Appel
du Conseil National de la cgt éduc’action
Novembre
2024
Dourdan
La CGT Éduc’action exprime son inquiétude et sa colère quant à
la situation internationale et aux répercussions sur les
populations. Elle est inquiète de la multiplication des victoires
électorales de candidat·es d’extrême droite et fascistes,
porteur·euses d’une politique nationaliste et racistes. Nous
dénonçons ces politiques qui sont toujours préjudiciables aux
travailleur·euses et aux plus précaires. Les étrangères et
les étrangers sont stigmatisé·es, privé·es de droit, ciblé·es
par des politiques discriminatoires et xénophobes. Le 14
décembre, la CGT appelle l'ensemble des travaillleur·euses à
se mobiliser pour défendre l'égalité des droits :
travailleuses- travailleurs français·es-étranger·ères
même patron, même combat.
Nous sommes en solidarité avec les femmes du monde entier ;
les afghanes qui sont privé·es de tout droit humain, les iraniennes
et leur combat pour la liberté, les états-uniennes qui perdent
progressivement le droit à l'avortement et bientôt celui du
divorce, les femmes de République démocratique du Congo qui
subissent depuis des années viols et tortures. Les femmes sont les
premières victimes des guerres dans les pays belligérants comme
dans les pays colonisés.
La CGT Éduc’action continue de dénoncer la situation dans
laquelle se trouve depuis au moins 76 ans le peuple palestinien,
et désormais le peuple libanais. Elle condamne la politique
d’extrême droite et colonialiste du gouvernement Netanyahou
(politique menée sans opposition, voire avec le soutien
inconditionnel des puissances occidentales) qui frappe avant tout les
civils. C’est un génocide.
La CGT Éduc’action, si elle prend acte des mandats d’arrêt de
la CPI, continue d’exiger un cessez-le-feu immédiat en
Palestine et appelle à des sanctions immédiates contre le
gouvernement israélien avec par exemple la suspension de l’accord
économique UE/Israël et l’arrêt de vente d’armes. Après 40
ans de détention, et par décision de justice, le militant
communiste libanais Georges Abdallah est libérable à compter du 6
décembre. La CGT Éduc’action soutient les appels à mobilisation
pour le 6 décembre et pour début janvier afin que sa libération
soit effective. La CGT Éduc’action dénonce la censure et la
criminalisation du soutien au peuple palestinien et appelle à
participer aux manifestations pour la Palestine.
Notre organisation continue de condamner la guerre en Ukraine
et le sort qui est réservé à la population. Elle rappelle qu’elle
combat sans relâche l’impérialisme Dans ce contexte, et parce que
d’autres conflits parcourent le monde, nous appelons à des
solutions immédiates et pérennes pour la paix.
En France, en nommant Barnier Premier ministre, Macron
accentue sa néfaste et agressive politique libérale : austérité
budgétaire visant le quotidien des travailleurs∙euses, casse
assumée des Services publics, ponction chez les retraité·es,
mensonges autour d’une « politique sociale » à
laquelle contribuerait les plus riches.
La France est frappée par une nouvelle vague de licenciements et les
grandes entreprises, en particulier l’industrie (ayant très
largement bénéficiée d’aides publiques), annoncent des plans de
licenciements menaçant 150 000 emplois, le tout face à un
gouvernement complice.
Sous
l’impulsion du sinistre Kasbarian pleuvent également des mesures
d’austérité à l’encontre de la Fonction publique et des
agent·es
: gel du point d’indice, suppressions massives de postes (notamment
à l’Éducation
nationale), introduction de 3 jours de carence et réduction des
indemnités, suppression de la GIPA… La CGT Éduc’action dénonce
également les sorties mensongères du ministre visant à stigmatiser
les agent·es de la Fonction publique. Il est inacceptable que ces
personnels subissent à nouveau un décrochage salarial et une
dégradation de leurs conditions de travail, seuls résultats des
politiques visant à casser la Fonction publique.
La
CGT Éduc’action, avec la CGT, rappelle que ce n’est pas aux
salarié·es
ni aux retraité·es
de payer la dette générée par le Capital, la bourgeoisie et
l’État.
Dans l’Éducation, la CGT Éduc’action continue de dresser
un constat sombre : conditions de travail des personnels fortement
dégradées, perte de sens pour tou·tes et accentuation de
l’épuisement professionnel, manque grandissant de personnels,
contre-réformes imposées contre l’avis unanime de la communauté
éducative, développement d’une politique de rémunération au
mérite et mise en concurrence des personnels et des établissements,
dégradation des conditions d’étude et des prises en charges des
élèves se trouvant en situation précaire... On constate aussi une
stratégie consistant à faire taire toute forme de remise en
question comme le montre dans l'académie de Lyon les mesures
disciplinaires en cours envers 2 syndicalistes de la CGT Éduc action
au seul motif de leur activité syndicale et de représentants des
personnels .
La ministre Genetet promet une politique sécuritaire et la poursuite
de réformes dévastatrices menées par Macron depuis 7 ans. L’acte
II du Choc des savoirs maintient le cap de la rigueur et de la
violence à l’encontre de l’Éducation nationale. La CGT
Éduc’action rappelle que le Choc des savoirs est un
renoncement à toute ambition émancipatrice de l’École et
instaure une ségrégation assumée entre les élèves en difficultés
et les autres, ainsi qu’une discrimination sociale. L’Éducation
nationale ne peut subir de nouvelles coupes budgétaires et il y a
urgence à obtenir un choc des moyens.
Dans ce contexte général très dégradé, sans mobilisation ni
grève dans la durée, nous n’obtiendrons pas de réorientation du
budget 2025 ni l’abrogation des mesures.
C’est par la grève que nous gagnerons sur nos revendications :
revalorisation indiciaire pour tou·tes sans contrepartie, indexation
de la valeur du point d’indice sur l’inflation et l’ouverture
de négociations sur les grilles salariales, abandon de la réforme
des retraites, abandon de toutes les réformes de tri social, des
réformes du bac et des lycées, de Parcoursup, créations massives
de postes dans tous les corps, nationalisation de l’enseignement
privé sous contrat, abandon du Choc des savoirs, abandon du Pacte,
création d’un statut de catégorie B pour les AESH et les AED, le
report du déploiement Opale, titularisation de tous les précaires
sans condition de concours ni de nationalité, abandon SNU, du « tout
évaluation ». Dès maintenant, exigeons également la
démission de Kasbarian et l’abandon des projets qu’il porte,
personnellement et au titre du gouvernement.
Ensemble sur nos lieux de travail, organisons-nous et
mobilisons-nous pour construire le rapport de force indispensable au
recul gouvernemental. Nous devons réussir la première journée de
grève Fonction publique du 5 décembre prochain, organiser des AG
pour réussir la reconduction dès les jours suivants jusqu’à ce
que le gouvernement accède à nos revendications.
D’ici là, nous appelons à faire du 25 novembre, journée
internationale de lutte contre les violences à l’égard des
femmes, un temps de très forte mobilisation pour réaffirmer
notre volonté d’en finir avec le fléau des violences sexistes et
sexuelles en France comme dans le reste du monde.