jeudi 15 janvier 2026

RÉFORME DU PARCOURS EN «Y »: IL FAUT SAVOIR ARRÊTER UN ÉCHEC

 

Après l’installation, jeudi 8 du comité de suivi de la voie professionnelle, la CGT Éduc’action a été reçue en bilatérale le mardi 13 janvier pour échanger sur le devenir du parcours « Y ». Si le ministère reconnaît l’échec de ce dispositif, la volonté perdure de différencier, lors de l’année de terminale, les élèves qui veulent s’insérer de celles et ceux qui veulent poursuivre leurs études. Possiblement, suite aux six semaines de PFMP obligatoires, les élèves choisissant le module « insertion professionnelle » enchaîneraient sur deux semaines supplémentaires en entreprise. Pour les élèves optant pour le module « poursuites d’études », les emplois du temps seraient maintenus pour travailler les prérequis indispensables en BTS. Au final, un « y » minuscule qui risque d’engendrer les mêmes dysfonctionnements, mais à un moment différent de l’année !

La CGT Éduc’action y a réaffirmé son opposition à tout parcours « différencié » et « individualisé » même réduit et déplacé, et son attachement à un retour des examens après la mi-juin. Elle a insisté sur le fait que les personnels étaient épuisés par la fréquence des réformes et l’empilement des dispositifs spécifiques qui y sont prévus, comme actuellement avec la généralisation d’Avenirpro qui ampute encore des heures de cours. Cette cadence infernale explique, en grande partie, la perte de sens du métier.

Nous avons rappelé que pour assurer une insertion professionnelle réelle dans un métier et des poursuites d’études réussies, il fallait surtout rendre la totalité des heures disciplinaires supprimées par les deux réformes successives subies par le lycée professionnel. Pour cela, il faut également en finir avec l’orientation contrainte en supprimant les familles de métiers et en élaborant une carte des formations déconnectée des besoins en emplois locaux qui réponde aux enjeux écologiques, de relocalisation industrielle et aux besoins sociaux. Nous avons conclu en revendiquant une diminution des PFMP (passage de 20 à 10 semaines) et leur sécurisation face aux accidents du travail, à la surexposition aux produits CMR et aux VSST. Face à des dangers graves ou imminents, la CGT Éduc’action exige, la mise en place d’un droit de retrait pour les stagiaires de la voie professionnelle, sans perte de gratification et avec une dérogation légale sur les semaines de stages qui ne pourraient pas être effectuées.

Pour la CGT Éduc’action, l’urgence est bien à l’abrogation des réformes Blanquer et Macron de la voie professionnelle, abrogation indispensable pour reconstruire un lycée professionnel au service des élèves et véritablement émancipateur.

Montreuil, le 15 janvier 2026

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Réforme des concours enseignants et CPE : l’incertitude budgétaire non gérée est intolérable

 

Communiqué de presse intersyndical

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé le 18 décembre que dans l’état actuel du budget (pas de PLF voté à ce jour), la mise en œuvre des nouveaux concours de recrutement des enseignant·es et CPE (à Bac+3) n’était pas assurée pour la session 2026.

À deux mois des épreuves du concours, cette annonce fait l’effet d’un coup de tonnerre pour les 88 000 étudiant·es qui se préparent actuellement. Ces candidat·es, et les enseignant·es qui assurent les préparations, se retrouvent dans une situation totalement intenable ! Ils et elles sont déstabilisé·es car plongé·es dans l’incertitude au moment où au contraire il faudrait qu’ils et elles puissent travailler en toute sérénité.

Cette situation est inacceptable, surtout lorsqu’elle est provoquée par un gouvernement qui prétend restaurer « l’attractivité du métier ».

Le gouvernement a engagé la décision d’une réforme et de nouveaux concours sans réelle concertation en amont de la présentation du projet et sans même la garantie de la faisabilité réelle.

Il faut arrêter de jouer avec l’avenir des étudiant·es et des personnels, et la charge de travail des personnels, déjà malmené·es par le rythme de cette réforme qui ne cesse de se complexifier.

En tout état de cause, le gouvernement ne peut pas s’en tenir à une simple suppression alors même que dans certaines disciplines, il n’y a pas de concours M2 prévus, ce qui voudrait dire qu’elles n’auraient aucun recrutement !

Les étudiant·es ne doivent pas pâtir de ce contexte. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour garantir l’avenir de ces étudiant·es.

Paris, le 13 janvier 2026

 

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De l'argent, il y en a pour nos services publics !

 L'encre de la loi de finances dite « spéciale » n'était pas encore sèche, que le gouvernement s’est empressé de limiter drastiquement, pour la plupart des ministères, les crédits à leur attribuer. 

 

Tout est donc fait pour empêcher le financement des services publics et de la Fonction publique, ces biens communs plus que jamais nécessaires pour que les droits des citoyen.nes et des usagers.res soient garantis et leurs besoins satisfaits. 

Il est tout aussi urgent de faire des politiques publiques des outils au service d'une nouvelle logique de développement, articulant transition écologique et reconquête des activités et des emplois, industriels notamment, sur le territoire. 

De l'argent il y en a ! 

Le capital est gavé de fonds publics : plus de 210 milliards d'euros sont alloués chaque année aux entreprises, sans contreparties sociales ou environnementales, sans suivi ni évaluation de leur utilisation. Les dividendes distribués explosent : plus 50 % en 5 ans. 

Les 500 familles les plus riches concentrent 40 % du revenu national et 60% du patrimoine est détenu par 10% de la population. 

Ainsi, sous l'aiguillon des marchés financiers, du patronat et des plus fortuné.es, le projet de loi de finances (PFL) 2026, proposé au débat de l’Assemblée nationale à partir du 12 janvier, est une nouvelle agression contre les services publics et la Fonction publique dont les citoyen·nes et les usager·es seront les premières victimes. 

L'urgence, c'est possible et nécessaire, est à d'autres choix. 

Pour la CGT, il faut rompre avec l'austérité budgétaire pour financer les services publics. 

Plutôt que de supprimer des milliers d'emplois d'agent.es, fonctionnaires et contractuel·les, il faut en créer partout où c'est nécessaire pour répondre à l’évolution des besoins de la population, comme par exemple dans la prise en charge du grand âge, les hôpitaux qui ont perdu près de 45.000 lits en 10 ans, l’Éducation nationale où 4000 suppressions de postes sont prévues malgré le déficit d’enseignant.es en France par rapport à nos voisins européens, compte tenu du nombre d’élèves. 

Plutôt que de fermer des administrations, de supprimer des opérateurs et agences de l’État qui mettent en œuvre et évaluent les politiques publiques au plus près des territoires, il faut assumer sur l'ensemble du territoire, y compris outre-mer, des services publics de pleine compétence et de proximité.

Plutôt que d'étrangler sans cesse les collectivités territoriales et de les empêcher ainsi de financer les services publics territoriaux, d’investir dans la transition écologique (rénovation de bâtiments publics, d’écoles, etc.), de financer les associations dont les subventions ont déjà diminué de 40% en 3 ans (90.000 emplois menacés selon le Mouvement associatif), il faut augmenter leurs moyens et dotations budgétaires. 

Comme pour l'ensemble du salariat, les conditions de vie des agent.es publics doivent être significativement améliorées :

  • réduction du temps de travail,
  • augmentation des salaires et des traitements en revalorisant notamment le point d’indice des fonctionnaires qui ont perdu 25% de pouvoir d’achat en dix ans,
  • égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes,
  • refonte des grilles indiciaires, formation et reconnaissance des qualifications pour sortir du travail précaire,
  • financement des systèmes obligatoires et complémentaires de protection sociale. Cela passe par l'abrogation de tout jour de carence et la rémunération à 100 % des arrêts maladie.

Parce que les services publics et la Fonction publique sont notre bien commun, par ce qu’ils sont de puissants leviers de transformation écologique et sociale et de lutte contre les inégalités, par ce qu'ils concourent à la cohésion et à l’inclusion sociales et plus largement à la démocratie, la CGT exige des services publics et une Fonction publique au service du progrès social et de toute la société

Elle appelle à la mobilisation pour des budgets et un projet de loi de finances 2026 construits sur d'autres bases.

dimanche 11 janvier 2026

Les PAS : Pôle d’appui à la scolarité… et leur extension depuis la rentrée

RAPPEL sur la définition et les objectifs des PAS
Après une expérimentation dans 4 départements, plus de 500 PAS sont mis en place sans qu’aucun bilan véritable n’ait été fait, ou du moins qu’il n’ait été porté à la connaissance des organisations syndicales.
Pour le ministère, le PAS constitue la réponse de 1er niveau pour répondre aux besoins de compensations pour tou·tes les élèves à besoins éducatifs particuliers (BEP), et pas seulement ceux et celles qui ont une reconnaissance MDPH.
Le PAS est présenté comme la substitution aux PIAL en ce qui concerne le gestion des AESH, mais cela n’est pas complètement vrai dans les faits. En théorie, ce dispositif est piloté par le·la chef·fe d’établissement, l’IEN, le·la directeur·trice de la structure ESMS. De plus, il est coordonné par un·e enseignant·e spécialisé·e (OU PAS!) avec l’appui d’un·e professionnel·le du médico-social. Sont également associé·es à l’équipe, un·e gestionnaire AESH, les AESH ainsi que l’AESH référent·e et les ERSEH.

Lire le tract, le télécharger…

Tract PAS 1er degré

jeudi 8 janvier 2026

Et si on parlait inclusion… et revendications ?

L’inclusion scolaire est au coeur des préoccupations des personnels et des familles, mais 20 ans après la loi pour l’égalité des chances des personnes handicapées, l’État, et donc l’Éducation nationale, ne répondent pas à leurs obligations. Pire, ils portent une politique budgétaire austéritaire visant à transformer l’obligation de compensation (à la charge de la collectivité) en logique d’adaptation (à la seule charge des personnels). Ce dédouanement a des effets négatifs puisque l’institution impose ainsi une inclusion à marche forcée, où les AESH et l’engagement des enseignant·es sont l’alpha et l’omega de cette politique. C’est trompeur pour les familles et les élèves, et met en grandes difficultés les personnels qui, pour l’heure, remplissent largement des fiches santé-sécurité au travail pour exprimer leur mal-être alors qu’ils sont largement favorables à l’inclusion.

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Publication CGT École inclusive_Vnov25

Évaluations nationales un outil au service d’une pédagogie unique…

Depuis l’élection de N.Sarkozy en 2007, la « culture de l’évaluation » est devenue un leitmotiv pour les ministres de l’Éducation nationale. Cette « culture » tourne le dos à des années de recherche en pédagogie, mais aussi aux bienfaits qui, grâce à l’éducation populaire, avaient pu progressivement intégrer la vie des classes. Elle malmène les élèves mais aussi les enseignant·es. Il faut d’ailleurs dissocier cette culture de la pratique de l’évaluation pour laquelle la CGT Éduc’action n’a pas d’opposition formelle.

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Évaluations nationales

Rythmes de l’enfant, rythmes scolaires…

t si on prenait le temps d’aller plus loin ?

La question des rythmes de l’enfant, et donc des rythmes scolaires, traverse le monde de l’Éducation depuis des décennies. Dans le 1er degré, on a connu une accélération des réformes ces dernières années sous l’impulsion de Sarkozy puis de Peillon. Pour le premier, sa volonté était de réduire le temps de scolarité (de 26 à 24 heures) sur 4 jours pour y inclure 2 heures de « soutien » aux élèves en difficultés et ainsi « amortir » la disparition programmée des RASED et de la prise en charge spécialisée. Pour le second, l’idée était de revenir à 9 demi-journées de classe, tout en offrant aux élèves une ouverture culturelle et sportive sous le pilotage des collectivités territoriales et donc ancrer une territorialisation de l’Éducation. Ces dernières réformes, jamais évaluées ni corrigées, ont produit des dégâts évidents, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les personnels.

Lire le tract dans son intégralité :

Rythmes scolaires