arrêté sur l’« examen civique » pour l’accès à certaines cartes de séjour, qui s’ajoute aux exigences de maîtrise de la langue. S’ils∙elles devaient satisfaire à ces exigences, nombre de Français·es de naissance perdraient la nationalité ! Le renforcement d’une telle politique faisant « la chasse à l’étranger » a des répercussions directes sur une partie de nos élèves, mineur∙es non accompagné∙es. Ils·elles se retrouvent dans des situations fragiles et précaires, considéré·es comme des menaces pour le pays. Intolérable. C’est au mouvement social de montrer qu’il ne lâche rien dans la solidarité avec les travailleur·ses et familles immigré·es.

Télécharger le tract

jeudi 20 novembre 2025

Résultats des évaluations nationales : Une mauvaise note pour le ministère

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Marqueur indiscutable de la politique éducative Macron, les évaluations nationales 2025 ont rendu leur verdict ce jeudi 20 novembre. La présentation des résultats a de nouveau été l’occasion pour le ministère de s’engouffrer dans un vaste exercice de satisfecit peu à propos.

Si le ministère se félicite de certains progrès, la CGT Éduc’action n’a pas cette lecture optimiste des choses. Elle estime surtout que la « stabilité » des résultats atteste principalement de l’échec de la politique éducative en place depuis des années, notamment sous l’impulsion de JM. Blanquer et E.Geffray. Dans le 1er degré, ces résultats marquent l’échec patent d’une politique tournée quasi exclusivement vers les matières dites fondamentales (français et mathématiques) et des pratiques imposées comme la fluence (lecture rapide de mots). Si le ministère se félicite d’une amélioration dans ce champ de compétence évalué, il oublie de dire qu’il n’en est pas de même de la compréhension, pourtant indispensable lors de la lecture… Les « mauvais » résultats en 5ème attestent également de l’inutilité des groupes de niveaux instaurés par le Choc des savoirs.

La publication des résultats est l’occasion pour la CGT Éduc’action de rappeler que les évaluations nationales généralisées et standardisées sont inutiles et de demander à nouveau leur suppression. Nous rappelons que les personnels enseignants n’ont pas attendu ces épreuves pour évaluer régulièrement les élèves et ajuster leurs pratiques pédagogiques pour la réussite de tous et toutes. Elle dénonce également les conditions de passation et les pressions hiérarchiques subies par les personnels alors que la profession et les organisations syndicales s’y opposent depuis des années. Nous rappelons aussi que les résultats affichés sont souvent faussés puisqu’il n’est plus rare d’assister à des préparations à la passation afin que les écoles et établissements obtiennent les meilleurs résultats possibles. Si c’est une façon entendable d’éviter les comparaisons et la mise en concurrence, cela interroge sur la réelle portée statistique.

Enfin, la CGT Éduc’action rappelle son opposition au tout-évaluation imposé par le pouvoir macroniste dans l’Éducation, qui transforme notre système afin de tout contrôler et mettre en concurrence (les personnels et les élèves), de standardiser les pratiques professionnelles, mais aussi les rythmes d’apprentissage en niant les particularités des élèves.

Année après année, étude après étude, tous les marqueurs attestent de l’inefficacité des politiques éducatives menées en France depuis des décennies. Il y a donc urgence à y mettre fin et à porter un autre projet d’École.

Montreuil, le 20 novembre 2025

Télécharger le communiqué de presse

Fiches outils : les cahiers revendicatifs

 

Partir des besoins locaux pour construire les revendications et l’action

Revendiquer un autre budget qui ne sabre pas les Services publics et aille chercher les recettes là où elles sont (budget de la défense, impôts des plus riches, cadeaux fiscaux aux entreprises…), ce n’est pas simplement aligner des chiffres. Derrière ces chiffres, il y a des postes, des moyens pour les personnels, du matériel… donc des capacités à faire mieux notre travail et dans de meilleures conditions.

Pour l’obtenir, il faut réussir la prise de conscience sur nos lieux de travail, y donner du sens localement pour élargir la mobilisation au-delà de notre base habituelle. Le budget qui se discute actuellement, ce sont les postes et les moyens que nous aurons ou pas à la rentrée prochaine.

Moyens matériels

Télécharger la fiche

Moyens humains

Télécharger la fiche

mercredi 12 novembre 2025

CAP : des constats justes sans réelles solutions

 

L’Inspection générale de l’Éducation, du sport et de la recherche a publié au mois d’août un rapport sur « Le rôle et la place du CAP, entre rôle social et diplôme d’insertion ».

Ce document rappelle des éléments de constats justes, la « dégradation des conditions d’enseignement » dans les Lycées Professionnels et « l’accroissement significatif des élèves à besoins éducatifs particuliers pourtant éloignés des exigences de la spécialité du CAP et des attentes des employeurs ». Il fait le constat que les formations CAP de la voie scolaire accueillent majoritairement des élèves fragiles socialement et scolairement et que « compte tenu des fragilités des élèves, ils rencontrent des difficultés  à trouver des lieux pour les PFMP, parfois à y demeurer et donc à valider le diplôme ». Le rapport fait aussi le constat de la non-adaptation de l’entreprise pour les élèves en situation de handicap.

Pour autant, les occurrences de termes sont révélatrices des obsessions qui guident ce rapport : « insertion professionnelle » (68), « entreprise » (76), « apprenti » et « apprentissage » (236) ; alors que « qualification » (52) apparaît moins que « compétence » (74) et « poursuite d’études » (6) n’est quasiment pas évoqué.

Malheureusement, en dehors de la création de places dédiées en 1ʳᵉ Baccalauréat professionnel pour garantir les poursuites d’études des élèves de CAP, les « solutions » proposées sont rarement pertinentes. Elles reposent en grande partie sur la volonté d’amplifier dans les classes de CAP les réformes néfastes de ces dernières années en donnant davantage d’autonomie aux établissements pour les appliquer ou de développer l’apprentissage et le mixage des publics dans les Lycées Professionnels, sans tenir compte des besoins spécifiques et des fragilités des élèves de CAP.

Pour accompagner les élèves de CAP, la CGT Éduc’action revendique un plan d’urgence pour la voie professionnelle : avec notamment un recrutement massif d’enseignant·es, de personnels de santé et sociaux, d’AED et d’AESH et une réintégration des Lycées Professionnels dans l’Éducation Prioritaire.

Montreuil, le 12 novembre 2025

Télécharger le communiqué de presse