lundi 23 juin 2025

Direction d’école. Toujours plus dans l’insupportable

 

Un nouveau rapport de la Cour des Comptes : entre management et leadership

Le 20 mai, la Cour des Comptes, qui voyait à l’automne dernier le régime parisien des décharges comme constituant une rupture d’égalité au sein du pays, fait paraitre un nouveau rapport sur l’école, fortement teinté de libéralisme, prônant notamment la fin du modèle unique de l’école.

Et pendant ce temps, le ministère…

… planche sur un nouveau référentiel des directrices et directeurs d’école. Les organisations syndicales en ont eu un premier, puis un second jet tout autant hors-sol dans le contexte actuel.

[…] il y a bien concomitance entre le rapport de la Cour des comptes et ce nouveau référentiel de direction. Sous couvert de mettre en conformité les textes avec la loi Rilhac, le ministère pousse à la transformation dangereuse des missions de direction pour casser le cadre collectif des écoles, isoler les directeur·trices en les transformant en personnels de direction à peine déguisé·es et amplifier la main mise sur les personnels. De tout cela la CGT Éduc’action n’en veut pas et exige l’abrogation du projet de référentiel de direction, celle de la loi Rilhac.

Pour les écoles et la direction d’écoles, ensemble exigeons :

  • Une direction collégiale avec une décharge à disposition des équipes et la réaffirmation du rôle et des décisions du Conseil des Maître·sses pour ce qui relève du fonctionnement pédagogique de l’école
  • Une augmentation des quotités des décharges (et un complément de décharge pour les écoles d’éducation prioritaire.
  • La création de postes statutaires d’administratif·ves (1 poste/école) ;
  • Un réel allègement des tâches administratives et la définition d’un cadre d’emploi pour les directrices/directeurs d’école permettant de définir de manière précise leurs tâches et responsabilités.
  • De façon intermédiaire, une fonction de direction librement choisie, avec une formation conséquente et ouverte à tou·tes les collègues..

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Acte II de l’inclusion scolaire. Et si on continuait le débat en se posant les bonnes questions ?

 

Le droit à l’École, un droit indépassable

Le droit à l’École est un droit universel pour chaque enfant. Ce droit doit être préservé et développé, garantissant ainsi l’accès à la connaissance, à la construction des savoirs et des savoir-faire et donc à l’émancipation dans un pays garant des libertés. Pour respecter cette égalité face à ce droit, et parce que le quartier ou la commune sont les plus pertinents comme lieu d’apprentissage et de vie, cet accès à l’École doit être permis au plus près de chacun·e, en milieu urbain et en milieu rural.

2025 sonne les 20 ans de la loi de février 2005 pour l’égalité des droits et des chances. Cela a permis de nombreuses avancées pour la prise en compte des élèves en situation de handicap, notamment concernant la scolarisation et l’intégration devenue inclusion.

Des conditions d’apprentissage et de réussite indispensables pour tous les élèves

L’inclusion de tous les élèves à BEP dans les classes dites ordinaires est souhaitable et revendiquée par la CGT Éduc’action. L’institution scolaire a la responsabilité de proposer à chacun·e, le meilleur environnement d’apprentissage possible en remettant les aspects pédagogiques au cœur des enjeux pour permettre à chaque élève de progresser dans ses apprentissages. Nous ne pouvons pas écarter la collaboration avec le secteur médico-social et ses professionnel·les quand des prises en charge sont nécessaires. Les tentations institutionnelles de libéraliser et « marchandiser » le champ du handicap et les prises en charge sont aujourd’hui bien réelles. Le ministère de l’Éducation nationale se désengage et ne prend pas ses responsabilités quant aux véritables prises en charge qui lui reviennent.

Aujourd’hui, toutes les conditions (matérielles, pédagogiques, humaines et de santé…) ne sont pas réunies pour des prises en charge respectueuses et efficaces, et donc pour une École inclusive digne de ce nom, à hauteur des enjeux. Le niveau des effectifs, de formation des personnels (enseignant·es et AESH), le nombre limité de professionnel·les de médico-sociaux à disposition dans et hors des murs, l’état des locaux ainsi que leur nombre et spécificité, les exigences institutionnelles en termes de programme et d’évaluation… font que pour l’heure, il est extrêmement compliqué pour le MEN d’exiger le tout inclusion sans filet. Le nombre de plus en plus important de fiches RSST sur cette question et leur contenu indiquent combien certaines situations peuvent être douloureuses pour tout le monde, élèves, familles comme personnels.

Pour la CGT Éduc’action, une seule question doit rester centrale pour le bien des élèves et la mise en place de réponses adaptées : quelle que soit la situation de chacun·e, quel parcours de scolarisation permet la réussite de tou·tes ?

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dimanche 22 juin 2025

Les élèves doivent être à l’École et non mourir au travail !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Après un apprenti de 15 ans fin avril, puis un lycéen de bac pro de 17 ans, c’est au tour d’un élève de 16 ans de classe de seconde en « séquence d’observation » de perdre la vie en entreprise. Et, nous ne pouvons oublier que le plus jeune des morts au travail est un élève de 3e !

La CGT Éduc’action s’associe à la douleur des familles et des proches des victimes, notamment les personnels qui accompagnaient ces jeunes.

Avec l’explosion des périodes de stage en entreprise, les jeunes sont de plus en plus exposé·es aux dangers sans y être préparé·es. Les accidents tragiques s’accumulent démontrant avec plus d’acuité la nécessité de revoir les obligations liées à ces périodes de stage, de les repenser pour mieux les encadrer et assurer la sécurité des jeunes en entreprise.

Or depuis plusieurs années, les gouvernements successifs ont fait le choix d’augmenter la présence des jeunes mineur·es dans l’entreprise. Ces drames le rappellent, contrairement aux préjugés libéraux, l’entreprise n’est pas un lieu de formation initiale. Poussée par une logique de rentabilité, dans laquelle stagiaires et apprenti·es ne sont vu·es que comme de la main d’œuvre bon marché, l’entreprise ne prend pas le temps de former, les cantonne aux tâches répétitives. Elle est un lieu dangereux pour les stagiaires et apprenti·es, souvent mineur·es, moins en mesure de se défendre. Alors que la loi « Liberté de Choisir son Avenir Professionnel » de 2018, a supprimé des mesures de protections des mineur·es en formation, les faits démontrent qu’il est urgent de rétablir ces dispositifs et de redonner des moyens dédiés à l’Inspection du travail pour en assurer le contrôle.

La CGT Éduc’action rappelle qu’elle demande la suppression des stages en entreprise dès la 3e et des séquences d’observation en seconde qui ne représentent pas d’intérêt et l’interdiction de l’apprentissage avant 18 ans.

La CGT Éduc’Action revendique pour les stagiaires et les apprenti·es la mise en place immédiate d’une véritable politique de prévention avec une formation à leurs droits dans l’entreprise au regard du code du travail, aux risques liés au travail, aux VSST. Plus spécifiquement pour les stagiaires de la voie professionnelle un équivalent du « droit de retrait » des salarié·es, avec maintien de la gratification et une dérogation légale sur les semaines de stages qui ne pourraient pas être faites.

Montreuil, le 19 juin 2025

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Campagne nationale sur le bâti scolaire de l’Alliance Écologique et Sociale (AES)

La CGT Éduc’action, la FSU, et SUD éducation participent à la campagne nationale sur le bâti scolaire de l’Alliance Écologique et Sociale (AES) aux côtés de Greenpeace France, Les amis de la Terre et Oxfam France. Ce questionnaire (avec le lien ) nous permettra de faire un état des lieux du bâti scolaire et des conséquences sur les conditions de travail des personnels et des conditions d’étude des élèves.

Merci de votre participation.

mercredi 11 juin 2025

Surveillante assassinée : initiative unitaire départementale dans la Manche, jeudi 12 juin

Communiqué de presse


Une nouvelle fois, l’Éducation Nationale est endeuillée. Notre collègue, Mélanie G., AED au collège Françoise Dolto de Nogent en Haute-Marne a été poignardée par un élève hier matin. Elle est décédée peu après des suites de ses blessures.

Nos pensées vont d’abord aux proches de notre collègue, à ses collègues, à ses élèves. Au-delà, c’est toute la communauté éducative qui ressent douleur et effroi, et en premier lieu tou·tes les AED et personnels de Vie scolaire, particulièrement exposés. Aujourd’hui l’heure est à l’émotion, au recueillement, à la solidarité avec la famille de notre collègue et l’ensemble de la communauté éducative.
Ensuite, il faudra construire collectivement les réponses pour que cela ne se reproduise pas. Suite aux diverses déclarations politiques, l'intersyndicale de la Manche CGT Educ, FNEC-FP FO, FSU, SE UNSA, SGEN CFDT, Sud Education considère que ce n’est pas le moment des polémiques, des récupérations politiques et de la surenchère.

C'est pourquoi elle appelle à des rassemblements silencieux pour rendre hommage à notre collègue Mélanie G. :
  • à Cherbourg : jeudi 12 juin - 18h30 devant le théâtre,
  • à Saint Lô : jeudi 12 juin - 18h30 place de la mairie.

Surveillante poignardée : consternation et colère

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Mardi 10 juin, une assistante d’éducation, mère de famille âgée de 31 ans, est décédée suite aux coups de couteau portés par un élève de 14 ans devant le collège Françoise Dolto de Nogent, en Haute Marne. Ces faits ont eu lieu lors d’une opération de fouille des sacs organisée par la gendarmerie devant le collège et à laquelle, comme dans de très nombreux établissements, les personnels de vie scolaire sont mis à contribution par les personnels de direction.

Avant tout, la CGT Éduc’action présente ses condoléances à la famille, aux collègues de la victime ainsi qu’à toute la communauté éducative. Ces faits sont dramatiques et nous les condamnons fermement.                 Nous appelons à participer à tous les rassemblements en hommage à notre collègue qui auront lieu dans les jours à venir et pour rappeler que nous n’avons à mourir de faire notre travail.

Les contrôles des sacs, mis en place de manière aléatoire depuis quelques mois devant les établissements par les ministres Borne et Retailleau, non seulement ne font absolument pas preuve d’une quelconque utilité, mais de plus, placent les personnels des vies scolaires et particulièrement nos collègues AEd dans une situation de danger et créent des situations de tension. Nous continuons de dénoncer le fait que ces personnels soient mis en première ligne face à d’éventuelles situations de mise en danger et qu’on leur impose des missions qui ne sont pas les leurs.

Face à la dégradation du climat scolaire, la CGT Éduc’action rappelle qu’elle revendique des moyens humains supplémentaires depuis des années, dans les écoles et les établissements scolaires, afin de garantir la sécurité des élèves et des personnels. Nous déplorons également que ces problématiques de climat scolaire soient systématiquement décorrélées de la dégradation de la santé mentale de la jeunesse, mise en lumière par de nombreux indicateurs. C’est dans ce sens que nous exigeons également davantage de personnels de santé scolaire. Leur manque est criant et l’on ne peut se contenter de réponses sécuritaires face à ces drames.

Face aux violences scolaires, ce ne sont ni les portiques encore une fois envisagés par F. Bayrou, ni les discours de haine portés par certains responsables politiques, qui permettront de gagner en sérénité dans les établissements scolaires et permettront à tou·tes d’y travailler et d’y étudier en sécurité. Plus que jamais, ce sont bien des moyens humains et la présence d’adultes dont les établissements ont besoin. Ce terrible évènement nous met une fois de plus face à cette urgence.

Montreuil, le 10 juin 2025

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