Les
organisations de la CGT réunies en CCN sont particulièrement préoccupées
de la situation des millions de travailleuses et de travailleurs, de
leurs familles victimes de la guerre et des conflits. En Ukraine, au
Soudan, en République Démocratique du Congo, en Palestine et partout
dans le monde, la paix et le droit international doivent être mis en
œuvre immédiatement, les populations civiles doivent être protégées. À
Gaza et en Palestine occupée, la folie génocidaire de Netanyahou doit
être stoppée et un cessez le feu immédiat imposé par la communauté
internationale permettant l'acheminement de l'aide humanitaire, la fin
de l'occupation militaire israélienne, la reconstruction de Gaza et le
droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien. La CGT soutient
et participe à toutes les initiatives de mobilisations permettant
d'arrêter immédiatement le génocide en cours. Elle portera la
proposition de faire du 21 septembre, journée mondiale pour la Paix, un
temps fort de mobilisation nationale pour la Palestine. La France a
enfin décidé de reconnaître l’État de Palestine, il est urgent de le
faire sans délai, de cesser toute coopération avec le gouvernement
d'extrême droite israélien, de prendre des sanctions et de cesser toute
livraison d’armes et de composants militaires.
C'est
dans ce contexte international dramatique et en pleine période de
congés que le gouvernement, au service du patronat, a annoncé un budget
d’une violence inédite : vol de 2 jours fériés ; doublement des
franchises médicales ; gel du salaire des fonctionnaires, des pensions
des retraité·e·s, de toutes les allocations sociales (aides au logement,
allocations familiales, allocation adulte handicapé…) ; réforme de
l’assurance chômage ; suppression de 3000 postes de fonctionnaires avant
des dizaines de milliers d’autres ; coupes dans les budgets des
hôpitaux, des écoles, de la culture ; volonté affichée de remettre en
cause la 5ème semaine de congés payés et précariser toujours plus les
contrats… Si ce budget était adopté, chacune et chacun perdrait
plusieurs centaines d’euros en 2026, nos services publics et notre
système de protection sociale seraient considérablement affaiblis. Dans
les territoires d’Outre-Mer, ce serait la double peine : de violentes
baisses de revenus alors que les prix sont déjà beaucoup plus élevés.
Pourquoi
une telle cure d’austérité ? Parce qu’Emmanuel Macron a multiplié les
cadeaux aux plus riches et aux grandes entreprises tout en engageant une
augmentation massive des budgets militaires au profit des vendeurs
d’armes. Nous refusons qu’encore une fois, le monde du travail soit
sommé de passer à la caisse : c’est aux grandes entreprises et aux
rentiers, qui se gavent d’argent public et de dividendes, de payer !
Alors
que cet été a encore battu des records de chaleur, avec de violents
incendies et des morts au travail, il est temps d’arrêter la fuite en
avant et de prendre enfin des mesures pour limiter le réchauffement
climatique et adapter nos sociétés. Cela passe dans l’immédiat par
l’abrogation des mesures anti-environnementales qui n’ont pas encore été
retirées de la loi Duplomb, heureusement déjà amputée sous la pression
d’une mobilisation citoyenne massive dont la CGT se félicite.
La CGT exige l’abandon du projet de budget et la mise en place de mesures d’urgence autour de 5 priorités :
La
justice fiscale : la taxation des patrimoines, des dividendes et des
rachats d’action, la remise à plat des 211 Mds d’aides publiques aux
entreprises, le rétablissement de l’ISF et la mise en place d’une vraie
progressivité de l’impôt sur le revenu
La
justice sociale par l’abrogation de la réforme des retraites, première
étape pour gagner la retraite à 60 ans, et une Sécurité sociale
répondant aux enjeux actuels, rétablie dans ses prérogatives issues du
programme du Conseil national de la Résistance, dotée de l’ensemble des
moyens nécessaires pour répondre aux besoins
Le
financement de nos services publics et de la transformation
environnementale de notre économie, de l’argent pour nos hôpitaux, nos
écoles et nos universités et nos infrastructures et notre politique
culturelle
L’augmentation des
salaires, des pensions, des minimas sociaux, l’égalité F/H et des
mesures contre la vie chère dans les outre-mer
L’arrêt des licenciements et l’organisation d’assises de l’industrie
Grâce
à notre mobilisation contre la réforme des retraites, le gouvernement
n’a jamais été aussi faible, Emmanuel Macron n’a plus de majorité pour
faire passer ses réformes régressives et la colère sociale est énorme.
Pour éviter d’avoir à modifier son budget, F.Bayrou en est réduit à
servir de fusible. Nous ne nous laisserons pas distraire par cette
manœuvre de diversion. Quelle que soit la situation gouvernementale, ce
que nous voulons, c’est un autre budget correspondant aux urgences
sociales et environnementales. Tous les ingrédients sont réunis pour
gagner ! Pour cela, il nous faut construire une mobilisation massive et
unitaire !
La CGT se félicite que les
initiatives se multiplient d’ores et déjà et appelle à les amplifier.
Le 25 août, les salarié·e·s de Radio France ont commencé une grève
reconductible et les hôpitaux de Paris ont engagé un processus de
mobilisation, suivis le 2 septembre par les salarié·e·s du secteur de
l’énergie, le 4 septembre les salarié·e·s de Novasco seront en grève
comme ceux d’Owens Illinois le 9 septembre pour empêcher la fermeture de
leurs usines, les fédérations CGT des Industries chimiques et du
Commerce et des Services appellent depuis déjà plusieurs mois à la grève
le 10 septembre contre la répression antisyndicale, pour les salaires,
les conditions de travail et contre la casse sociale, une manifestation
nationale des professionnel·le·s de la santé et de l’action sociale est
d’ores et déjà prévue à Paris le 9 octobre ainsi qu’une grève dans les
organismes sociaux et des mobilisations dans les services
d’insertion/probation du ministère de la Justice.
La
dynamique de l’initiative citoyenne du 10 septembre démontre l’ampleur
de la colère sociale. La CGT souhaite que cette journée soit une
première étape réussie, ce qui passe en particulier par la grève sur les
lieux de travail. Elle appelle donc ses syndicats à débattre avec les
salariés et à construire la grève partout où c’est possible.
Lors
de l’intersyndicale nationale interprofessionnelle du 29 août, la CGT
proposera d’appeler en septembre à une journée interprofessionnelle
unitaire de mobilisation de grève et de manifestations, et de construire
un processus dans la durée pour gagner un budget à la hauteur des
besoins.
La CGT appelle l’ensemble de ses organisations :
A organiser des intersyndicales, dans les professions, les territoires et les entreprises
A
se déployer en grand auprès des salarié·e·s, retraité·e·s, privé·e·s
d’emploi en continuant à faire signer la pétition intersyndicale
stopbudgetbayrou.fr, diffusant les tracts explicatifs et en faisant
connaître le simulateur CGT qui permet à chacune et chacun de mesurer
l’impact des mesures.
La CGT
appelle l’ensemble des salarié·e·s, retraité.e.s et privé.e.s d’emplois
qui souhaitent se mobiliser à se syndiquer et se mettre en contact avec
la CGT pour agir.
Tous les
ingrédients sont réunis pour gagner, prenons les choses en main pour
imposer nos exigences sociales et environnementales.
Montreuil, le 27 août 2025