lundi 22 avril 2019

Enseignement pro : une note de service qui confirme les dangers de la réforme.



Enseignement pro : une note de service

qui confirme les dangers de la réforme.

Références réglementaires

La CGT Educ’Action, depuis la publication du dossier de presse « Transformer le lycée professionnel » en mai 2018, n’a cessé de dénoncer les dangers contenus dans la réforme de la voie professionnelle. Cette note de service confirme les informations que nous vous avions fournies : attaque des heures élèves et des heures disciplinaires, développement de l’annualisation et de l’autonomie des établissements, employabilité immédiate des enseignant·es, personnalisation à outrance du parcours de l’élève !  
Assumant « l'allègement de l'emploi du temps des élèves, auquel toutes les disciplines de spécialités professionnelles et générales ont contribué (sauf PSE et Eco-gestion) »,  le ministère affirme que « cette diminution permettra un meilleur taux d’encadrement », affirmation mensongère car l’arrivée des DGH en janvier a démontré le contraire.  Il poursuit en disant que «  la mise en place de nouvelles modalités d’intervention pédagogiques pluridisciplinaires (chef d’œuvre et co-intervention)  favoriseront la réussite des élèves ». Nous en doutons, car l’installation de ces nouveaux dispositifs est une attaque en règle contre les enseignements proprement disciplinaire, et il se fait dans l’urgence et l’improvisation les plus totales. 
Dans les faits, chaque établissement est renvoyé à son autonomie pour organiser la mise en place de la co-intervention « si une répartition hebdomadaire des heures de co-intervention reste sans doute plus simple à mettre en œuvre, elle pourra être utilement aménagée en fonction des projets par quinzaine, toutes les trois semaines, ou regroupées sur une période ». L’annualisation a de beaux jours devant elle. Les équipes pédagogiques, qui découvrent les nouveaux programmes d’enseignement général, sont sommées de se mettre en ordre de bataille. Les collègues doivent s’adapter, anticiper, travailler en amont, construire un programme car « ces heures ne font pas l'objet d'un programme spécifique distinct ». Généreusement, « les heures de co-intervention des deux premières semaines de la rentrée (soit 8 heures professeurs en fait 4 heures) pourront être dédiées à la concertation ». Comme nos élèves nous sommes renvoyés à notre employabilité.  
Le chef d’œuvre est présenté comme « l'aboutissement d'un projet pluridisciplinaire construit, individuel ou collaboratif ». Or, il est bien rare dans nos établissements,  comme l’affirme pourtant cette note de service qu’en CAP « la dotation horaire professeur est égale au double du volume horaire élève », le plus souvent l’enseignement général n’est pas pourvu en heures de chef d’œuvre, il ne sera donc pas pluridisciplinaire ! De toute façon, le financement de ce caractère pluridisciplinaire devra se faire quand il se fera par une ponction sur les volumes horaires alloués jusque-là aux dédoublements, les cours à effectifs réduits. Le chef d’œuvre semble déjà en péril avant d’avoir d’avoir vu le jour. Par collaboratif il faut entendre qu’il peut se faire avec « une classe différente, un établissement différent, une entreprise…. ». Le chef d’œuvre pourra même prendre l’aspect d’une mini-entreprise.
Ces deux dispositifs portent une vision utilitariste de l’enseignement, ils appauvrissent les contenus de formation et ne permettront pas aux élèves une insertion professionnelle qualifiante ni de poursuivre leur étude. Quant à l’émancipation elle n’est jamais évoquée.
La personnalisation du parcours de l’élève est présentée comme un gage de réussite et se traduit par une augmentation vertigineuse des heures d’accompagnement de l’élève. Entre consolidation des acquis (français/maths) et orientation, ces heures ont été multipliées par six en CAP et augmentées fortement en BAC pro. Elles permettent ainsi de palier à la régionalisation des CIO et de confier aux professeurs principaux la responsabilité de l’orientation des élèves. L’orientation est un métier qui doit être exercé par des professionnels.elles, cette dérive est inacceptable. Il est écrit que «cet accompagnement à l'orientation peut aussi être mis en place en vue d'une évolution de l'élève vers un statut d'apprenti en première et terminale ». On nous demande de favoriser le « mixage » des publics et des parcours en développant l’apprentissage.  Cette personnalisation du parcours de l’élève se concrétise aussi par l’apparition des CAP modulaire (1, 2, 3 ans), néanmoins les parcours dérogatoires devraient être soumis à l’approbation des équipes. Cette logique de l’individualisation à outrance, aboutira à terme, à rendre les élèves responsables de leur propre employabilité.
Dans la réalité, les collègues dans les établissements oscillent entre inquiétude, fatigue, incompréhension et colère devant cette réforme libérale et sa mise en place à marche forcée. Outre que la charge de travail va être considérable, elle va changer en profondeur notre métier jusqu’à en interroger le sens. Cette réforme, au service du patronat, a pour objectif politique la baisse du coût du travail. C’est  pour cela qu’il faut « fabriquer » une main d’œuvre moins qualifiée, précaire, flexible et donc servile et corvéable à merci. Voilà « l’excellence » visée pour les enfants issus des milieux populaires.  C’est tout le sens du projet Blanquer pour l’enseignement professionnel.

Lire également la note de service au format 

Déclaration de la CGT-Éduc'action au CTM du 28 mars 2019


La grève interprofessionnelle du 19 mars a regroupé plusieurs centaines de milliers de manifestants dans toute la France, cela a été une étape significative dans cette construction du rapport de force engagé pour contraindre le gouvernement à entendre les revendications de millions de Français.
Dans les cortèges, de nombreux enseignants, ont fait entendre leurs revendications, la grève dans les écoles maternelles et élémentaires a été très suivie, et dans plusieurs départements des assemblées générales se sont tenues et ont décidé de poursuivre et d’amplifier leur mobilisation pour marquer leur opposition à la politique menée par le ministre.
Le projet de loi « École de la confiance » votée en première lecture à l’Assemblée nationale, cristallise les oppositions et suscite le rejet d’un nombre croissant de personnels.
L’article 1 permettra d’accentuer les moyens de pression sur les personnels au détriment de leur liberté d’expression, l’article 2 sur la scolarité dès 3 ans, induit un transfert d’argent public vers le privé, estimé entre 50 et 150 millions d’euros par an pour les communes.
Le regroupement des écoles du premier degré avec le collège pour former les établissements publics des savoirs fondamentaux, autrement dit, les Écoles du Socle introduit par un amendement d’une députée « La République en Marche » conduira à une évolution majeure fortement rejetée par les professeurs des écoles.
Cette mesure d’une importance considérable n’a fait l’objet d’aucune étude préalable, d’une expérimentation limitée jamais évaluée et d’aucune concertation avec les organisations syndicales.
En dépit de tout cela c’est amendement a été retenu avec l’aval du gouvernement.
Le ministre de l’Éducation qui ne rate pas une occasion d’évoquer le pilotage des politiques éducatives par l’évaluation et l’analyse des résultats produits a simplement oublié sur ce sujet d’appliquer ce principe à sa propre action.
Ces futurs établissements qui seront instaurés par l’État sur demande des pouvoirs publics locaux constituent un nouveau transfert des prérogatives du ministère de l’Éducation nationale vers les collectivités territoriales.
Un ratio enseignants/élèves calculé sur la base d’une entité plus importante engendrera des classes plus chargées, voire des fermetures.
Ce nouveau cadre réglementaire va contraindre l’autonomie des écoles en les rattachant à l’autorité de la direction des collèges.
Nous nous inquiétons aussi de la disparition du CNESCO, dont la mission était d’évaluer le système éducatif, comme si casser le thermomètre faisait disparaître la fièvre.
Ce texte contient aussi des articles concernant le pré recrutement d’enseignants par le biais de contrats d’assistants d’éducation, qui seront utilisés comme moyen d’enseignement en Master 1, la création des PIAL va dégrader les conditions de travail de nos collègues AESH, que dire de la possibilité donnée au gouvernement de légiférer par ordonnance sur la réforme territoriale sans aucun dialogue social. Car si la fusion des académies a été abandonnée par le ministre, à l’exception des académies de Caen et Rouen, d’autres éléments de la réforme territoriale sont toujours d’actualité.
Nous demandons toujours au ministre de revenir sur sa décision de fusionner les académies de Caen et de Rouen.
Nous sommes aussi très inquiets de l’amendement gouvernemental adopté en catimini, permettant de transférer une partie des compétences des conseils d’administration des EPLE vers la commission permanente.
La CGT Éduc’action avec d’autres organisations syndicales appellent les personnels et tous les usagers de l’école à participer aux manifestations du 30 mars partout sur le territoire.
Cette date doit permettre d’engager un processus de mobilisation passant par des actions diversifiées permettant aux parents d’élèves et aux organisations de jeunesse de s’associer à un mouvement contre la casse de notre École.
D’autres actions nationales sont déjà prévues, la CGT Éduc’action avec des syndicats de la FSU, la FNEC FP Force ouvrière et Sud éducation appelle les personnels à se mettre en grève le 4 avril.
Nous demandons aussi au ministre de renoncer aux réponses autoritaires qui remettent en cause les libertés d’expression et de manifestations.
Il ne doit pas laisser planer des menaces de sanctions pour intimider les collègues qui expriment leur désaccord avec sa politique.
Cela concerne en particulier celles et ceux qui s’opposent aux évaluations nationales et au tri de parcours Sup.
Hier, le projet de loi fonction publique a été présenté en conseil des ministres, pour la CGT, il s’agit d’une attaque sans précédent contre le statut général des fonctionnaires.
Si ce projet est adopté, les commissions administratives paritaires seront vidées de la plupart de leurs prérogatives.
Le projet de loi est une négation du rôle essentiel de défense des dossiers menés par les représentants du personnel.
Cela serait la fin des CAP, tel qu’elles fonctionnent aujourd’hui c’est-à-dire la disparition de règles de gestion nationales clairement établies et la remise en cause des statuts particuliers.
Ce projet que la CGT dénonce favorise aussi la carrière et la rémunération au mérite et une contractualisation à marche forcée de la Fonction publique.
Le 9 mai, avec d’autres organisations syndicales, la CGT appelle les personnels à faire grève contre la casse de nos services publics.
L’École et plus généralement les services publics sont des éléments essentiels à la cohésion de notre société.
Le gouvernement doit prendre la mesure de la colère qui s’exprime et retirer ces projets de loi.
La déclaration au format

mercredi 27 mars 2019

LOI BLANQUER : UNE VISION DE L’ÉCOLE QUE NOUS COMBATTONS


 

LOI BLANQUER : UNE VISION DE L’ÉCOLE QUE NOUS COMBATTONS

Une dérive autoritaire !

Article 1 : En utilisant le principe du «devoir d’exemplarité» le ministère souhaite restreindre la liberté d’expression des personnels et museler une parole qui commençait à se libérer à l’instar des mouvements comme celui des «stylos rouges» ou du hashtag #PasDeVague qui ont émergé, fin 2018.

La CGT Educ’action soutient l’initiative du collectif "touche pas à mon lycée pro"

 

"La CGT Educ’action soutient l’initiative du collectif "touche pas à mon lycée pro" :

états généraux de la voie professionnelle

le samedi 6 avril au Sénat.

Au menu, intervention d’universitaires, d’usager·es, d’enseignant·es, de syndicalistes, de personnalités politiques.
Pour vous y inscrire, merci de compléter le formulaire en ligne ici."
Important, les inscriptions sont obligatoires pour pouvoir accéder au Sénat, au plus tard le 2 avril.



Télécharger l'affiche au format 

Appel du 30 mars : journée nationale d’action




Appel du 30 mars : journée nationale d’action

Monsieur le Ministre, pour améliorer l’École

vous n’avez pas notre confiance !

Le ministère de l’Éducation nationale poursuit sa politique éducative rétrograde et libérale sans prendre en compte ni l’expertise professionnelle des acteurs de terrain, ni les avis de leurs organisations syndicales, ni ceux de l’ensemble de la communauté éducative.
L’amélioration de notre système éducatif exige certes, une ambition politique forte mais également une construction qui soit commune et concertée. Or le ministre entend imposer de nombreuses transformations et continue de le faire à marche forcée.
Pour nos organisations, ces transformations, par leur contenu et la méthode, vont le plus souvent accroitre les inégalités, dégrader les conditions de travail des personnels sans répondre à la nécessité d’améliorer le service public d’éducation pour assurer la réussite de tous les élèves et l’élévation du niveau de qualification.

Loi Blanquer : Une réforme qui ne répond pas aux enjeux

Alors qu'il devait s'articuler autour de l'obligation d'instruction ramenée à 3 ans, le projet de loi dit Blanquer "Pour une école de la confiance" est devenu, au fur et à mesure de ses évolutions, un texte qui bouleverserait le fonctionnement du système éducatif.
Nos organisations refusent :
  • la création des établissements publics des savoirs fondamentaux sans accord des communautés éducatives
  • une reprise en main de la formation des enseignants basée sur une conception du métier réduite à des fonctions d’exécution
  • la fin de l'évaluation indépendante des politiques éducatives,
  • les cadeaux financiers pour l'école privée
Cette loi va se décliner par ordonnances ou textes réglementaires portant des transformations profondes.

Pour un budget à la hauteur des besoins du service public d’éducation

Alors que de nombreuses réformes structurelles sont à l’œuvre, les décisions budgétaires pour la rentrée prochaine entraîneront inévitablement à une dégradation des conditions d'enseignement et d’accès à la formation. D’autant que le projet de réforme de la Fonction publique conduira à des milliers de suppressions de postes et un large recours à la contractualisation. Nos organisations s’opposent à ce développement de la précarité. L’École a besoin de personnels formés et sécurisés afin d’enseigner et accompagner chaque élève.

Donner d’autres perspectives

Les nombreux changements relatifs à l’orientation dont la loi ORE continuent de cristalliser une profonde anxiété chez les élèves de terminale et leurs familles. Dans ce contexte, alors que les jeunes ont besoin d’être mieux accompagnés dans la construction de leur parcours d’orientation, les missions des psychologues de l’Éducation nationale EDO sont remis en cause et des fermetures de CIO programmées.

Alors que chaque jeune doit pouvoir construire son avenir sereinement, nos organisations demandent à ce que la vision globale du service public d’information et d’orientation soit clarifiée.
L’accent doit être mis sur les inégalités sociales et territoriales notamment par une relance de l’éducation prioritaire et des mesures en faveur d’une plus grande mixité sociale.

Pour une véritable reconnaissance de nos métiers

Nos salaires restent inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Sans parler du gel de la valeur du point d’indice, du pouvoir d’achat qui se dégrade régulièrement depuis des années, du rétablissement du jour de carence, …

Le vaste plan de communication du Ministre ne cache pas sa volonté d’autoritarisme et ne répond pas à la réalité de nos quotidiens. Ce projet fragilise encore l’École par des transformations profondes élaborées sans les personnels. C’est sur eux qu’il faut s’appuyer sur eux pour favoriser la démocratisation de la réussite scolaire.

Pour la priorité au service public d’Éducation

Pour des perspectives ambitieuses pour tous les élèves et tous les jeunes Pour une véritable reconnaissance de l’ensemble des personnels de l’Éducation

C’est pour ces raisons que nos organisations appellent les parlementaires à ne pas voter la loi « pour l’École de la confiance »


Le 30 mars

Toutes et tous mobilisé·es

Manifestations dans les territoires

À l’appel de FSU, UNSA Éducation, CGT Éduc’action, SGEN-CFDT, SNALC


Télécharger le tract "Appel du 30 mars : journée de mobilisation !" au format

PEF 157 Supplément Mars 2019


Sommaire : 

 

p. 2 : L’édito - Des élu·es à vos côtés - Des Réformes néfastes pour l’Éducation et des salaires en berne.
Encart central différent selon chaque académie.
p. 3 : 31 académies - 31 circulaires (Priorité handicap - Bonification familiale - Éducation prioritaire -
Poste de titulaires sur zone de remplacement - Postes spécifiques - Postes à complément de service).
p. 4 : Calendrier du mouvement intra. Des primes pour ma première année comme titulaire

Bulletin d'information CLG N°21 (Mars-Avril 2019)

Sommaire : 
  • Et encore des DHG en baisse !
  • 2ème heure supplémentaire imposée !
  • Écoles du Socle : la boucle est bouclée !
  • « Ayez confiance et obéissez »
Lire le bulletin d'information au format  (Mars-Avril 2019)