jeudi 28 mai 2020

Projets de loi autour du téléenseignement et des missions de direction d’école : propositions inacceptables.

 

Projets de loi autour du téléenseignement et des missions

de direction d’école : propositions inacceptables.

 

Pendant la crise sanitaire, l’engagement et le dévouement des personnels ont permis de maintenir à flot les Services publics alors que nous subissions les effets des politiques libérales de casse de notre système (restrictions budgétaires, suppressions de postes, de lits dans les hôpitaux, externalisation et territorialisation, précarisation accrue des personnels, des missions, des locaux…). L’École a aussi dû s’adapter dans ce contexte et les personnels ont mis en place en urgence le maintien d’un lien entre les élèves et les apprentissages, loin du slogan ministériel de « continuité pédagogique ».

Un tel constat nous oblige à un changement d’orientation profond des politiques publiques pour qu’elles protègent mieux toutes les populations, mais les premières initiatives législatives sont très éloignées de cette priorité. En effet, une proposition de loi de la seule députée LR Frédérique Meunier veut rendre obligatoire, pour l'Etat, un enseignement à distance. Dans le même temps, une autre proposition de la députée LREM Cécile Rilhac envisage de modifier la fonction de direction d'école, qui, sans changer le statut (Professeur·e des écoles) des directeur·trices, leur donnerait autorité dans l'école sur les personnels et de nouvelles responsabilités en échange d'une augmentation de rémunération. La CGT Éduc’action dénonce ces deux propositions qui ressemblent étrangement aux volontés exprimées du ministre Blanquer et qui sont dangereuses pour l’École, les personnels et les usager·ères.

En effet, la crise a révélé qu’enseigner ne s’improvise pas et que cela ne pouvait pas se faire autrement qu’en présentiel, avec un contact humain, une interaction sociale et dans des situations d’apprentissage favorables (groupe d’élèves restreints). La «continuité pédagogique» l’a démontré : tout enseignement à distance via des outils numériques est illusoire car sources de profondes injustices sociales. Cette proposition est surtout un nouveau prétexte pour supprimer des postes.

De même, la CGT Éduc’action dénonce le désengagement de notre administration qui a poussé les directeur·trices à gérer seul·les cette crise avec l’aide des autres personnels de l’école. Ce n’est pas en transformant leurs missions et en leur donnant un rôle d’encadrement qu’on gagnera en efficacité. C’est surtout vouloir imposer un projet ministériel largement repoussé il y a peu par les personnels et la majorité des organisations syndicales.  

La CGT Éduc’action estime que la priorité n’est pas aujourd’hui de jouer aux apprentis sorciers, mais bien au contraire d’imposer des propositions renforçant les Services publics, garants de plus de justice sociale. Pour la CGT Éduc’action, l’urgence est la tenue immédiate d’un collectif budgétaire extraordinaire afin de recruter massivement des personnels, améliorer les taux d’encadrement des élèves pour favoriser leurs conditions d’études et améliorer significativement les conditions de travail des personnels. L’urgence, c’est aussi de porter notre projet d’une direction d’école collégiale, avec du temps à disposition des équipes pédagogiques, avec des emplois de personnels administratifs sous statut public dans toutes les écoles, permettant la prise en charge des tâches administratives, mais aussi un conseil des maître·esses aux décisions souveraines.

Pour nous, les urgences sont là. A nous de les imposer.

Montreuil, le 27 mai 2020

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Réouverture des écoles : un bilan pas aussi positif que veut le faire croire le ministre.

 

Réouverture des écoles : un bilan pas aussi positif

que veut le faire croire le ministre.

 

Alors que le ministre Blanquer annonce fièrement que plus de 90% des écoles sont ouvertes, la CGT Éduc’cation estime au contraire que la situation n’est pas aussi idyllique. En effet, il omet de préciser que de très nombreux personnels sont retournés travailler sans toutes les garanties sanitaires et pédagogiques pour eux et les élèves. Ces personnels ont ainsi privilégié l’exécution de leurs missions, chose qu’oublie de souligner le ministre.  

Le retour des élèves dans les écoles n’est cependant aussi massif qu’espéré par le ministre avec à peine un·e élève sur 6 actuellement accueilli·e dans les écoles, avec de grandes disparités territoriales et sociales selon les zones rouges et vertes, mais aussi entre milieux défavorisés et les autres. Beaucoup de familles restent réticentes à l’idée de laisser leurs enfants reprendre pied dans un milieu scolaire considéré encore comme une zone de confinement et anxiogène au regard des obligations sanitaires à suivre. C’est encore plus vrai chez les familles de « décrocheurs », déjà trop souvent éloignées de l’École. C’est donc sans surprise que les objectifs gouvernementaux de « justice sociale » ne sont pas atteints.

Majoritairement, les personnels ont retrouvé élèves et collègues dans les écoles, mais beaucoup sont encore très inquiets à cause des manques partiels de protections (masques, gel). Ils sont aussi fatigués après deux mois de confinement psychologiquement compliqués à affronter. Il faut aussi ajouter une surcharge de travail due à une incessante obligation d’adaptation des pratiques professionnelles afin de mettre en place la « continuité pédagogique » puis garantir des conditions de retour acceptables dans les classes. La CGT Éduc’action note aussi que les collectivités locales, sous pressions, ont très souvent dû rouvrir leurs écoles alors qu’elles ne pouvaient pas le faire correctement dès le 11 mai, faute de ressources humaines et matérielles suffisantes. Les conditions d’accueil ont donc été plus limitées. Dans ces conditions, les équipes pédagogiques se sont débrouillées seules pour organiser au mieux cette réouverture (organisation des espaces, des emplois du temps des collègues et des élèves, temps de récréations et restauration), et ont été amenées parfois à choisir parmi les élèves « prioritaires » et organiser un roulement des jours de présence, ce qui ne relève pas de leur responsabilité. Cette période a été source d’une nouvelle surcharge de travail et de stress.

À l’heure du premier bilan, la CGT Éduc’action estime qu’il reste de très nombreux aspects à surveiller, dénoncer et parfois combattre : la question de l’ingérence accrue des collectivités dans le fonctionnement de l’Éducation nationale, celle de la chaine de décisions institutionnelle, les pressions hiérarchiques sur les personnels pour la reprise du travail malgré leurs inquiétudes, la question des conditions de travail et la définition du travail en présentiel/distanciel et enfin la préparation du mois de juin et de la rentrée. En effet, pour l’heure, aucune anticipation du retour massif et inéluctable des élèves dans les mois à venir n’est réalisée. C’est inquiétant. À ce sujet, la CGT Éduc’action exige que les personnels, en élémentaire comme en collège ou en lycée, puissent collectivement (en conseil d’école, en CA) organiser les objectifs pédagogiques de cette reprise et choisir librement les notions à privilégier dans les apprentissages d’ici le 4 juillet. Le 3éme trimestre doit être neutralisé pour ne pas pénaliser les élèves et l’épreuve orale de français doit être annulée. La CGT Éduc’action exige un collectif budgétaire immédiat pour recruter des personnels et ainsi réduire les effectifs par classe dès la rentrée. 

Ces premières semaines sont malgré tout, pour de nombreux collègues, l’occasion de travailler autrement dans les écoles : effectifs réduits, approches pédagogiques diversifiées et adaptées aux élèves… Et ça les rend heureux. Ce n’est donc pas un hasard si la CGT Éduc’action continue de porter aujourd’hui ses revendications qui placent ces éléments au cœur de son projet pour une École émancipatrice.

Montreuil, le 25 mai 2020

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PLUS JAMAIS ÇA ! UN MONDE À RECONSTRUIRE

Le contexte de « déconfinement progressif » est encore très incertain et beaucoup dépend de paramètres que personne ne maîtrise, comme la mise au point d’un vaccin ou la découverte de traitements efficaces contre le Covid-19.

Mais c’est précisément dans les périodes de choc d’immédiat après-crise que l’histoire s’accélère, que les bifurcations sont engagées ou pas, que les décisions prises conditionnent pour une longue période la construction du futur. L’expérience toute récente est source de prises de conscience et de réflexions de plus long terme sur lesquelles nous entendons bien nous appuyer.

Depuis plusieurs mois, des organisations syndicales et associatives convergent, convaincues que les réponses aux urgences sociales et écologiques doivent être construites ensemble. La crise qui a éclaté en ce début d’année 2020 montre une fois de plus la nécessité de changer de système. C’est pourquoi nos organisations ont constitué un front élargi et inédit pour initier une tribune, puis une pétition et un appel aux mobilisations du 1er mai. Nous pensons que le moment est venu de préciser les contours du « plus jamais ça » que nous mettions en avant dans cette tribune le 18 mars et auquel nous entendons désormais donner plus de corps.

Désormais il est nécessaire de dépasser l’effet de sidération paralysant que génère le traumatisme de la crise sanitaire. Il s’agit d’amener la population à se saisir de ce moment pour exiger que des enseignements en soient tirés.

C’est le sens de ces mesures que nous versons au débat. Elles sont volontairement précises et le plus souvent chiffrées. Il ne s’agit pas, cependant, de présenter un plan figé, ficelé et définitif. Au contraire, ces propositions ont vocation à être soumises au débat public et sont amenées à être complétées. La relative précision des mesures présentées poursuit deux objectifs.

D’abord, signifier que nous ne nous contenterons plus des grands mots, des déclarations d’intention, des formulations creuses. Nous voulons démontrer, à travers l’articulation de mesures de court et de long terme, le pragmatisme et l’ancrage dans le réel de notre démarche.

Ensuite, notre but est de faire la démonstration qu’il y a des alternatives au capitalisme néolibéral, productiviste et autoritaire, et que ces alternatives sont crédibles, désirables et réalisables, à condition que la volonté politique et les moyens financiers soient enfin mis au service des objectifs de transformation sociale et de préservation de l’environnement, au lieu de les soumettre aux pressions et désidératas des lobbies. Du reste, un grand nombre de ces alternatives relèvent d’un déjà-là qu’il s’agit de conforter, de rénover et de généraliser, que ce soient les grands systèmes collectifs mis en place dans le cadre de l’État social (protection sociale, services publics, etc.) ou les alternatives concrètes qui sont souvent autant de possibles si leur généralisation est envisagée.

L’heure est aux urgences sanitaires et sociales et à la satisfaction des besoins essentiels de la population, dans le respect des droits démocratiques : les semaines à venir seront décisives et le gouvernement doit urgemment changer de logiciel, pour répondre aux objectifs qui s’imposent et que nous nous fixons dans les deux premières parties de ce plan de sortie de crise. En particulier doit être lancé un vaste plan de renforcement et de développement des services publics.

Au mois de juin, sera présentée une nouvelle loi de finance rectificative : si l’on veut que cette crise ne soit pas l’occasion de plans d’austérité et de nouvelles régressions sociales, si l’on souhaite partager les richesses et financer la transition écologique, alors il faut refonder le système bancaire et financier et la fiscalité. C’est tout l’objet de la troisième partie.

Enfin, face aux plans de relance du gouvernement, qui ne font que relancer un système profondément insoutenable, nous en appelons dans la dernière partie à des mesures courageuses, permettant une reconversion sociale et écologique de la production agricole, industrielle et de services, pour à la fois créer des centaines de milliers d’emplois de qualité et cesser les activités les plus néfastes pour les populations et la planète. Cette reconversion doit être aussi l’occasion d’une relocalisation des activités, qui s’accompagnerait de mesures fortes de solidarité européenne et internationale, que nous précisons également.

Ce document se veut donc une contribution et même un appel au débat public. Débattons partout, mobilisons nous sur le terrain pour changer le système et exiger des pouvoirs publics des transformations radicales ! Changer en profondeur le monde qui a rendu cette crise aussi violente est l’affaire de toutes et tous, le monde d’après sera celui que nous serons capables de reconstruire.

Lire le document intégral cliquez ici 

dimanche 24 mai 2020

Services sociaux : Lettre ouverte intersyndicale

Les services sociaux de l’Education nationale :
les « invisibles» indispensables ?
Lettre ouverte au ministre de l’éducation nationale 

Les Lilas, le 12 mai 2020
Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, 

Depuis le début de la crise sanitaire qui impacte profondément notre pays, vous avez manifesté une sensibilité particulière aux impacts sociaux du confinement sur les élèves, leurs familles et les personnels, ce que nous partageons. C’est ce qui a motivé notre engagement à assurer la continuité sociale auprès des élèves et des personnels, à distance, et cela malgré les nombreux obstacles logistiques et matériels rencontrés.

Concours, recrutements et avancement ITRF 2020

Concours I.T.R.F. de catégorie A, B et C , inscriptions aux recrutements I.T.R.F. réservés, inscriptions aux examens professionnels d'avancement de la session 2020

Les inscriptions aux concours I.T.R.F. sont enregistrées du 19 mai 2020 (12 heures, heure de Paris) au 18 juin 2020 (12 heures, heure de Paris).

Les candidats s'inscrivent en retournant par voie postale - en recommandé simple - les dossiers d'inscriptions personnalisés qu'ils ont obtenus suite à leur inscription sur le service en ligne qui leur est proposé : Accéder au service d'inscription

Les dossiers de candidature personnalisés peuvent être obtenus sur ce service du 19 mai 2020 (12 heures, heure de Paris) au 18 juin 2020 (12 heures, heure de Paris).

A noter que l'arrété du 12 mai modifie le déroulement des concours avec une seule épreuve écrite pour la session 2020 au lieu d'une épreuve écrite et d'épreuves pratiques.

Arrêté du 12 mai 2020 portant adaptation des épreuves et des règles de composition des jurys de concours et d'examens professionnalisés réservés de recrutement dans les corps d'ingénieurs et de personnels techniques de recherche et de formation du ministère chargé de l'enseignement supérieur pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de covid-19

NOR: ESRH2011040A
Les dispositions des arrêtés du 28 décembre 2011, du 29 décembre 2011 et du 11 juin 2013 susvisés sont adaptées dans les conditions prévues par le présent arrêté pour le déroulement des concours de recrutement dans les corps d'ingénieurs et de personnels techniques de recherche et de formation du ministère chargé de l'enseignement supérieur ouverts pendant la période comprise entre le 12 mars et le 31 décembre 2020.
ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2020/5/12/ESRH2011040A/jo/texte

Continuité pédagogique: où en sommes-nous?

Continuité pédagogique: où en sommes-nous?

Lorsqu’il dit mi-mars que « tout est prêt pour la continuité pédagogique », notre ministre - outre qu’il ment au vu des dysfonctionnements - ne s’intéresse qu’à l’aspect purement technique. Or, la continuité pédagogique est avant tout une question humaine.

Enseigner par télétravail n’a rien d’instinctif. Il ne suffit pas d’allumer un ordinateur et de rentrer dans la matrice ! Pour un·e enseignant·e, cela commence par la maîtrise des outils numériques nécessaires. De plus, cette situation est une nouveauté à laquelle nous devons nous habituer en urgence, sans aucune préparation ni formation et souvent dans la plus grande improvisation. Surtout, la préparation d’un cours en télé-enseignement ne peut se concevoir de la même manière qu’une séquence en présentiel et n’en aura jamais l’efficacité. Il y a dans un cours tellement de petits gestes, de remarques, de signaux qui sont le moteur de notre pédagogie. Ce sont ces interactions qui nous permettent d’aider les élèves à surmonter leurs incompréhensions, leurs erreurs, leurs difficultés.

 

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dimanche 17 mai 2020

Collèges et lycées : pas de reprise sans garanties sanitaires et pédagogiques

Collèges et lycées :


pas de reprise sans garanties sanitaires et pédagogiques


L’annonce de la réouverture des établissements du second degré (à partir du 18 mai pour les collèges dans les zones vertes et éventuellement début juin tous les collèges et lycées) a été accueillie avec inquiétude, scepticisme par les personnels que nous représentons. Inquiétude quant aux risques sanitaires que représente le regroupement de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de personnes dans un même lieu ; scepticisme quant à l’intérêt pédagogique d’une reprise tardive dans des conditions très dégradées.

Cette réouverture imposée ne peut se faire à marche forcée, prenant le risque de ne pas réunir les conditions de sécurité sanitaire des élèves et des personnels, de ne pas avoir de sens éducatif et pédagogique, de ne pas respecter les droits des personnels : charge et organisation du travail, respect des missions.

La priorité est la santé et la sécurité des élèves et des adultes. Des conditions strictes de sécurité doivent être respectées, s’appuyant sur le protocole sanitaire national. Avant la réouverture, les personnels des collèges et des lycées doivent être partie prenantes des discussions sur les conditions sanitaires de réouverture des établissements et faire valoir leurs exigences. Si les conditions qu’elles et ils jugent nécessaires ne sont pas réunies, un établissement ne peut ouvrir. Si après réouverture, les personnels constatent que les conditions de réouverture et de reprise en présentiel leur font courir des risques pour leur santé ainsi que celles de leurs élèves, nous les accompagnerons pour qu’ils exercent leur droit de retrait.

Si les conditions sont réunies pour la réouverture, celle-ci ne peut se faire qu’à l’issue  d’un travail collectif préparatoire, dans le strict respect du protocole sanitaire. Il faut notamment que puissent se réunir les instances démocratiques des collèges et des lycées : conseil d’administration, le conseil de la vie collégienne, le conseil de la vie lycéenne et la commission hygiène et sécurité. Enfin les équipes doivent disposer du temps pour travailler ensemble à la construction du sens pédagogique de la reprise.

Dans le cadre de la préparation des reprises, une attention toute particulière doit être apportée aux internats qui ne doivent pas être ouverts quand le protocole sanitaire ne peut pas être respecté, que ce soit par manque de matériel de protection et d’hygiène, ou par manque de personnels pour en assurer l’encadrement ou le nettoyage.

L’accueil des élèves ne doit pas être guidé par des objectifs chiffrés au détriment de la sécurité et de la qualité éducative et pédagogique.

Nous sommes convaincus que c’est dès maintenant que doit se préparer la rentrée 2020, dont on sait qu’elle ne sera pas une rentrée ordinaire. Nous demandons que les personnels y soient largement associés et que les moyens nécessaires soient octroyés.  

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