dimanche 25 janvier 2026

Pour une École publique laïque

 

Des organisations syndicales (CGT Éduc’cation, FSU, Sud éducation et Unsa éducation) lycéennes, étudiantes, la FCPE et des associations (Ligue de l’enseignement, Libre pensée, Comité national d’action laïque…) se sont réunies pour construire un plan de sortie du financement public de l’enseignement privé sous contrat.
Ce collectif de défense de l’École publique, laïque, gratuite et obligatoire a commencé par publier une tribune dans Le Monde de l’Éducation le 30 janvier 2024 et depuis travaille à construire ce plan de sortie. D’ores et déjà, il vise à limiter le financement public du privé au strict minimum légal.
Dans cette optique, la campagne municipale qui s’ouvre sera l’occasion de présenter ses pistes de baisse de financement au niveau municipal. C’est l’objet du dossier que vous trouverez en lien : https://cloud.cgteduc.fr/s/RYmqCkRLqsFiyYk
Il a été présenté lors d’une conférence de presse lundi 12 janvier.
La publication des IPS du privé par Pap Ndiaye, les scandales Stanilas/Oudéa-Castéra et Bétharram ainsi que les rapports des commissions parlementaires Vannier/Weissberg et Vannier/Spillebout qui ont suivi, ont permis de remettre en lumière le problème du financement public du séparatisme scolaire. Il faut en profiter pour faire avancer dans l’opinion notre revendication de la nationalisation du privé sous contrat et de la fonctionnarisation de ses personnels.

Éducation prioritaire, plutôt que des rustines, il est urgent de revoir la carte

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le ministère de l’Éducation nationale vient de présenter sa réponse à ce qu’il nomme lui-même des situations aberrantes. C’est-à-dire la situation de collèges et d’écoles de secteurs qui au vu de leur indice de position sociale moyen devraient être classés en éducation prioritaire renforcée. Pourtant ce n’est malheureusement pas le cas malgré la mobilisation régulière des personnels, parents d’élèves ou élu·es locaux·ales qui exigent leur intégration dans la carte de l’éducation prioritaire. En effet, le ministre a annoncé que la carte ne serait pas modifiée avant 2028 (du fait des élections municipales et présidentielles) alors qu’elle a été établie en 2015 et aurait dû être revue en 2019.

Au regard des propositions, il s’agit surtout pour le ministère de « bricoler » une réponse à une situation effectivement aberrante dont il est responsable et qui ne pourrait pas être corrigée avant 2028. Avec une décennie de retard, l’éducation prioritaire n’est pas une priorité pour le gouvernement.

Ainsi, les collèges concernés intégreraient les dispositifs CLA (Contrat Local d’Accompagnement), permettant d’accorder aux personnels une indemnité pour mission particulière et non d’indemnité REP+ ainsi que des bonifications pour le mouvement au bout de trois ans. La CGT Éduc’action rappelle son opposition aux CLA qui, en contractualisant les moyens donnés aux établissements, sont contraires à la philosophie même de l’éducation prioritaire (donner plus à celles et ceux qui ont le moins sans condition).

Surtout, outre la reconnaissance indispensable des difficultés d’exercice des personnels, c’est de moyens supplémentaires dont ces établissements et écoles ont besoin dès maintenant. Sur ce point, le ministère annonce un pôle médico-social à temps complet sans redéploiement, ce dont on peut douter vu les difficultés de recrutement ainsi qu’un vague engagement non chiffré d’amélioration du taux d’encadrement, en revanche rien sur les vies scolaires. Pour les écoles élémentaires, il annonce la possibilité d’un·e professeur·e supplémentaire par école sous réserve de présentation d’un projet. Quant aux maternelles, elles sont scandaleusement oubliées.

La CGT Éduc’action exige que ces écoles, élémentaires comme maternelles, bénéficient toutes de ce poste supplémentaire sans condition, mais aussi que ces collèges et écoles bénéficient des mêmes taux d’encadrement et les personnels du même niveau indemnitaire et de bonification mouvement qu’en REP+.

Surtout, il est scandaleux que la carte de l’Éducation prioritaire reste ainsi figée depuis douze ans alors que la pauvreté et la ségrégation sociale n’ont cessé de s’aggraver. C’est pourquoi, la CGT Éduc’action exige la révision immédiate de la carte de l’éducation prioritaire, basée sur des critères sociaux objectifs et partagés et non sur une cible budgétaire préalable, un accompagnement des sorties éventuelles et son extension aux lycées et écoles dites orphelines (dont le collège de secteur n’est pas classé) qui répondent aux critères.
Plus qu’une nécessité, c’est une urgence !

Montreuil, le 19 janvier 2026

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Personnels techniques Rémunérations : TOUJOURS LES MÊMES CHOIX

 

Le SMIC a été revalorisé de 1,18% au 1er janvier 2026 et représente désormais 1823€ brut par mois. Cette augmentation fait ainsi passer le salaire minimum à 12,02€ brut de l’heure. Le gain pour un·e salarié·e travaillant à temps plein est donc d’environ 17€ net par mois. Une aumône… Mais cette augmentation a aussi une incidence sur les fonctionnaires, notamment aux plus bas revenus. Quelles incidences pour les personnels techniques ?

NOTRE TRACT ITRF JANV 26

AESH, le statut, c’est un dû

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 7 janvier dernier, la droite sénatoriale, soutenue par le ministère, a fait le choix du mépris face aux exigences légitimes des 140 000 AESH de l’Éducation nationale, en refusant de voter pour le projet de loi sur leur statut. Encore une fois, on assiste à un « deux poids, deux mesures » : 10 milliards d’euros octroyés pour un porte-avion nucléaire mais maintien d’une austérité budgétaire structurelle pour l’École publique et maintien dans la précarité de certains personnels.

 Le Sénat et le ministre justifient ce rejet par leur volonté d’attendre les annonces d’E.Macron sur le sujet lors de la Convention nationale du Handicap de juin prochain. Pour la CGT Éduc’action, c’est inacceptable et elle exige que les organisations syndicales (à l’initiative d’une pétition pour le statut des AESH) soient reçues en urgence par le ministre, comme demandé dans un courrier resté sans réponse à ce jour.

 Des personnels indispensables, mais toujours ignorés.

En attendant, le ministère maintient sa politique de l’École inclusive inefficace et compte sur la généralisation des PAS (Pôle d’Appui à la Scolarité), mesure que nous dénonçons toujours, arguant que ce sera « une réponse globale ». En refusant hypocritement ce statut à des personnels qu’il juge pourtant « indispensables », le ministère les installe dans la plus grande précarité et poursuit sa logique comptable, évitant ainsi d’assumer le coût social et humain.

 La CGT Éduc’action rappelle que le métier d’AESH est bien indispensable, exigeant et difficile, mais aussi qu’il ne se résume pas à la seule présence auprès des élèves. L’autoformation, la recherche d’outils pédagogiques et la préparation des interventions font de ces personnels des agent·es pleinement impliqué·es dans leurs missions et non de simples indicateurs. C’est donc ce qui justifie leur exigence d’accéder à un statut de la Fonction publique catégorie B et d’un temps complet pour 24h d’accompagnement, seul élément de leur reconnaissance par leur employeur.

Dans ces conditions, la CGT Éduc’action appelle à maintenir la pression sur les pouvoirs publics, appelle les personnels à s’organiser et à tout mettre en œuvre pour gagner le statut des AESH.

                                                                                                                                               Montreuil, le 15 janvier 2026

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jeudi 15 janvier 2026

RÉFORME DU PARCOURS EN «Y »: IL FAUT SAVOIR ARRÊTER UN ÉCHEC

 

Après l’installation, jeudi 8 du comité de suivi de la voie professionnelle, la CGT Éduc’action a été reçue en bilatérale le mardi 13 janvier pour échanger sur le devenir du parcours « Y ». Si le ministère reconnaît l’échec de ce dispositif, la volonté perdure de différencier, lors de l’année de terminale, les élèves qui veulent s’insérer de celles et ceux qui veulent poursuivre leurs études. Possiblement, suite aux six semaines de PFMP obligatoires, les élèves choisissant le module « insertion professionnelle » enchaîneraient sur deux semaines supplémentaires en entreprise. Pour les élèves optant pour le module « poursuites d’études », les emplois du temps seraient maintenus pour travailler les prérequis indispensables en BTS. Au final, un « y » minuscule qui risque d’engendrer les mêmes dysfonctionnements, mais à un moment différent de l’année !

La CGT Éduc’action y a réaffirmé son opposition à tout parcours « différencié » et « individualisé » même réduit et déplacé, et son attachement à un retour des examens après la mi-juin. Elle a insisté sur le fait que les personnels étaient épuisés par la fréquence des réformes et l’empilement des dispositifs spécifiques qui y sont prévus, comme actuellement avec la généralisation d’Avenirpro qui ampute encore des heures de cours. Cette cadence infernale explique, en grande partie, la perte de sens du métier.

Nous avons rappelé que pour assurer une insertion professionnelle réelle dans un métier et des poursuites d’études réussies, il fallait surtout rendre la totalité des heures disciplinaires supprimées par les deux réformes successives subies par le lycée professionnel. Pour cela, il faut également en finir avec l’orientation contrainte en supprimant les familles de métiers et en élaborant une carte des formations déconnectée des besoins en emplois locaux qui réponde aux enjeux écologiques, de relocalisation industrielle et aux besoins sociaux. Nous avons conclu en revendiquant une diminution des PFMP (passage de 20 à 10 semaines) et leur sécurisation face aux accidents du travail, à la surexposition aux produits CMR et aux VSST. Face à des dangers graves ou imminents, la CGT Éduc’action exige, la mise en place d’un droit de retrait pour les stagiaires de la voie professionnelle, sans perte de gratification et avec une dérogation légale sur les semaines de stages qui ne pourraient pas être effectuées.

Pour la CGT Éduc’action, l’urgence est bien à l’abrogation des réformes Blanquer et Macron de la voie professionnelle, abrogation indispensable pour reconstruire un lycée professionnel au service des élèves et véritablement émancipateur.

Montreuil, le 15 janvier 2026

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Réforme des concours enseignants et CPE : l’incertitude budgétaire non gérée est intolérable

 

Communiqué de presse intersyndical

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé le 18 décembre que dans l’état actuel du budget (pas de PLF voté à ce jour), la mise en œuvre des nouveaux concours de recrutement des enseignant·es et CPE (à Bac+3) n’était pas assurée pour la session 2026.

À deux mois des épreuves du concours, cette annonce fait l’effet d’un coup de tonnerre pour les 88 000 étudiant·es qui se préparent actuellement. Ces candidat·es, et les enseignant·es qui assurent les préparations, se retrouvent dans une situation totalement intenable ! Ils et elles sont déstabilisé·es car plongé·es dans l’incertitude au moment où au contraire il faudrait qu’ils et elles puissent travailler en toute sérénité.

Cette situation est inacceptable, surtout lorsqu’elle est provoquée par un gouvernement qui prétend restaurer « l’attractivité du métier ».

Le gouvernement a engagé la décision d’une réforme et de nouveaux concours sans réelle concertation en amont de la présentation du projet et sans même la garantie de la faisabilité réelle.

Il faut arrêter de jouer avec l’avenir des étudiant·es et des personnels, et la charge de travail des personnels, déjà malmené·es par le rythme de cette réforme qui ne cesse de se complexifier.

En tout état de cause, le gouvernement ne peut pas s’en tenir à une simple suppression alors même que dans certaines disciplines, il n’y a pas de concours M2 prévus, ce qui voudrait dire qu’elles n’auraient aucun recrutement !

Les étudiant·es ne doivent pas pâtir de ce contexte. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour garantir l’avenir de ces étudiant·es.

Paris, le 13 janvier 2026

 

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De l'argent, il y en a pour nos services publics !

 L'encre de la loi de finances dite « spéciale » n'était pas encore sèche, que le gouvernement s’est empressé de limiter drastiquement, pour la plupart des ministères, les crédits à leur attribuer. 

 

Tout est donc fait pour empêcher le financement des services publics et de la Fonction publique, ces biens communs plus que jamais nécessaires pour que les droits des citoyen.nes et des usagers.res soient garantis et leurs besoins satisfaits. 

Il est tout aussi urgent de faire des politiques publiques des outils au service d'une nouvelle logique de développement, articulant transition écologique et reconquête des activités et des emplois, industriels notamment, sur le territoire. 

De l'argent il y en a ! 

Le capital est gavé de fonds publics : plus de 210 milliards d'euros sont alloués chaque année aux entreprises, sans contreparties sociales ou environnementales, sans suivi ni évaluation de leur utilisation. Les dividendes distribués explosent : plus 50 % en 5 ans. 

Les 500 familles les plus riches concentrent 40 % du revenu national et 60% du patrimoine est détenu par 10% de la population. 

Ainsi, sous l'aiguillon des marchés financiers, du patronat et des plus fortuné.es, le projet de loi de finances (PFL) 2026, proposé au débat de l’Assemblée nationale à partir du 12 janvier, est une nouvelle agression contre les services publics et la Fonction publique dont les citoyen·nes et les usager·es seront les premières victimes. 

L'urgence, c'est possible et nécessaire, est à d'autres choix. 

Pour la CGT, il faut rompre avec l'austérité budgétaire pour financer les services publics. 

Plutôt que de supprimer des milliers d'emplois d'agent.es, fonctionnaires et contractuel·les, il faut en créer partout où c'est nécessaire pour répondre à l’évolution des besoins de la population, comme par exemple dans la prise en charge du grand âge, les hôpitaux qui ont perdu près de 45.000 lits en 10 ans, l’Éducation nationale où 4000 suppressions de postes sont prévues malgré le déficit d’enseignant.es en France par rapport à nos voisins européens, compte tenu du nombre d’élèves. 

Plutôt que de fermer des administrations, de supprimer des opérateurs et agences de l’État qui mettent en œuvre et évaluent les politiques publiques au plus près des territoires, il faut assumer sur l'ensemble du territoire, y compris outre-mer, des services publics de pleine compétence et de proximité.

Plutôt que d'étrangler sans cesse les collectivités territoriales et de les empêcher ainsi de financer les services publics territoriaux, d’investir dans la transition écologique (rénovation de bâtiments publics, d’écoles, etc.), de financer les associations dont les subventions ont déjà diminué de 40% en 3 ans (90.000 emplois menacés selon le Mouvement associatif), il faut augmenter leurs moyens et dotations budgétaires. 

Comme pour l'ensemble du salariat, les conditions de vie des agent.es publics doivent être significativement améliorées :

  • réduction du temps de travail,
  • augmentation des salaires et des traitements en revalorisant notamment le point d’indice des fonctionnaires qui ont perdu 25% de pouvoir d’achat en dix ans,
  • égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes,
  • refonte des grilles indiciaires, formation et reconnaissance des qualifications pour sortir du travail précaire,
  • financement des systèmes obligatoires et complémentaires de protection sociale. Cela passe par l'abrogation de tout jour de carence et la rémunération à 100 % des arrêts maladie.

Parce que les services publics et la Fonction publique sont notre bien commun, par ce qu’ils sont de puissants leviers de transformation écologique et sociale et de lutte contre les inégalités, par ce qu'ils concourent à la cohésion et à l’inclusion sociales et plus largement à la démocratie, la CGT exige des services publics et une Fonction publique au service du progrès social et de toute la société

Elle appelle à la mobilisation pour des budgets et un projet de loi de finances 2026 construits sur d'autres bases.